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Semaine du 10 au 16 décembre 2001
Kératite
lamellaire diffuse (J Cat Refract Surg 2001 ; 27(10) : 1560-6, JD
Johnson et al)
Trente-six yeux opérés de LASIK sur 2711 se sont
compliqués de kératite lamellaire diffuse (KLD) et ont
été inclus dans l'étude. L'incidence, les
délais de diagnostic, de guérison et les modifications
de la meilleure acuité visuelle corrigée (MAVC) en ont
été analysés. Dans près de 40% des cas,
une érosion épithéliale précédait
la KLD. La guérison était plus rapide quand le centre
de la cornée était épargné (en moyenne 3
jours et demi), que lorsqu'il était atteint (en moyenne 10
jours), cette différence étant statistiquement
significative. Les 2 patients dont la MAVC a chuté d'au moins
2 lignes avaient une KLD qui envahissait le centre de la
cornée. Ils faisaient partie d'un sous-groupe dans lequel
plusieurs cas de KLD s'étaient déclarés. Ainsi
les érosions épithéliales après LASIK
semblent elles prédisposer aux KLD, qui, si elles atteignent
le centre de la cornée, ont une évolution plus longue
et un pronostic fonctionnel moins bon.
Glaucomes
néovasculaires (Ophthalmology 2001 ; 108(10) : 1767-76, JA
Sivak-callcott et al)
Cet article est une mise au point sur les glaucomes
néovasculaires (GNV), à partir d'une revue de la
littérature anglophone depuis 1966. En tant que maladie
potentiellement cécitante, les GNV doivent
bénéficier d'une prise en charge de qualité. Le
diagnostic de GNV repose entre autres sur l'observation de l'iris et
la gonioscopie effectuées sans dilatation pupillaire. Les
recommandations thérapeutiques comportent dans un premier
temps le traitement de la cause, une photocoagulation
pan-rétinienne confluente en cas d'ischémie, le
contrôle de la pression et de l'inflammation intra-oculaires.
En cas d'échec, le second temps est chirurgical. Il n'existe
pas de technique idéale mais à l'heure actuelle, la
préférence va à la trabéculectomie avec
antimitotiques, aux implants de drainage de l'humeur aqueuse ou au
cyclo-affaiblissement par laser diode. Des essais cliniques
prospectifs randomisés complémentaires seraient
utiles.
Qualité
de vie après chirurgie de la cataracte : comparaison entre le
premier et le deuxième oeil (J Cat Refract Surg 2001 ;
27(10) : 1553-9, M Lundstrom et al)
Afin d'évaluer le taux de satisfaction des
opérés de cataracte sur le plan fonctionnel, un
questionnaire a été remis à plus de 8500
d'entre eux. L'interrogatoire visait à comparer l'état
visuel avant l'intervention et 6 mois après. La mesure
objective de l'acuité visuelle et le relevé des
événements pré - et per-opératoires
étaient réalisés en parallèle. La
chirurgie du premier oeil concernait plus de 5570 patients et celle
du second plus de 3000 patients, 2 groupes par ailleurs comparables.
L'analyse des résultats a montré que la satisfaction
subjective des opérés était supérieure
après que le deuxième ait été
opéré et était d'autant meilleure que les
résultats visuels obtenus sur le premier oeil étaient
bons.
Situation du
muscle oblique inférieur après
énucléation et éviscération (Am J
Ophthalmol 2001 ; 132(5) : 798-9, RA Goldberg et al)
Comment se positionne le muscle oblique inférieur (petit
oblique de l'ancienne nomenclature) après une
énucléation, au cours de laquelle il a
été sectionné et non suturé à
l'implant ? Pour le savoir les auteurs ont étudié,
grâce à l'IRM, les orbites de patients
opérés. Les clichés réalisés chez
4 patients énucléés ont
révélé que le muscle s'insérait de
façon anormale : en antérieur de sa position
habituelle, le plus souvent au sein d'une gangue fibreuse
sous-conjonctivale inférieure. En revanche, les mêmes
clichés concernant 4 yeux éviscérés ont
montré que la situation anatomique du muscle oblique
inférieur ne se modifiait pas en post-opératoire.
Quand un volet
cornéen se détache accidentellement après LASIK
(Am J Ophthalmol 2001 ; 132(5) : 780-2, MS Sridhar et al)
Dans le but d'améliorer son acuité visuelle, une
patiente de 35 ans qui avait bénéficié d'un
LASIK sans incident, a essayé des lentilles de contact souples
10 jours après l'intervention. Une tentative d'ablation de la
lentille du côté droit s'est soldée par des
douleurs et un saignement. Adressée 10 jours plus tard, sa
meilleure acuité visuelle corrigée était de
20/70, il existait un défect épithélial central,
un oedème cornéen modéré, d'importantes
opacités cornéennes à type de haze, et surtout
le volet cornéen avait disparu ! La perte ou le
déplacement du volet est une complication rare du LASIK, mais
cette observation montre combien l'adhérence au stroma
sous-jacent est fragile. Les auteurs conseillent de bien informer les
patients et de les mettre en garde pour éviter ce type
d'accident.
