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Semaine du 19 au 25 novembre 2001

Choriorétinopathie séreuse centrale (CRSC) après injection épidurale de corticoïdes (Am J Ophthalmol 2001 ; 132(3) : 423-5, T Lida et al)
Une CRSC peut faire suite à une corticothérapie. L'injection épidurale de stéroïdes semble ne pas échapper à cette complication, comme le montrent les 3 observations rapportées par cet article. Trois patients (âgés de 73, 52 et 73 ans) qui se sont présentés avec une CRSC bilatérale ont été explorés. Dans 2 cas existait une atteinte diffuse de l'épithélium pigmentaire et dans le 3ème la CRSC était typique. En l'absence d'amélioration spontanée, un patient a dû être traité par photocoagulation. Secondairement il s'est avéré que les 3 malades avaient, auparavant et dans le cadre de dorsalgies, reçu des injections épidurales de corticoïdes. La CRSC a été attribuée à ce traitement, et les auteurs conseillent donc de rechercher toute forme de corticothérapie dans les antécédents en cas de CRSC, en particulier lorsqu'elle est bilatérale et se développe chez des sujets âgés.

Chirurgie du trou maculaire avec tamponnement interne par silicone (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(11) : 1320-3, N Karia et al)
Le traitement chirurgical du trou maculaire (TM) comporte habituellement un tamponnement interne par gaz suivi d'un positionnement indispensable pendant 10 à 15 jours. Chez certains patients dans l'incapacité d'observer ce positionnement pour cause de maladies systémiques chroniques, un tamponnement interne par huile de silicone peut être utilisé. Cette série a inclus 10 yeux opérés de TM de stades 2, 3 et 4 ayant reçu du silicone. Tous ont développé une cataracte et un cas d'hypertonie oculaire, régressive après ablation de silicone, est apparu. L'ablation de silicone était réalisée entre le 3ème et le 9ème mois post-opératoire. Si le taux de succès anatomiques était de 80%, et donc voisin de celui obtenu avec tamponnement par gaz, les résultats visuels étaient par contre au final décevants, y compris après traitement de la cataracte, puisque seuls 3 patients ont amélioré leur acuité.

Maladies inflammatoires non infectieuses de l'orbite : une indication pour le méthotrexate (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(10) : JR Smith et al) {smithjus@ohsu.edu}
Les cas de 14 patients porteurs d'une maladie inflammatoire orbitaire non infectieuse résistante à la corticothérapie par voie générale et/ou à l'irradiation locale sont exposés. La plupart des pathologies étaient non étiquetées et on comptait, entre autres, 3 orbitopathies thyroïdiennes, une sarcoïdose et une maladie de Wegener. Le traitement associait en moyenne 20 mg de méthotrexate par semaine, de l'acide folique, des corticoïdes si nécessaire, un suivi ophtalmologique (acuité visuelle et état orbitaire) et des tests biologiques (bilan hépatique et numération de formule sanguine). Les effets indésirables étaient le plus souvent bénins (asthénie, troubles digestifs, alopécie, anomalies réversibles du bilan hépatique) et n'ont conduit à interrompre le traitement que dans 2 cas. Neuf patients ayant été améliorés, les auteurs concluent que le méthotrexate peut être utile dans ces orbitopathies.

PORN (Progressive Outer Retinal Necrosis) et ARN (Acute Retinal Necrosis) controlatéral au cours d'un SIDA (Am J Ophthalmol 2001; 132(3) : 421-3, RF Gariano et al) {ray.gariano@yale.edu}
Les auteurs rapportent l'observation inhabituelle d'un patient de 37 ans qui, dans un contexte de Syndrome d'ImmunoDéficience Acquise, s'est présenté avec 3 atteintes ophtalmologiques différentes, mais toutes d'origine herpétique. L'oeil droit a développé une kératite due au virus herpès zoster ainsi qu'une nécrose rétinienne de type PORN, alors que l'oeil gauche développait une rétinite nécrosante de type ARN. Malgré un traitement antiviral adapté, les 2 yeux se sont compliqués de décollement de rétine avec baisse d'acuité visuelle. Ainsi une même infection virale peut-elle se présenter simultanément sous différentes formes cliniques chez un même patient.

Influence de la compatibilité HLA sur le rejet de greffe : une étude rétrospective (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(11) : 1341-6, MC Bartels et al)
Deux populations de patients ayant bénéficié de kératoplastie transfixiante (KPT) ont été comparées. Les uns (21) avaient présenté un épisode de rejet de greffe, les autres (43) avaient bien toléré le greffon. Les auteurs ont cherché à connaître, rétrospectivement, le degré de compatibilité HLA entre les donneurs et les receveurs et à évaluer sa responsabilité dans la survenue d'un rejet. Dans cette série, les rejets de greffe étaient significativement plus rares lorsqu'existaient une ou 2 compatibilités de type HLA-A. Le même constat a été fait pour HLA-DR. La compatibilité HLA-B a également été testée. Ces résultats s'appliquaient aussi bien pour la totalité des yeux inclus que pour le sous-groupe de patients qui étaient considérés comme à haut risque de rejet de greffe. Ce travail souligne l'intérêt que pourrait avoir la recherche d'une compatibilité HLA entre donneur et receveur avant une KPT.

