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Semaine du 12 au 18 novembre 2001
Récidive
du décollement de rétine après ablation de
silicone (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(10) : 1203-7, JB Jonas et al)
{Jost.jonas@augen.ma.uni-heidelberg.de}
L'ablation d'un tamponnement interne par huile de silicone peut
provoquer la récidive du décollement de rétine
(DR). Pour connaître la fréquence de cette
complication, 225 patients ont été inclus dans cette
étude. L'ablation du silicone a été
réalisée au minimum 3 mois et en moyenne 10 mois
après la vitrectomie. Au cours d'un suivi moyen d'environ un
an et demi, un peu plus d'un quart des DR ont
récidivé. La récidive n'était
corrélée ni à la technique chirurgicale
utilisée pour extraire le silicone, ni à la
durée de séjour intra-oculaire du silicone. Le risque
de récidive du DR était significativement
associé au nombre d'échecs chirurgicaux
antérieurs, au chirurgien, à la valeur de
l'acuité visuelle avant ablation du silicone, à une
vitrectomie incomplète et à l'absence d'indentation
circulaire si aucune rétinotomie inférieure n'avait
été faite en cas de prolifération
vitréo-rétinienne.
Chirurgie
vitréorétinienne pour kyste hydatique sous
rétinien (Am J Ophthalmol 2001 ; 132(3) : 435-7, G
Muftuoglu et al)
Une patiente de 34 ans s'est présentée avec un kyste
hydatique sous-rétinien compliqué d'un
décollement de rétine dont les auteurs
détaillent le traitement chirurgical. Une vitrectomie par la
pars plana a permis d'aborder la rétine, et le contenu du
kyste a été aspiré après
rétinotomie et incision de la paroi du kyste. Après
séparation de la rétine sus-jacente, la coque du kyste
a été extraite de l'espace sous-rétinien. La
rétine a pu être réappliquée par injection
de perfluorocarbone liquide dans la cavité vitréenne,
puis un tamponnement interne par huile de silicone a
été laissé en place. La patiente a
été suivie 15 mois. L'acuité visuelle est
passée de "compter les doigts" à 20/63, la
rétine est restée à plat et aucune
récidive du kyste hydatique n'est survenue, ni dans l'espace
sous-rétinien ni dans la cavité
vitréenne.
Cataracte chez
l'hypermétrope : résultats des implants de chambre
postérieure (ICP) superposés (Br J Ophthalmol 2001
; 85(10) : 1198-202, H Eleftheriadis et al)
Quinze yeux hypermétropes opérés de cataracte
par phacoémulsification ont participé à cette
étude prospective. Deux ICP superposés en PMMA ont
été mis en place dans chaque sac capsulaire,
après calcul d'implant par SRK II et SRK T, les 2 formules
ayant donné des résultats statistiquement identiques.
En l'absence de maculopathie ou de maladie du nerf optique
associées, la meilleure acuité visuelle corrigée
(MAVC) post-opératoire était en moyenne au moins
égale à 6/12. Entre les 2 ICP des opacités
à type de perles d'Elschning ont été
observées dans 1/4 des cas et des dépôts
pigmentés dans 1/3 des cas, sans qu'il y ait de retentissement
sur la MAVC. Dans plus de 9 cas sur 10, la réfraction finale
ne différait pas de plus de 2 dioptries de la
réfraction souhaitée en pré-opératoire.
Pour améliorer encore ces résultats, les auteurs
soulignent l'intérêt de formules spécifiques
pour le calcul d'implant.
Oedème
papillaire unilatéral et kyste arachnoïdien (Am J
Ophthalmol 2001 ; 132(4) : 589-91, HE Killer et al)
Le cas d'une patiente de 36 ans porteuse d'un oedème
papillaire unilatéral gauche est documenté dans cet
article. La cause en a été retrouvée par l'IRM :
il s'agissait d'un volumineux kyste arachnoïdien occupant les
régions frontale, temporale et pariétale de
l'hémisphère gauche. Le traitement neuro-chirurgical
du kyste a consisté en la mise en place d'une
dérivation "kysto-péritonéale" pour drainer le
liquide cérébro-spinal du kyste vers le
péritoine. L'oedème papillaire a régressé
en post-opératoire. L'originalité de cette observation
réside dans l'unilatéralité de l'oedème
papillaire, qui est habituellement bilatéral en cas
d'hypertension intra-crânienne.
Traitement par
interféron bêta-1a des neuropathies optiques en cas de
risque élevé de SEP (Am J Ophthalmol 2001 ; 132(4)
: 463-71, CHAMPS Study Group) {rbeck@jaeb.org}
Cet essai clinique randomisé a été
réalisé au cours de l'étude CHAMPS, à
laquelle ont participé 50 centres des Etats-Unis et du
Canada. Après une corticothérapie par voie
générale pour un premier épisode de neuropathie
optique, les patients chez lesquels l'IRM avait montré des
lésions de démyélinisation infracliniques ont
été randomisés pour participer à l'essai.
Puis parmi ces 192 malades à très forte
probabilité d'évoluer vers une sclérose en
plaques (SEP), les uns ont été traités par
interféron bêta-1a, les autres par un placebo. Les taux
d'apparition d'une SEP ont été comparés entre
les 2 groupes sur 3 ans parallèlement à la
surveillance des lésions IRM aux 6ème, 12ème et
18ème mois. D'après les résultats de cette
étude, l'interféron bêta-1a serait utile
dès le premier épisode de neuropathie optique chez les
patients à haut risque de SEP ultérieure, ce risque
étant évalué sur la présence de
lésions infracliniques en IRM.