Mélanome
malin de la choroïde et néovaisseaux
prérétiniens (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(11) :
1309-12, J Lee et al)
Les mélanomes malins choroïdiens (MMC) peuvent se
compliquer de néovascularisation prérétinienne.
Différents mécanismes peuvent être en cause : les
facteurs angiogéniques produits par la tumeur,
l'inflammation, le décollement de rétine
réactionnel responsable d'une ischémie
rétinienne, l'occlusion des vaisseaux rétiniens par
envahissement tumoral ou la radiothérapie. Cette complication
semble encore plus rare que l'apparition de néovaisseaux
iriens ou choroïdiens. Pourtant les auteurs en décrivent
3 cas parmi lesquels 2 yeux ont dû être
énucléés. Le troisième a
été traité par Iode 125 et photocoagulation,
association qui a fait régresser le MMC et les
néovaisseaux. Les auteurs concluent qu'en cas de MMC, si le
traitement idéal des néovaisseaux
pré-rétiniens n'est pas connu, la photocoagulation des
territoires rétiniens ischémiques peut être
utile.
Aspect du
cristallin au cours du syndrome d'hyper-ferritinémie avec
cataracte (Am J Ophthalmol 2001 ; 132(5), A Chang-Godinich et
al)
Le syndrome d'hyper-ferritinémie avec cataracte est une
maladie héréditaire autosomique dominante peu
fréquente, d'individualisation assez récente. Les
auteurs rapportent et illustrent l'observation d'un jeune homme,
dont l'hyper-ferritinémie s'élevait à 1291
µg par litre et qui était porteur, ainsi que son
père, de la mutation G51C sur le chromosome n°19.
L'examen ophtalmologique des deux patients a mis en évidence
de multiples opacités cristalliniennes punctiformes
nucléaires et corticales. Cet article incite les
ophtalmologistes à rechercher une hyper-ferritinémie
devant ce type très particulier de cataracte afin d'identifier
les personnes atteintes de ce syndrome.
Drain de Molteno
et évolution à long terme des glaucomes traumatiques
opérés (Ophthalmology 2001 ; 108(10) : 1796-800, JR
Fuller et al)
Parmi les complications redoutées des traumatismes oculaires,
figurent les glaucomes, dont le traitement peut se
révéler difficile. Pour avoir une idée de
l'efficacité prolongée des drains de Molteno en cas de
glaucome traumatique, 38 patients ont été suivis en
moyenne 11 ans à la suite de l'intervention. Au terme de
cette période, le drain de Molteno seul était suffisant
pour maintenir la pression intra-oculaire à un niveau normal
dans 26 cas, alors que dans 3 autres cas un traitement médical
complémentaire était nécessaire. Neuf
échecs thérapeutiques ont été
observés. A noter que d'autres lésions d'origine
traumatique coexistaient sur certains yeux, en particulier des
cataractes. Le détail des observations est décrit par
les auteurs, qui obtiennent dans cette série un
contrôle pressionnel à long terme dans plus de 3/4 des
cas.
LASIK et
antécédents d'herpès (Am J Ophthalmol 2001 ;
132(5) : 779-80, EF Jarade et al)
Chez les sujets aux antécédents d'herpès
cornéen, différents facteurs peuvent déclencher
une poussée. Parmi eux les interventions chirurgicales sur les
yeux atteints, qui méritent donc d'être entourées
d'un certain nombre de précautions. Les auteurs rapportent 3
observations de patients opérés de LASIK. Pour
éviter la rechute de la kératite herpétique
unilatérale, un délai d'un an depuis le dernier
épisode était exigé, le geste était
entouré d'un traitement antiviral par aciclovir topique et per
os, et il n'était pas prescrit de corticothérapie
post-opératoire. Partis d'une acuité visuelle
corrigée de 20/120, 20/25 et 20/50, les patients ont
récupéré respectivement 20/20, 20/20 et 20/50
sans correction, avec une réduction dans tous les cas des
opacités cornéennes cicatricielles. Aucune
réactivation herpétique n'a été
enregistrée durant les 6 mois de suivi.
Concentration
intra-vitréenne d'antibiotiques au cours du traitement des
endophtalmies post-opératoires (Br J Ophthalmol 2001 ;
85(11) : 1289-93, IM Gan et al)
Le traitement des endophtalmies post-opératoires comporte des
injections intravitréennes (IVT) d'antibiotiques. Pour
s'assurer de leur efficacité, les concentrations de
vancomycine et de gentamicine ont été mesurées
dans le vitré de 17 patients traités. La culture du
premier prélèvement de vitré était
positive chez 11 d'entre eux, et a révélé en
majorité des staphylocoques coagulase négative. A
l'issue de cette biopsie, les 2 antibiotiques ont été
administrés en intravitréen. La deuxième IVT, 3
ou 4 jours plus tard ne comportait que de la vancomycine et
était précédée d'une seconde biopsie,
revenue négative sur le plan bactériologique dans tous
les cas. La concentration vitréenne en antibiotiques
atteignait à ce moment chez tous les patients un niveau
satisfaisant. Ces éléments confirment doublement et de
façon objective l'efficacité du protocole
thérapeutique utilisé pour ces
endophtalmies.