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Semaine du 22 au 28 octobre 2001

Corrélations entre les anomalies du champ visuel et les lésions du fond d'oeil après chirurgie du trou maculaire (Ophthalmology 2001 ; 108(9) : 1638-43, N Yonemura et al)
Après chirurgie du trou maculaire (TM) les anomalies du champ visuel (CV) sont fréquentes et pourraient être dues à l'infusion d'air dans le segment postérieur. A la recherche d'une corrélation entre l'aspect du fond d'oeil (FO) et le CV, 17 yeux opérés de TM idiopathique et ayant des amputations post-opératoires du CV ont été examinés cliniquement puis angiographiquement (fluorescéine et ICG). Parmi les 8 yeux dont le FO était anormal (remaniements de l'épithélium pigmentaire, retard au remplissage choroïdien, membrane épirétinienne...), la topographie des lésions rétiniennes correspondait exactement à celle des déficits campimétriques. Pourtant, si les troubles du CV étaient détectés en post-opératoire précoce, ce n'était pas le cas des anomalies du FO qui n'apparaissaient qu'après plusieurs mois. Ceci justifie la surveillance à long terme des yeux dont le CV est altéré après chirurgie du TM.

Kératoplastie transfixiante chez l'enfant (Curr Opin Ophthalmol 2001 ;12(4) : 258-61, JJ Reidy)
Chez l'enfant une kératoplastie transfixiante peut être proposée en cas d'opacités congénitales de la cornée avec retentissement visuel et doit être réalisée précocement afin d'éviter l'apparition d'une amblyopie. La technique chirurgicale diffère de celle employée chez l'adulte du fait des particularités de l'oeil de l'enfant. Les facteurs de risques d'échec sont : les atteintes bilatérales, un glaucome infantile associé, une chirurgie du cristallin ou une vitrectomie réalisées dans le même temps opératoire que la kératoplastie, l'échec d'une précédente greffe, l'existence de goniosynéchies étendues, et d'une néovascularisation cornéenne sévère. Le traitement de l'amblyopie en post-opératoire précoce est indispensable pour obtenir le meilleur résultat visuel possible. Il doit être strict et associer correction optique et occlusion.

Membrane amniotique et chirurgie (Curr Opin Ophthalmol 2001 ; 12(4) : 269-81, KC Sippel)
Cet article fait la synthèse des indications actuelles dans lesquelles la membrane amniotique peut être utilisée au cours de la chirurgie ophtalmologique, tout en rappelant qu'il est nécessaire de valider ces traitements par des essais cliniques comparatifs contrôlés. La membrane amniotique est composée d'une couche de cellules épithéliales, d'une membrane basale épaisse et d'un stroma avasculaire. Elle facilite l'épithélialisation, limite l'inflammation, la néo-angiogénèse et la fibrose. On l'utilise pour reconstruire la surface oculaire en cas d'ulcérations cornéennes persistantes, de déficits des cellules souches limbiques, dans les suites des brûlures thermiques ou chimiques, ou après résection de lésions conjonctivales telles que les ptérygions par exemple. Enfin, depuis peu, la culture de cellules épithéliales limbiques est possible in vitro sur un support constitué de membrane amniotique.

Implants suturés à la sclère : vérification de la position des haptique par UBM (J Cataract refract Surg 2001 ;27(9) : 1418-22, A Sewelam et al)
Lors de la mise en place par voie externe d'un implant de chambre postérieure (ICP) suturé à la sclère, la technique utilisée ne permet pas de visualiser la localisation exacte des haptiques en arrière de l'iris. C'est pourquoi les auteurs ont étudié en UBM (BioMicroscopie par Ultrasons) 20 yeux opérés. Parmi les 40 haptiques, 22 ont été retrouvées dans le sulcus, 11 en avant du sulcus et 7 en arrière. Ainsi, seulement un peu plus de la moitié des haptiques étaient correctement positionnées, illustrant la difficulté de cette chirurgie. Devant ces résultats, il est conseillé de recourir à la visualisation endoscopique du site opératoire en cours d'intervention, afin de repérer exactement l'iris et le corps ciliaire et d'implanter avec précision.

Vitrectomie après luxation intravitréenne de fragments cristalliniens : une étude histologique (Ophthalmology 2001 ; 108(9) : 1633-7, CP Wilkinson et al)
Les auteurs ont étudié histologiquement le vitré de 135 yeux vitrectomisés, à la suite d'une phacoéxérèse (cataractes liées à l'âge) compliquée de luxation de matériel cristallinien dans le segment postérieur. L'anatomo-pathologie a confirmé la présence de cristallin dans tous les cas et a permis la recherche de cellules inflammatoires (macrophages, polynucléaires neutrophiles, cellules géantes...). Si la vitrectomie était réalisée dans les 3 jours suivant la phacoéxérèse, aucune cellule n'était présente dans le prélèvement. Si elle était réalisée entre le 4ème et le 7ème jour post-opératoire 35% des yeux contenaient des macrophages, taux qui s'élevait à 80% lorsque la vitrectomie était tardive et pratiquée au cours du 3ème mois post-opératoire. Ainsi pour cette étude, la réaction inflammatoire induite semble augmenter avec la durée de séjour des fragments de cristallin dans le vitré.

