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Semaine du 8 au 14 octobre 2001

Manipulation du capot cornéen lors d'un LASIK en cas d'antécédents de kératotomie radiaire (KR) (Am J Ophthalmol 2001 ; 132(2) : 252-3, MS Chung et al) {www.ajo.com}
Cinq à 15 ans après une KR, 7 yeux porteurs d'une myopie, d'un astigmatisme ou d'une hypermétropie résiduels ont été réopérés par LASIK, technique qui a fait ses preuves. En per-opératoire les chirurgiens ont dû faire face à la réouverture des cicatrices de KR et décrivent, dans ce travail rétrospectif, le moyen utilisé pour en limiter les conséquences. Pour ne pas aggraver ces déchirures, le capot cornéen a été roulé sur lui même vers sa charnière, puis déroulé et remis en place une fois la photoablation réalisée. Selon les auteurs cette méthode, en diminuant les forces de traction sur le capot, a limité la réouverture des cicatrices de KR et a permis à tous les patients de retrouver à un an une acuité visuelle (AV) comprise entre 20/16 et 20/25 sans correction, et d'éviter une baisse de la meilleure AV corrigée ou une invasion épithéliale.

DMLA et aspirine à faible dose aux USA : un essai randomisé incluant des médecins (Arch Ophthalmol 2001 ; 119(8) : 1143-9, WG Christen et al) {www.archophthalmol.com}
Au cours de cette étude randomisée en double insu, 22071 médecins américains ont été traités par 325 mg d'aspirine et 50 mg de béta-carotène par jour ou un placebo, en prévention des maladies cardiovasculaires et du cancer. Après un peu plus de 5 ans, l'étude a été interrompue devant l'efficacité de l'aspirine qui a permis de réduire de 44% le risque de premier infarctus du myocarde par rapport au placebo. Parallèlement le taux d'apparition d'une DMLA chez 21216 de ces médecins, indemnes de la maladie au début de l'étude, et inclus pour une surveillance ophtalmologique d'au moins 7 ans, a été relevé. En 5 ans, 117 DMLA sont apparues, dont 51 dans le groupe aspirine et 66 dans le groupe placebo. Si sur cette période, aucun bénéfice de l'aspirine sur la prévention de la DMLA n'est apparu, les auteurs n'excluent pas totalement une certaine efficacité, et souhaitent des études complémentaires.

Endophtalmies mycosiques endogènes : comparaison entre candidose et aspergillose (Am J Ophthalmol 2001 ;132(2) : 244-51, NA Rao et al) {www.ajo.com} {nrao@hsc.usc.edu}
Pour savoir comment différencier cliniquement et sur le plan anatomo-pathologique les endophtalmies mycosiques d'origine endogène, les auteurs ont analysé les pièces d'énucléation de 13 yeux atteints d'aspergillose et de 12 yeux atteints de candidose, les patients sidéens ayant été exclus de l'étude. Dans cette série, les endophtalmies à candida se développaient plus volontiers après une chirurgie gastro-intestinale ou en cas de diabète, et le vitré était le site privilégié de l'infection. L'aspergillose, plus fréquente chez les opérés du coeur ou les greffés, donnait des foyers sous l'épithélium pigmenté ou sous rétiniens avec choriorétinite, la biopsie vitréenne étant négative. Les 2 infections étaient responsables d'une inflammation non granulomateuse. L'extrême gravité de l'aspergillose est rappelée. En effet, souvent associée à des complications cardiaques ou cérébrales, son taux de mortalité est élevé.

Résultats de la viscocanalostomie dans le glaucome primitif à angle ouvert (GPAO) (Am J Ophthalmol 2001 ; 132(2) : 221-8, G Sunaric-Megevand et al) {www.ajo.com}
La viscocanalostomie, technique de chirurgie filtrante non perforante, permet d'éviter certaines complications habituelles de la trabéculectomie. Dans cette étude prospective, les auteurs rapportent leurs résultats sur une série de 67 yeux porteurs d'un GPAO, opérés puis suivis pendant un à 3 ans. Des complications ont été observées : 10 perforations per-opératoires de la membrane de Descemet d'importance variable, dont 3 ont nécessité une iridectomie périphérique, 5 hyphémas et 8 altérations post-opératoires de la fonction visuelle par astigmatisme, cataracte ou atteinte glaucomateuse du champ visuel. Après avoir défini leurs critères de succès et d'échecs complets ou partiels, les auteurs font état de l'absence de complication grave à long terme, de 88% de succès global à un an dont 68% de succès complet, ces taux étant de 88% et 59% à 3 ans, avec stabilité visuelle dans 82% des cas.

Chirurgie du trou maculaire en présence d'une fossette colobomateuse de la papille (Am J Ophthalmol 2001 ; 132(2) : 263-4, M Bechmann et al) {www.ajo.com} {mbechmann@ak-i.med.uni-muenchen.de}
En cas de fossette colobomateuse de la papille, une dégénérescence microkystique ou un soulèvement maculaire peuvent apparaître au cours de l'évolution et faire le lit d'un trou maculaire (TM). Le TM, s'il survient, est plus souvent lamellaire mais peut aussi être complet. Le cas d'une patiente ayant une fossette colobomateuse et venue consulter pour baisse d'acuité visuelle (20/100) en rapport avec un TM complet d'aspect idiopathique (diagnostic clinique et sur OCT) est décrit. Trois interventions chirurgicales ont été nécessaires pour obtenir la fermeture du TM, qui n'a été possible qu'après tamponnement interne de longue durée par huile de silicone. Par ailleurs, toutes les tentatives de pelage d'une membrane épirétinienne ou de la membrane limitante interne ont été vaines. Cette expérience conduit les auteurs à conseiller dans de tels cas, l'utilisation de silicone en première intention.

