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Semaine du 26 novembre au 2 décembre 2001
Xanthogranulome
juvénile et uvéite : à propos d'un cas
(Surv Ophthalmol 2001 ; 46(2) : 164-71, E Zamir et al)
Le xanthogranulome juvénile (XGJ) est une maladie tumorale
bénigne cutanée et ophtalmologique rare du jeune
enfant, dont les lésions sont surtout composées
d'histiocytes. Différentes manifestations oculaires sont
possibles : uvéite, hétérochromie irienne,
hyphéma, glaucome secondaire et exceptionnellement atteinte du
segment postérieur. La perte de l'oeil est possible. Le cas
d'un enfant de 2 ans est rapporté, qui présentait une
uvéite chronique, résistante aux traitements, sans
localisation systémique. L'oeil atteint était
douloureux et, en l'absence de perception lumineuse, a dû
être énucléé. L'examen
anatomo-pathologique (microscopie optique, électronique et
immuno-histo-chimie) de la pièce d'exérèse a
permis le diagnostic de XGJ. L'infiltration histiocytaire diffuse
intéressait la totalité des segments antérieur
et postérieur. Les diagnostics positifs et
différentiels sont détaillés et discutés.
Rétinopathie
pigmentaire et cataracte : un cas de contraction du rhexis
malgré un anneau intra-capsulaire (J Cataract Refract
Surg 2001 ; 27(10) : 1691-4, RR Sudhir et al)
Le cas d'un patient de 56 ans porteur d'une rétinopathie
pigmentaire et opéré de cataracte est rapporté.
En présence d'un noyau dur et d'une laxité zonulaire,
une extraction extra-capsulaire a été
réalisée après mise en place d'un anneau
intracapsulaire. En post-opératoire une fibrose capsulaire
sévère s'est développée, avec contraction
du rhexis aboutissant au 4ème mois au décentrement de
l'implant en PMMA. Une capsulotomie antérieure par laser YAG a
donc du être réalisée pour éviter la
luxation de l'implant et réduire les forces de traction sur la
zonule. Elle a donné de bons résultats. Les auteurs
mettent en garde contre ce type de complications et conseillent,
après phacoexérèse, une surveillance
particulièrement attentive des yeux atteints de
rétinopathie pigmentaire.
Complications du
LASIK : causes, prise en charge et prévention (Surv
Ophthalmol 2001 ; 46(2) : 95-116, SA Melki et al)
Le LASIK en tant que procédure chirurgicale d'évolution
rapide, peut aussi s'accompagner d'un certain nombre d'effets
indésirables ou de complications, de différents ordres.
Parmi eux on compte, par exemple, les problèmes liés
au capot cornéen, l'invasion épithéliale, les
ectasies cornéennes, les insuffisances de résultats
réfractifs, l'astigmatisme irrégulier, le
décentrement de la zone de photo-ablation, les baisses
d'acuité visuelle, les kératites infectieuses ou les
kératites lamellaires diffuses. Pour que les chirurgiens
soient mieux à même de faire face à ces
événements, et pour assurer aux opérés
les meilleurs résultats visuels, les auteurs proposent une
revue complète de ces complications, en développant
leurs causes, leurs traitements et les moyens de les
éviter.
Kératoplastie
lamellaire : précision de la dissection cornéenne
sur chambre antérieure artificielle (J Cataract Refract
Surg 2001 ; 27(10) : 1679-87, A Behrens et al)
Les auteurs ont cherché à vérifier la
précision de la dissection des cornées des donneurs en
vue d'une kératoplastie lamellaire. La technique utilisait
une chambre antérieure artificielle comme support et un
microkératome manuel. Les prélèvements (47 en
tout) qui pouvaient avoir 3 épaisseurs (180, 300 ou 360
microns) et 3 diamètres différents (7, 8 et 9 mm) ont
été examinés par planimétrie et
pachymétrie. Au total, l'épaisseur réelle du
lenticule était d'autant plus proche de l'épaisseur
désirée que le prélèvement était
fin et 80% des greffons avaient un diamètre réel assez
voisin du diamètre souhaité. La précision de
dissection était meilleure pour le sous-groupe de 8 mm de
diamètre. Ce travail montre que la fiabilité de ce
système de découpe des greffons pour
kératoplastie lamellaire varie avec la taille souhaitée
du lenticule.
Blocage
pupillaire après une vitrectomie/silicone sur yeux phakes et
pseudophakes. (Am J Ophthalmol 2001 ; 132(3) TL Jackson et al)
{TimJackson@hotmail.com}
Le risque de blocage pupillaire après vitrectomie et injection
de silicone est une complication bien connue chez les aphakes, mais
peut aussi se voir sur des yeux phakes ou pseudophakes. Pour le
démontrer, les auteurs ont repris sur 3 ans, les dossiers de
patients opérés dans 3 centres différents. Ils
ont dénombré 7 blocages pupillaires sur yeux phakes et
un sur un oeil pseudophake, survenus au cours des 3 premiers mois
post-opératoires (de J1 à J90). A chaque fois,
l'hypertonie oculaire qui en résultait était
sévère : comprise entre 36 et 70 mmHg. Chez quelques
patients, l'iridotomie au laser Yag, supérieure ou
inférieure, a pu faire baisser transitoirement la pression
intra-oculaire, mais finalement l'ablation de silicone s'est
imposée dans tous les cas. Une atonie irienne,
constatée sur 5 yeux, pourrait avoir favorisée la
survenue du blocage pupillaire.