Dysfonctionnement
de l'épithélium pigmenté rétinien au
cours du syndrome de dispersion pigmentaire (Arch Ophthalmol 2001
; 119(9) : 1291-5, VC Greestein et al) {vcg1@nyu.edu}
Pour tester la fonction de l'épithélium
pigmenté, des électro-oculogrammes ont
été pratiqués chez des sujets atteints de
dispersion pigmentaire, de glaucome pigmentaire, d'hypertonie
oculaire isolée, de glaucome primitif à angle ouvert
ainsi que sur des yeux témoins. Des anomalies ayant
été mises en évidence en cas de syndrome de
dispersion pigmentaire, compliqué ou non de glaucome, par
rapport aux autres groupes, l'hypothèse d'un
dysfonctionnement de l'épithélium pigmenté
rétinien semble se confirmer. Les auteurs recommandent de
tenir compte de ces résultats pour comprendre le
mécanisme des dispersions pigmentaires, qui pourraient donc
s'accompagner d'un dysfonctionnement congénital ou acquis de
l'ensemble épithélium
pigmenté/photorécepteurs.
Neuropathie
optique héréditaire de Leber et signes de
sclérose en plaques (Am J Ophthalmol 2001 ; 132(4) :
591-3, M Tran et al)
Les auteurs rapportent l'observation d'un patient de 34 ans atteint
de neuropathie optique héréditaire de Leber par
mutation du génome mitochondrial en position 11778. Devant
l'installation progressive (sur plusieurs mois) de la baisse
d'acuité visuelle et une diminution de la force musculaire du
membre inférieur droit associée, une IRM a du
être réalisée. De multiples lésions
cérébrales et médullaires de
démyélinisation ont ainsi été mises en
évidence. Ce cas est commenté : bien que rare,
l'installation progressive d'une neuropathie optique de Leber est
possible : il en existe des cas publiés. Par contre, le
tableau de sclérose en plaques observé ici est-il une
association possible ou s'agit-il seulement d'une coïncidence?
Diagnostic
étiologique des uvéites postérieures
infectieuses par un test de "multi-PCR" (Polymerase Chain
reaction) (Arch Ophthalmol 2001 ; 119(9) : 1315-22, H Dabil et
al)
Cette étude propose un test, qui, devant une hyalite d'origine
infectieuse, est capable de rechercher par PCR à partir d'une
biopsie de vitré, plusieurs agents infectieux
simultanément, soit : le cytomégalovirus (CMV), le
virus de l'herpès simplex (HSV), le virus de la varicelle et
du zona (VZV) et toxoplasma gondii. Pour en connaître la
sensibilité et la spécificité, 21
prélèvements de vitré infectés ont
été testés par PCR classique et "multi-PCR",
alors que 10 autres échantillons de vitré servaient de
témoins. Après avoir détaillé leurs
résultats, les auteurs estiment qu'en cas d'uvéite
postérieure infectieuse ce nouveau test peut permettre un
diagnostic étiologique plus rapide et moins coûteux,
tout en étant aussi sensible et spécifique que la
méthode PCR de référence.
Hypotonie par
perforation sclérale sous cerclage et syndrome de Marfan
(Am J Ophthalmol 2001 ; 132(3) : 429-31, VA Deramo et al)
Une complication rare et retardée du décollement de
rétine (DR) opéré est exposée. Plus d'un
an après traitement chirurgical de son DR avec cerclage, un
patient porteur d'un syndrome de Marfan s'est présenté
avec une hypotonie compliquée de maculopathie. On a alors
constaté une extériorisation du matériel de
cerclage à travers la conjonctive ainsi qu'une perforation
sclérale en regard, qui a été suturée.
Les suites opératoires ont été marquées
par une remontée de pression trop importante qui a
nécessité un cyclo-affaiblissement par laser. Huit mois
plus tard la pression intra-oculaire était parfaitement
normalisée, l'acuité visuelle atteignait 20/40 et la
rétine était à plat. Cette observation met en
garde contre la possibilité de perforation sclérale
sous cerclage chez les sujets ayant une sclère
fragile.
Le facteur VII
activé augmente-t-il le risque d'occlusion veineuse
rétinienne ? (Br J Ophthalmol. 2001 ; 85(10) :
1174-8, S Kadayicilar et al)
Parmi les causes de thrombophilies, le facteur VII activé
(FVIIa), récemment identifié, favorise-t-il les
thromboses veineuses rétiniennes ? Pour le savoir 54 malades,
dont 22 avaient une occlusion de branche (OBVR) et 32 une occlusion
de la veine centrale de la rétine (OVCR) ont été
explorés et comparés à un groupe témoin
(19 patients suivis pour troubles réfractifs ou cataracte).
Après examen ophtalmologique et recueil de l'histoire de la
maladie, les examens complémentaires comprenaient : NFS,
bilans hépatique, rénal, lipidique et de la coagulation
: protéines C, S, antithrombine III, fibrinogène et
FVIIa. A noter qu'en cas d'OBVR la prévalence de l'HTA
était élevée. Le FVIIa étant
significativement augmenté dans le 1er groupe (OBVR et OVCR)
alors que les autres paramètres ne différaient pas
d'un groupe à l'autre, ce facteur pourrait jouer un rôle
dans la survenue d'occlusions veineuses
rétiniennes.