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Semaine du 3 au 9 décembre 2001
La maladie de
Von Hippel Lindau (Surv Ophthalmol 2001 ; 46(2) : 117-42, AD
Singh et al)
La maladie de Von Hippel Lindau (VHL) concerne environ un sujet pour
40000 naissances vivantes. Sa manifestation la plus fréquente
est ophtalmologique : c'est l'hémangiome capillaire
rétinien. Selon les cas, il peut être traité par
laser, cryothérapie, radiothérapie ou être
simplement surveillé. Différentes lésions
extra-oculaires peuvent se rencontrer, et parmi elles des
hémangiomes du système nerveux central, des kystes ou
carcinomes rénaux, des kystes ou adénomes
pancréatiques, des phéochromocytomes.
L'espérance de vie des sujets atteints peut être
améliorée par un dépistage et un traitement
précoces de la maladie. On a récemment
progressé dans la connaissance des aspects
génétiques du VHL, dont la transmission, autosomale
dominante à pénétrance élevée,
est due à un gène situé sur le chromosome 3.
Tous les aspects de la maladie sont développés dans
cet article.
Chirurgie de la
cataracte et anxiété : une étude pilote (J
Cataract Refract Surg 2001 ; 27(10) : 1651-5, PS Foggitt)
Toute intervention chirurgicale peut être source
d'inquiétude pour les opérés. Afin
d'évaluer le niveau d'anxiété lié
à une phaco-exérèse, 108 patients ont
été interrogés, en distinguant les
périodes, pré-, per- et post-opératoires, et le
premier oeil opéré du deuxième. Une
échelle visuelle analogique a été
utilisée pour mesurer la quantité de stress relative
à cette intervention. En moyenne, le temps
pré-opératoire a été vécu comme
plus anxiogène que le jour de l'intervention et que la
consultation de contrôle, sans qu'objectivement les scores sur
l'échelle visuelle analogique ne diffèrent
significativement entre les 3 phases. Au total,
l'anxiété qui entoure la chirurgie de la cataracte ne
semble pas être de même intensité selon qu'on
opère le premier ou le deuxième oeil, mais reste,
d'après les auteurs, modérée.
Phacoémulsification
sans anesthésie ou sous anesthésie topique, avec ou
sans complément intra-camérulaire : une étude
randomisée (J Cataract Refract Surg 2001 ; 27(10) :
1643-50, SK Pandey et al)
En cours de phacoémulsification avec incision
cornéenne, les niveaux de douleur et de confort ont
été comparés selon qu'il n'y avait pas
d'anesthésie, une anesthésie topique simple, ou une
anesthésie topique complétée d'une
anesthésie intra-camérulaire. La douleur
per-opératoire a été évaluée de 0
à 10, on a tenu compte du vécu et de la durée de
l'intervention, de la gêne due à la lumière du
microscope opératoire et du stress du chirurgien. Un protocole
d'anesthésie complémentaire était prévu
en cas de douleur intolérable, mais n'a pas été
utile. Dans cette série, l'absence d'anesthésie a
semblé tolérable. Précisons que les chirurgiens
étaient très entraînés, que les patients
pusillanimes ou de faible niveau culturel ont été
exclus, ainsi que les noyaux durs, les chambres antérieures
étroites et les faibles dilatations pupillaires. Les auteurs
concluent bien sûr que cette méthode ne peut s'adresser
qu'à des patients et des chirurgiens
sélectionnés !
Infections de
l'orbite et de sa région (Curr Opin Ophthalmol 2001 ;
12(5) : 335-41, JL Tovilla-Canales et al)
Cet article fait le point sur les infections orbitaires et
péri-orbitaires. Capables de se propager au globe oculaire et
de se compliquer d'endophtalmie, elles peuvent provoquer la perte de
l'oeil. Les causes habituelles en sont les traumatismes, les
infections cutanées de voisinage et les sinusites. Au cours
des années 1990, la présentation de ces infections
s'est modifiée, tant sur le plan épidémiologique
que bactériologique, avec apparition de tableaux cliniques
trompeurs. Pour ne pas risquer de méconnaître le
diagnostic, des examens complémentaires (échographie,
scanner et IRM) peuvent être nécessaires, et d'autant
plus utiles qu'une prise en charge précoce peut éviter
les complications oculaires. Certains cas se soldent parfois par une
éviscération, voire une énucléation,
dont les résultats chirurgicaux se sont
améliorés grâce aux techniques et
matériaux modernes.
Traitement des dermoïdes du limbe par kératoplastie lamellaire (Ophthalmology 2001 ; 108(10) : 1858-67, JA Scott et al)Douze kystes dermoïdes (ou choristomes) du limbe ont été traités par kératoplastie lamellaire. Les auteurs présentent leurs résultats. La plupart des dermoïdes étaient uniques et situés en temporal inférieur, mais un oeil avait développé 2 kystes. Un bilan ophtalmologique complet a précédé les interventions. La surveillance post-opératoire moyenne atteignait presque 2 ans et comportait en particulier : l'analyse des modifications induites de la réfraction, l'état de l'interface cornéenne et du greffon et le décompte des épisodes de rejet. Dans 8 cas sur 11, le résultat esthétique a été jugé au moins satisfaisant, dans 9 cas l'acuité visuelle était stable, voire améliorée, 2 yeux déjà opérés auparavant se sont compliqués de néovascularisation, et un greffon s'est infecté et opacifié. Bien qu'aucune modification significative de la réfraction n'ait été enregistrée les auteurs conseillent d'utiliser cette méthode avec prudence.