Dystrophie
maculaire « Stargart-like » autosomale dominante
(Surv Ophthalmol 2001 ; 46(2) : 149-63, LA Donoso et al)
La dystrophie maculaire « Stargart-like »
autosomale dominante est l'une des
dégénérescences maculaires qui se manifestent le
plus tôt dans la vie. Cliniquement, on observe dès les
premiers stades une baisse d'acuité visuelle ainsi que des
zones d'atrophie maculaire. Les taches jaunes peuvent être
absentes du pôle postérieur. L'étude de familles
atteintes a permis d'associer sa transmission au chromosome 6 et on
a récemment identifié le gène causal. Celui-ci
est également impliqué dans le métabolisme des
acides gras, et pourrait l'être dans la DMLA, ce qui est
très intéressant étant donné le
problème de santé publique que représente la
DMLA. Les auteurs font le point sur les aspects cliniques,
génétiques et généalogiques de la
dystrophie « Stargart-like » autosomale
dominante, au travers une revue de la littérature la plus
récente.
Nyctalopie et
antiquité (Ophthalmology 2001 ; 108(10): 1917-21, D
Brouzas et al) brouzas@yahoo.com
La nyctalopie est actuellement définie comme la faculté
de voir la nuit, comme c'est le cas chez certains animaux. Les
auteurs ont cherché à remonter aux origines de ce mot
à travers les manuscrits des littératures
médicales grecque, latine et byzantine, sur une période
de plusieurs siècles : du 5ème avant JC au
7ème après JC. En fait, les médecins avaient
défini la nyctalopie comme un déficit de la vision
nocturne, observé le plus souvent dans le cadre d'une carence
en vitamine A. L'emploi de ce mot dans le sens qui lui est
donné de nos jours n'apparaît pas avant le 2ème
siècle après JC. Cette évolution est
commentée, et le retour de la nyctalopie à sa
définition initiale est proposé.
Comportement des
implants vis à vis de l'huile de silicone (J
Cataract Refract Surg 2001 ; 27(10) : 1662-9, SN Arthur et
al)
Chez les patients porteurs de maladies
vitréo-rétiniennes, et donc susceptibles d'être
opérés, le choix de l'implant de chambre
postérieure (ICP) en cas de phacoexérèse
mérite d'être réfléchi. Dans cette
intention, les auteurs ont testé in vitro le comportement de 5
groupes d'implants (44 en tout) vis à vis de l'huile de
silicone. Le degré d'adhérence entre ces
différents matériaux (acrylique hydrophile, PMMA
hépariné ou non, silicone hépariné ou
non) et le silicone a été étudié. Selon
ce travail, les ICP de type hydrophile ont moins d'affinité
avec l'huile de silicone que les hydrophobes. Cette affinité
est majeure pour les ICP en silicone standards et semble
réduite pour les ICP silicone héparinés par
rapport aux PMMA héparinés. Sur les yeux à
risque vitréo-rétinien, les auteurs estiment
préférable d'utiliser un ICP en silicone
hépariné ou un acrylique hydrophile, ce qui laisse le
choix au chirurgien.
Anneaux
intra-cornéens (INTACS) et faible myopie : un travail de
l'American Academy of Ophthalmology (Ophthalmology 2001 ;
108(10) : 1922-8, CJ Rapuano et al)
Au travers d'une revue de la littérature et d'essais
cliniques de phase II et III (454 interventions chirurgicales), les
auteurs font le point sur les connaissances actuelles à propos
des INTACS (indications, technique opératoire,
résultats, complications). Selon cette synthèse,
à un an 3/4 des yeux avaient une acuité visuelle sans
correction au moins égale à 20/20, alors que le taux de
complications n'ayant pas entraîné de séquelles
était de 11%. Le taux de complications plus
sévères excédait légèrement les
1%. A l'heure actuelle, cette technique de chirurgie
réfractive s'adresse à des myopies comprises ente -1
et -3 Dioptries, si l'astigmatisme n'excède pas une Dioptrie.
Toutefois des études complémentaires sont
nécessaires pour connaître l'évolution des yeux
opérés à long terme et comparer ces
résultats à ceux du LASIK et de la PKR.
Chirurgie du
ptosis par suture réglable (Ophthalmology 2001 ;
108(10) : 1889-92, MA Meltzer et al)
Une technique chirurgicale destinée au traitement des ptosis
par suspension grâce à un fil de soie 5-0 est
exposée dans l'article. Les critères d'inclusion des
ptosis (51 en tout) dans cette étude rétrospective sont
détaillés. Les ptosis variables en particulier en ont
été exclus. La tension exercée par la suture
était réajustée au cours des 4 premiers jours
post-opératoires, puis fixée définitivement. Le
suivi, basé sur la hauteur de la paupière
supérieure variait de 3 à 31 mois. Dans aucun cas, le
résultat obtenu ne différait de plus de 1mm du
résultat souhaité, et aucune récidive à
long terme n'a été constatée. Cette technique
peut aisément être associée à d'autres
types de chirurgie palpébrale comme les
blépharoplasties. Elle est particulièrement
intéressante dans les cas où le niveau idéal de
la paupière supérieure est difficile à
déterminer en pré-opératoire ou lorsque le
risque d'exposition cornéenne est important.