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Semaine du 5 au 11 novembre 2001
Prise en charge
et pronostic du carcinome palpébral à cellules de
Merkel (Ophthalmology 2001 ; 108(9) : 1575-9, GB Peters et
al)
Le carcinome à cellules de Merkel est une tumeur maligne
cutanée rare qui atteint parfois les paupières et qui
peut disséminer localement ou à distance. Au cours de
ce travail rétrospectif, les dossiers de 14 malades ont
été repris pour étudier l'histoire de la
maladie, la présentation clinique, l'évolution
à long terme (suivi moyen supérieur à 2 ans et
demi), le traitement mis en oeuvre et la morbi-mortalité
associée à cette tumeur. Dans cette série,
seuls 2 malades ont bénéficié d'un traitement
adjuvant (radiothérapie, curage ganglionnaire et/ou
chimiothérapie) en plus de la chirurgie, et parmi les 3
patients dont le carcinome a récidivé, aucun n'en
avait eu. Un malade est décédé suite à
une dissémination métastatique. Les auteurs concluent
qu'en cas de carcinome palpébral à cellules de Merkel,
l'utilisation d'un traitement adjuvant à la chirurgie
mérite d'être discutée tout en tenant compte de
sa toxicité potentielle.
Inflammation
intraoculaire après aspiration per-opératoire des
cellules épithéliales cristalliniennes (J Cataract
Refract Surg 2001 ; 27(9) : 1380-5, AJ Amon et al)
Soixante patients opérés de cataracte liée
à l'âge par phacoémulsification avec incision
cornéenne temporale ont été inclus dans cette
étude prospective, puis trois groupes ont été
constitués. Dans un groupe, les cellules
épithéliales cristalliniennes ont été
aspirées en totalité en fin d'intervention, dans un
autre, elles n'ont été aspirées que dans
l'hémi-sac capsulaire nasal et dans le dernier, elles ont
été laissées en place. L'inflammation de chambre
antérieure, mesurée par laser flare meter, a
été comparée dans les 3 groupes avant
l'intervention puis à J1, J3, J7, J14, J28, aux 3ème,
6ème, 12ème et 24ème mois. A aucun moment, les
valeurs n'ont différé significativement, et dans tous
les cas, la barrière hémato-aqueuse était
quasiment restaurée au bout d'un mois. Ainsi dans ce travail
l'aspiration per-opératoire des cellules
épithéliales cristalliniennes n'a pas eu d'influence
sur l'inflammation intra-oculaire post-opératoire.
Anesthésie
topique et sédation versus rétro - ou
péri-bulbaire pour la chirurgie de la cataracte : un essai
prospectif randomisé (J Cataract Refract Surg 2001 ;
1372-9, H Kallio et al)
Ce travail a inclus 317 yeux de 291 patients opérés de
cataracte et répartis en 3 groupes par randomisation pour
recevoir soit une anesthésie topique seule, soit une topique
associée à une sédation par voie intraveineuse,
soir enfin une rétro- ou une péri-bulbaire. La
comparaison a porté sur la douleur per-opératoire,
estimée sur une échelle de 0 à 10, les
complications ou événements indésirables
relevés pendant l'intervention et une semaine après,
ainsi que sur l'acuité visuelle post-opératoire.
Aucune différence significative n'a été mise en
évidence entre les 3 groupes, mais les chirurgiens ont
rapporté un confort significativement meilleur sous
rétro ou péribulbaire, alors que les patients dont les
2 yeux ont été opérés ont semblé
préférer l'anesthésie topique combinée
à la sédation intraveineuse plutôt que
l'injection rétro- ou péri-bulbaire.
Clignement
excessif chez l'enfant (Ophthalmology 2001 ; 108(9) : 1556-61, DK
Coats et al) {dcoats@bcm.tmc.edu}
Cet article expose les causes du clignement excessif chez l'enfant
à partir de 99 cas de patients de moins de 16 ans,
examinés après étude des
antécédents et de l'histoire de la maladie. L'anomalie
était bilatérale 9 fois sur 10 et intéressait 2
garçons pour une fille. Les étiologies étaient,
par ordre de fréquence, des lésions du segment
antérieur et/ou des paupières, des tics, des anomalies
de réfraction non corrigées, une exotropie
intermittente ou un trouble psychologique. Les
antécédents neurologiques, présents chez 22%
des enfants, n'étaient pas toujours responsables du
symptôme. Il est précisé que 6% des patients
avaient une maladie menaçant le pronostic visuel et 4% le
pronostic vital. Selon les auteurs, la cause du clignement excessif
chez l'enfant, le plus souvent bénigne, peut être
retrouvée grâce à un interrogatoire et un examen
clinique détaillés, les explorations
neuro-radiologiques étant inutiles.
Sclérectomie
profonde et implant collagène en cas de glaucome sur myopie
forte (J Cataract Refract Surg 2001 ; 27(9) : 1410-7, M. Hamel et
al)
Vingt et un yeux myopes forts porteurs d'un glaucome primitif ou
secondaire résistant aux traitements médicaux, ont
été inclus dans ce travail prospectif et
opérés de sclérectomie profonde avec mise en
place d'un implant collagène. Les critères d'exclusion
étaient : l'allergie connue au collagène, une cataracte
dense associée, des antécédents de chirurgie
oculaire ou de trabéculoplastie datant de moins de 6 mois. Au
cours d'un suivi moyen de 44 mois, les mesures d'acuité
visuelle, de pression intra-oculaire (PIO), les examens
biomicroscopiques et les champs visuels ont été
très régulièrement pratiqués. Quatre ans
après l'intervention 81% des yeux avaient une PIO
inférieure à 21mmHg avec ou sans traitement
anti-glaucomateux complémentaire. Les auteurs concluent que la
sclérectomie profonde avec implant collagène est
relativement efficace et se complique peu chez le myope
fort.