La chimiothérapie pour rétinoblastome pourrait prévenir l'apparition d'un pinéaloblastome (rétinoblastome trilatéral) (Arch Ophthalmol 2001 ; 119(10) : 1269-72, CL Shields et coll) {carol.shields@shieldsoncology.com}
Le rétinoblastome (RB) trilatéral, est une forme clinique de RB au cours de laquelle apparaît une autre localisation tumorale : le pinéaloblastome. La chimiothérapie peut-elle éviter l'apparition de cette tumeur intracrânienne d'origine neuroblastique ? Ce travail rétrospectif mené chez 214 enfants  sur une période de 4 ans et demi se propose de répondre à cette question. Le traitement (vincristine, étoposide et carboplatine) a concerné 142 enfants. Dans ce groupe aucun pinéaloblastome n'est apparu pendant la période de suivi, alors qu'un cas a été noté dans le groupe qui n'avait pas reçu de chimio (72 patients). Or, selon la littérature récente, la prévalence du rétinoblastome trilatéral est de 5 cas pour 15 malades atteints de rétinoblastome héréditaire. La chimiothérapie semble donc protéger du pinéaloblastome et serait particulièrement intéressante chez les sujets à risques, c'est à dire porteurs d'un RB bilatéral ou familial.

Ablation de silicone : quels résultats ? (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(11) : CI Falkner et al)
Le tamponnement interne par silicone permet d'augmenter les taux de succès de la chirurgie du décollement de rétine (DR), mais peut provoquer des complications à long terme. Pour étudier leur devenir après ablation de silicone, 115 yeux, tous opérés par un même chirurgien, ont été inclus dans ce travail rétrospectif. Il s'agissait de DR avec prolifération vitréo-rétinienne (103 cas), sur rétinopathie diabétique proliférante (6 cas) ou traumatique (6 cas). La durée moyenne du tamponnement interne était supérieure à un an. Après ablation de silicone, 20 DR ont récidivé, pour la plupart dans les 6 mois qui ont suivi. Les auteurs comparent leurs résultats anatomiques et fonctionnels à ceux déjà publiés dans la littérature. Selon eux, la durée du tamponnement interne ne peut être standard mais doit au contraire être discutée au cas par cas en tenant compte de la pathologie sous-jacente et du nombre d'interventions antérieures.

Le problème du glaucome en Chine (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(11) : 1277-82, PJ Foster et al)
A partir de 2 populations distinctes de chinois, l'une représentative de la Chine citadine et l'autre de la Chine rurale, une étude épidémiologique a été menée pour évaluer par extrapolation l'importance du glaucome et de la morbidité qui lui est associée dans ce grand pays. C'est ainsi qu'on a pu estimer le nombre de chinois de plus de 40 ans atteints d'une neuropathie optique glaucomateuse à 9,4 millions. Parmi eux 5,2 millions auraient une cécité au moins unilatérale et 1,7 millions une cécité bilatérale. Ainsi la morbidité visuelle par glaucome en Chine semble considérable et due en grande partie au glaucome primitif par fermeture de l'angle. Si ces chiffres sont approximatifs, ils n'en alertent pas moins sur l'étendue de ce problème de santé publique et doivent conduire à développer des programmes de prévention.

Phacoéxérèse et vitrectomie/gaz sans positionnement en cas de trou maculaire (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(11) : 1316-9, PR Simcock et al)
Cette étude pilote a inclus 20 yeux opérés de phaco-émulsification et de trou maculaire (TM). La vitrectomie était suivie d'un tamponnement interne par C2F6 à 20%, mais les patients étaient dispensés du positionnement post-opératoire habituel, visage parallèle au sol. On leur demandait simplement d'éviter le décubitus dorsal pendant les 10 premiers jours. Les résultats anatomiques et fonctionnels ont été comparés à un groupe de sujets témoins également opérés de combinée, mais ayant en plus observé un positionnement après l'intervention. Au total, il semble que l'absence de positionnement ne compromette pas le succès de la chirurgie en cas d'intervention combinée. D'après les auteurs, l'ablation du cristallin permet d'injecter une grande quantité de gaz dans le segment postérieur, le volume de la bulle étant alors suffisant pour exercer un tamponnement efficace de la région maculaire et fermer le TM.

Maladies oculaires des enfants conçus par fécondation in vitro (Arch Ophthalmol 2001 ; 119(10) : 1525-9, I Anteby et coll) {irene@hadassah.org.il}
Sur une série de 44 enfants conçus par fécondation in vitro, les auteurs rapportent un nombre élevé d'anomalies ophtalmologiques. Parmi les antécédents obstétricaux, qui ont été relevés, le poids de naissance variait de 924 à 4300 grammes. L'examen de la réfraction sous cycloplégiques a dénombré 57% d'hypermétropies, 27% d'emmétropies, 16% de myopies et 8 enfants porteurs d'une anisométropie dépassant une Dioptrie. Douze patients avaient une atteinte ophtalmologique sévère, parmi lesquelles : maladie de Coats, cataracte congénitale, glaucome congénital, hypoplasie du nerf optique, atrophie optique idiopatique, colobome avec microphtalmie et rétinoblastome. Devant un tel constat, il serait très utile de déterminer par le biais d'une étude prospective, et lors des examens prénataux, la prévalence réelle des maladies ophtalmologiques chez les enfants nés après fécondation in vitro.