Résultats de la chirurgie de la cataracte chez les sujets porteurs de rétinopathie pigmentaire (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(8) : 936-8, H Jackson et al)
Les dossiers de 89 patients (142 yeux) atteints de rétinopathie pigmentaire avec champ visuel central inférieur à 10 degrés et opérés de cataracte (sous-capsulaire postérieure et/ou nucléaire) ont été repris pour déterminer si l'intervention avait été utile sur le plan fonctionnel. Si seulement 77% des yeux ont augmenté leur acuité visuelle en post-opératoire, la plupart des patients ont estimé leur vision nettement améliorée. L'incidence de l'opacification de la capsule postérieure était élevée : soit 63% des cas, un peu plus de 45% ayant nécessité une capsulotomie, alors qu'un phymosis capsulaire antérieur a justifié une capsulotomie antérieure dans environ un cas sur 10. L'oedème maculaire cystoïde n'a concerné que 14% des yeux, chiffre plus bas que celui qui était attendu. Les auteurs concluent que la phacoexérèse apporte un bénéfice en cas de rétinopathie pigmentaire, même en cas de cataracte modérée.

Traitement des érosions cornéennes récidivantes des kératopathies bulleuses par PhotoKératectomie. Thérapeutique et lentilles pansements. (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(8) : 908-11, PY Lin et al)
A propos de 8 cas, les auteurs rapportent leur expérience du traitement des kératopathies bulleuses par PhotoKératectomie Thérapeutique profonde puis lentille pansement, laissée en place pendant 3 mois. Le but du traitement était de réduire la douleur causée par des érosions cornéennes récidivantes, sur des yeux dont le mauvais pronostic fonctionnel avait fait récuser une kératoplatie transfixiante. Les détails techniques de la photoablation par laser Excimer sont décrits. Au terme d'un suivi moyen de 11 mois (extrêmes de 6 à 15 mois), tous les patients se sont trouvés totalement ou partiellement soulagés. Aucune complication n'a été déplorée, y compris de nature infectieuse. Au total, cette méthode semble simple à mettre en oeuvre et efficace en cas de kératopathie bulleuse douloureuse avec mauvais pronostic visuel.

La cornée des jeunes myopes (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(8) : 916-20, SW Chang et al)
Pour mieux comprendre l'influence des caractéristiques morphologiques et fonctionnelles de la cornée sur la réfraction, différentes mesures, incluant entre autres la courbure et l'épaisseur cornéennes ainsi que la longueur axiale de l'oeil, ont été prises chez 216 sujets jeunes, ayant des réfractions variées, en excluant les porteurs de lentilles et les yeux opérés ou atteints de maladies de la surface oculaire. Des corrélations significatives ont été mises en évidence : la cornée était d'autant plus plate que la longueur axiale était élevée et d'autant plus fine que la myopie était forte (l'épaisseur cornéenne moyenne était de 533 µm). La densité endothéliale diminuait avec l'augmentation de la myopie, et les cornées de densité endothéliale élevée avaient une perméabilité accrue aux molécules de fluorescéine. Les auteurs recommandent de tenir compte des résultats de ce travail en chirurgie réfractive.

Calcul d'implant à partir de la topographie cornéenne après photokératectomie réfractive (PKR) (Am J Ophthalmol 2001 ; 132(2) : 254-5, JG Ladas et al) {www.ajo.com}
Les observations de 2 patients (2 yeux) ayant des antécédents de chirurgie réfractive par PKR et qui ont dû être opérés de cataracte des années plus tard sont décrites. Juste avant la phacoéxérèse, le calcul d'implant a été réalisé à partir des données de la topographie cornéenne, mais dans les 2 cas, une hypermétropie post-opératoire a nécessité la mise en place d'implants superposés (en "piggyback"). Ainsi, près PKR, l'utilisation de la topographie cornéenne pour déterminer la puissance de l'implant quand une chirurgie de la cataracte est indiquée, peut être responsable d'erreurs réfractives. Les auteurs mettent donc en garde contre cette complication et émettent des conseils pour l'éviter.

Effet des aberrations chromatiques sur les yeux pseudophakes (Arch Ophthalmol 2001 ; 119(8) : 1154-8, MJ Endl et al) {www.archophthalmol.com} {fwic7788@mb.infoweb.ne.jp}
Pour déterminer l'influence des aberrations chromatiques sur les performances visuelles après chirurgie de la cataracte, 51 yeux répartis en 3 groupes correspondant à 3 matériaux d'implants intra-oculaires différents, ont été comparés entre eux et à 10 yeux témoins phakes. L'acuité visuelle et la sensibilité aux contrastes ont été étudiées en lumière blanche puis en lumière monochromatique de différentes longueurs d'onde : 470, 549 et 630 nm. Des différences parfois significatives ont été relevées en fonction du type d'implant en lumière multi-chromatique ainsi qu'en monochromatique aux longueurs d'ondes 470 et 630 nm. Ce travail montre que la qualité de l'image rétinienne peut être altérée par certains matériaux utilisés pour la fabrication des implants. Les auteurs conseillent d'en tenir compte pour assurer aux patients opérés de cataracte le meilleur résultat fonctionnel post-opératoire possible.