Le verre
scléral aujourd'hui et sa prescription (Les cahiers
d'ophtalmologie 2001 ; 53 : 26-28, G Fournier)
Du fait des progrès de la contactologie, il est possible
à l'heure actuelle de corriger presque toutes les
amétropies. Pourtant, lorsque tous les autres moyens
correctifs ont échoué, il reste quelques applications
réservées au verre scléral. Celui-ci
peut-être utile en particulier sur certains
kératocônes, certaines kératoplasties et à
la suite de certains traumatismes oculaires. Après avoir
rappelé l'histoire du verre scléral, apparu à la
fin du 19ème siècle, l'auteur en détaille les
différents types, les indications et les règles
d'adaptation et de prescription. Comme pour tout dispositif en
contact avec l'oeil, une surveillance ophtalmologique ainsi qu'une
remise en état réguliers sont
indispensables.
Phacoémulsification
sur pseudoexfoliation capsulaire : intérêt des anneaux
intra-capsulaires (J Cataract Refract Surg 2001 ; 27(10)
:1620-8, S Bayraktar et al)
En cas de cataracte sur pseudo-exfoliation capsulaire (PEC), la mise
en place systématique d'un anneau intra-capsulaire avant
phacoémulsification est-elle utile ? Pour le savoir, 2 groupes
de 39 patients comparables en âge, sexe, type de cataracte,
iridodonésis, longueur axiale, acuité visuelle et
pression intra-oculaire (PIO), ont été
confrontés. Les uns ont reçu en per-opératoire
un anneau, les autres pas. Les taux de désinsertion
zonulaire, rupture capsulaire, d'implantation dans le sac, issue de
vitré, oedème cornéen, de réaction
fibrineuse de chambre antérieure ont été
comparés, ainsi que les acuités visuelles et les PIO.
L'analyse des résultats a montré que, dans cette
série, l'utilisation préventive d'un anneau
intracapsulaire avait permis de diminuer le risque de
désinsertion zonulaire per-opératoire, d'augmenter le
nombre d'implants placés dans le sac et d'améliorer
l'acuité visuelle sans correction en
post-opératoire.
Autres
localisations tumorales après rétinoblastome
(Ophthalmology 2001 ; 108(10) : 1868-76, DH Abramson et al)
Plus de 1500 patients traités pour rétinoblastome, et
suivis pendant plusieurs années par un centre d'oncologie
ophtalmologique, ont participé à cette étude
rétrospective. Parmi eux, 211 ont développé une
seconde tumeur maligne extra-oculaire, et 142 sont
décédés à ce stade de l'histoire de la
maladie. Les dossiers des survivants ont été
analysés, à la recherche d'une 3ème (28 cas),
4ème (6 cas) et 5ème tumeur (2 cas). Tous les malades
qui ont eu au moins 3 tumeurs avaient reçu une
radiothérapie pour leur rétinoblastome. La plupart de
ces tumeurs était cutanée, osseuse ou s'est
développée au dépend des tissus mous la
tête. Ainsi les patients atteints d'un 2ème cancer
après avoir survécu à un rétinoblastome
ont-ils des risques d'en développer d'autres. Les
troisièmes tumeurs et plus ont, selon ce travail, des
caractéristiques communes (âge de survenue,
localisation) avec la deuxième.
Tacrolimus et
greffe de cornée (Ophthalmology 2001 ; 108(10) : 1838-44,
CM Sloper et al)
Le Tacrolimus (FK506), immuno-modulateur, a-t-il sa place dans la
prévention du rejet de greffe de cornée ou de limbe
dans les situations à risques ? Pour le savoir, 17 patients
(soit 23 greffes) ont reçu ce traitement par voie
systémique après l'intervention. Le protocole est
détaillé. Quinze d'entre eux avaient une
néovascularisation cornéenne stromale atteignant au
moins 2 quadrants, 6 avaient un déficit des cellules souches
limbiques et 6 un glaucome, mais tous avaient déjà
été opérés au moins une fois de
kératoplastie. Le suivi moyen a duré 2 ans, au cours
desquels les épisodes de rejet et leur évolution ont
été étudiés. Ils sont
détaillés dans l'article. Selon ces résultats,
il semble qu'après greffe de cornée et de limbe, le
Tacrolimus ait un intérêt dans la prévention du
rejet, particulièrement sur les yeux les plus à
risque.
Syndromes
irido-cornéo-endothéliaux et glaucome :
résultats à long terme de la chirurgie
(Ophthalmology 2001 ; 108(10) : 1789-95, EA Doe et al)
Les syndromes irido-cornéo-endothéliaux (ICE :
syndromes de Chandler et de Cogan Reese, atrophie essentielle de
l'iris) peuvent se compliquer d'un glaucome de gravité
variable. L'étude a porté sur l'évolution
à long terme des glaucomes opérés de 26
patients atteints d'ICE dont voici le détail : 5
trabéculectomies avec antimitotiques, 7
trabéculectomies avec antimitotiques suivies de la mise en
place d'un implant de drainage de l'humeur aqueuse, et 14 implants
de drainage seuls. Le suivi post-opératoire a porté sur
les résultats visuels, pressionnels et le nombre de
traitements anti-glaucomateux encore nécessaires, dont les
interventions ultérieures. Selon ce travail, il est possible
de stabiliser un glaucome sur ICE, mais de multiples traitements
sont souvent indispensables.