Kératoprothèses : qu'en est-il aujourd'hui ? (Curr Opin Ophthalmol 2001 ; 12(4) : 282-7, B. Khan et al)
A travers une revue de la littérature la plus récente, les auteurs exposent les avancées et les résultats actuels en matière de kératoprothèses. De nouveaux systèmes de fixation à la sclère et de nouveaux matériaux biocompatibles semblent prometteurs pour améliorer le pronostic des yeux opérés en association aux progrès de la chirurgie vitréo-rétinienne, qui permettent de limiter les complications dans le segment postérieur. Mais le pronostic dépend de la pathologie sous-jacente. Par ordre décroissant, il est meilleur en cas d'échec de kératoplastie qu'en cas de pemphigoïde cicatricielle, qu'en cas de brûlures chimique et qu'en cas, enfin, de syndrome de Stevens-Johnson. Le risque d'endophtalmie varie aussi avec l'étiologie et les germes gram positifs sont le plus souvent en cause. Ainsi, les progrès sont rapides, mais les applications des kératoprothèses au problème de la cécité dans le monde restent encore limitées.

Excavation papillaire : comment différencier atrophie optique dominante et glaucome à pression normale ? (Ophthalmology 2001 ; 108(9) : 1595-602, AV Fournier et al) {afournier@cheo.on.ca}
Chez les patients porteurs d'une atrophie optique dominante (AOD), il existe une excavation papillaire. Comment ne pas passer à côté d'un glaucome à pression normale dans ce contexte? A partir de cas concrets (patients âgés de 11 à 62 ans, mesure de l'acuité visuelle et de la pression intraoculaire, analyse du nerf optique sur les photographies du fond d'oeil, vision des couleurs, périmétrie de Goldmann) les auteurs énumèrent les signes qui doivent faire évoquer le diagnostic d'AOD, et parmi eux : des antécédents familiaux de perte visuelle inexpliquée ou d'atrophie optique, une atteinte préférentielle de la vision centrale avec épargne du champ visuel périphérique, une pâleur de l'anneau neuro-rétinien restant et le jeune âge.

Néovaisseaux cornéens (Curr Opin Ophthalmol 2001 ; 12(4) : 242-9, JH Chang et al)
Les auteurs font le point sur la néovascularisation cornéenne qui, en tant que complication habituelle des pathologies inflammatoires et infectieuses de la surface oculaire, menace le pronostic visuel. La recherche contre le cancer a démontré qu'il existe un équilibre entre les facteurs pro-angiogéniques (facteur de croissance fibroblastique, facteur de croissance de l'endothélium vasculaire ou VEGF...) et anti-angiogéniques (angiostatine, endostatine...). Au niveau de la cornée, cet équilibre est rompu en faveur d'une néo-angiogénèse dans certaines pathologies inflammatoires, infectieuses, traumatiques ou dégénératives. Chez l'animal, il est possible d'inhiber la néovascularisation cornéenne en utilisant des traitements angiostatiques médicaux ou chirurgicaux comme par exemple la photocoagulation au laser à argon ou la photothérapie dynamique.

Chirurgie filtrante et laser excimer (J Cataract refract Surg 2001 ; 27(9), A Maldonado-bas et al)
Cette étude évalue une technique de chirurgie filtrante réalisée à l'aide d'un laser excimer sur 32 yeux glaucomateux dont la pression intra-oculaire (PIO) pré-opératoire moyenne était de 28,06+/- 9,82 mmHg. Sous anesthésie topique, la photo-ablation du canal de Schlemm et du trabéculum était réalisée après incision conjonctivale et dissection d'un volet scléral. Ensuite une micro-perforation permettait de s'assurer que la photo-ablation était suffisamment profonde, puis sclère et conjonctive étaient suturées. Les auteurs précisent qu'aucun antimitotique n'a été utilisé. Quelques complications ont été relevées dont 5 décollements choroïdiens, 3 hyphémas, 2 cas de synéchies et une cataracte. La PIO post-opératoire moyenne était nettement abaissée, soit : 13,09 +/- 2,67 mmHg. En conclusion cette technique semble efficace et serait de réalisation plus facile que la sclérectomie profonde classique.

LASIK et conjonctivite allergique (J Cataract Refract Surg 2001 ;27(9) : 1469-72, N Asano-Kato et al)
L'existence d'une conjonctivite allergique augmente-elle le risque de complications en cas de LASIK ? Pour tenter de répondre à cette question, les auteurs ont comparé 84 yeux atteints de conjonctivite allergique à 140 yeux indemnes, tous opérés de myopie par LASIK. Le diagnostic de conjonctivite allergique reposait sur l'association d'un prurit et de signes cliniques tels que la présence de papilles sur la conjonctive tarsale. Dans les 2 groupes, la réfraction et l'acuité visuelle sans correction avant et après l'intervention ont été mesurées. De même, les complications per- et post-opératoires ont été répertoriées : absentes chez les patients allergiques et rares (4 cas) chez les non allergiques. D'après cette étude, il semble donc que le fait d'avoir une conjonctivite allergique n'augmente pas le risque de complications en cas de chirurgie réfractive par LASIK.