Dacryocystorhinostomie
(DCR) en cas d'obstruction du canal lacrymo-nasal chez l'enfant
(Ophthalmology 2001 ; 108(9) : 1562-4, EA Barnes et al)
Les cas de 121 enfants opérés de
dacryocystorhinostomie (134 interventions) entre 1987 et 1999 ont
été revus pour cette étude. La technique
chirurgicale, utilisée par des chirurgiens spécialistes
et entraînés, est décrite. Plus de la
moitié des enfants ont été pris en charge en
ambulatoire (hôpital de jour) et 7 ont eu une DCR
bilatérale d'emblée. Trois enfants étaient
trisomiques, 5 avaient des malformations faciales et 2 souffraient de
maladies générales. Pour tous les patients, les
symptômes ont régressé en post-opératoire
et ont totalement disparu dans 96% des cas. De rares complications
ont été notées : 3 infections locales
d'intensité modérée toutes résolutives
sous antibiothérapie systémique et un granulome sur
fil de suture. Ainsi, il semble que pour des chirurgiens
expérimentés les DCR chez l'enfant puissent être
bilatérales d'emblée et réalisées en
ambulatoire sans que la morbidité liée à
l'intervention n'augmente.
Traitement de
l'amblyopie par occlusion : résultats à long terme
(Ophthalmology 2001 ; 108(9) : 1552-5, H Leiba et al)
{leibalLA@tel-aviv.gov.il}
Lorsqu'une amblyopie unilatérale est traitée par
occlusion dans l'enfance, les bons résultats visuels
persistent-ils à l'âge adulte? C'est ce qu'ont voulu
savoir les auteurs qui ont suivi 54 patients en moyenne 21,5 ans
après l'arrêt du traitement, c'est à dire
après l'âge de neuf ans. La meilleure acuité
visuelle corrigée (MAVC) était en moyenne de 20/35
à la fin de la rééducation et de 20/34 lors du
dernier examen ophtalmologique en 1999. Ainsi, au terme de
l'étude, la MAVC était stable ou
améliorée plus de 20 ans après la fin du
traitement de l'amblyopie, confirmant l'intérêt et
l'efficacité de l'occlusion.
Exérèse
de tumeurs uvéales (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(10) :
1213-9, DH Char et al) {devron@tumori.org}
Cette étude prospective a inclus 138 yeux atteints de tumeurs
de l'uvée, dont 105 ont pu bénéficier d'un
traitement chirurgical conservateur, suivis en moyenne 6 ans. Parmi
ces tumeurs, 14 atteignaient l'iris, 57 l'iris et le corps ciliaire,
18 le corps ciliaire seul, 49 la choroïde et on comptait 125
mélanomes malins... Un traitement conservateur a
été possible dans un peu plus de 3/4 des cas. Les
limites de résection avaient alors d'autant plus de chances
de se trouver en zone saine que la tumeur était plus
antérieure et plus de la moitié des acuités
visuelles post-opératoires étaient au moins
égales à 20/40. La tumeur des 8 patients qui ont
développé des métastases envahissait la
choroïde. D'après ce travail le traitement chirurgical
conservateur des tumeurs de l'uvée ne semble pas
altérer le pronostic vital et les résultats visuels en
cas de tumeur volumineuse et postérieure paraissent meilleurs
que ceux de la radiothérapie seule.
Maladie de
Wegener de l'orbite et des annexes : une étude
australienne (Ophthalmology 2001 ; 108(9) : 1535-43, TL Woo et
al)
A partir de 29 cas de granulomatose de Wegener atteignant l'orbite
et/ou les annexes, les auteurs passent en revue les diverses
manifestations possibles de la maladie : masse ou douleur orbitaire,
exophtalmie, larmoiement, obstruction du canal lacrymo-nasal,
troubles oculo-moteurs, inflammation palpébrale,
érosion osseuse ou baisse d'acuité visuelle. Deux cas
de fistule lacrymale ont été observés, alors
que cette complication est considérée comme rare. Les
anticorps anti-cytoplasme de polynucléaires neutrophiles
(ANCA), positifs dans 52% des cas, étaient présents 9
fois sur 10 en cas d'atteinte systémique, mais dans moins
d'1/3 des atteintes limitées. Ainsi pour bien prendre en
charge la maladie de Wegener, il faut en connaître tous les
aspects cliniques et biologiques possibles.
Paralysie
bilatérale du nerf pathétique
révélatrice d'un carcinome bronchique
métastasé (Am J Ophthalmol 2001 ; 132(4) : 593-4, C
Mielke et al)
Le cas d'un patient de 56 ans, sans antécédent
traumatique, venu consulter pour paralysie bilatérale de la
IVème paire crânienne est rapporté. Une IRM
cérébrale a été réalisée en
urgence et a mis en évidence une lésion d'allure
secondaire du tronc cérébral, au niveau de la zone de
décussation des nerfs pathétiques. Des explorations
radiologiques complémentaires thoraciques, abdominales et
pelviennes ont été demandées et ont permis de
découvrir la tumeur primitive, soit un carcinome bronchique.
Cette observation montre qu'en l'absence de contexte traumatique,
une paralysie bilatérale du IVème nerf crânien
peut être due au développement d'une métastase
dans la fosse postérieure, auquel cas un bilan à la
recherche du cancer primitif doit être
débuté.