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Semaine du 1 au 7 octobre 2001

Endophtalmie post-traumatique à clostridium tetani et bacillus (Am J Ophthalmol 2001 ;132(1) : 116-7, MN Iyer) {www.ajo.com}
Après traumatisme oculaire par barre de béton armé avec plaie cornéo-sclérale, un patient a dû subir une vitrectomie et une phacoéxérèse. En urgence, une injection de vaccin anti-tétanique a été faite. Les prélèvements bactériologiques per-opératoires se sont révélés négatifs sur la conjonctive mais la culture du vitré a mis en évidence du clostridium tetani et des bacillus. Avant que ces résultats ne soient connus, une inflammation orbitaire, palpébrale et oculaire sévère est apparue, qui a régressé après éviscération. De la doxycycline per os a été prescrite en post-opératoire. Il s'agit, à la connaissance des auteurs, du premier cas publié d'endophtalmie à clostridium tétani. Ils rappellent de vérifier et de mettre à jour la vaccination antitétanique en cas de plaie du globe, et conseillent de discuter un traitement par gammaglobulines antitétaniques si les cultures bactériologiques sont positives.

Suspicion de glaucome primitif à angle ouvert (GPAO) : le flux sanguin est diminué au niveau du nerf optique (Am J Ophthalmol 2001 ; 132(1) : 63-9, JR Piltz-Seymour et al) {www.ajo.com} {piltz@mail.med.upenn.edu}
Cette étude inclut 21 yeux suspects de GPAO, caractérisés par une pression intra-oculaire supérieure à 21 mmHg sans traitement et un champ visuel (CV) normal (Humphrey 24-2 ou 30-2, stratégie de seuil). La vascularisation du nerf optique (NO), étudiée par doppler, a été comparée à celle de 22 yeux atteints de GPAO et de 15 yeux témoins. Les mesures ont été effectuées à différents niveaux du NO. En comparaison avec les témoins, le flux sanguin était significativement abaissé chez les patients suspects de GPAO, en particulier en temporal de l'anneau neuro-rétinien et au niveau de l'excavation. Aucune différence n'étant apparue entre les GPAO avérés et les sujets suspects de GPAO, il est probable que les anomalies circulatoires sont précoces dans la maladie glaucomateuse et qu'elles ne sont pas seulement la conséquence du glaucome.

Epaisseur cornéenne centrale, tonométrie et biométrie en cas de glaucome ou d'hypertonie oculaire (J Glaucoma 2001 ; 10(3) : 206-10, RP Singh et al)
Plusieurs groupes d'yeux non traités (117 en tout) ont été comparés : hypertonies oculaires, glaucomes primitifs à angle ouvert (GPAO), glaucomes à pression normale (GPN), suspicions de glaucome et témoins. L'épaisseur du cristallin était corrélée positivement à l'âge, et négativement à la profondeur de la chambre antérieure. L'épaisseur cornéenne était significativement plus élevée en cas d'hypertonie oculaire, moins élevée en cas de GPN, et intermédiaire chez les GPAO et les sujets normaux. Une différence de 0,2 mmHg de tension oculaire (TO) mesurée par aplanation correspondait à une variation de 10 µm d'épaisseur cornéenne centrale : faible corrélation, qui était plus marquée en tonométrie à air. L'épaisseur cornéenne semble donc peu influencer la valeur de la TO, mais il est conseillé d'en tenir compte si elle diffère trop de la normale, pour plus de précision diagnostique et thérapeutique.

Autokératoplastie ipsilatérale de rotation en cas de cicatrice cornéenne centrale (Cornea 2001 ; 20(5) : 455-7, S Murthy et al)
Une autokératoplastie ipsilatérale de rotation a été utilisée chez 27 patients pour traiter des cicatrices cornéennes centrales dues principalement à des traumatismes ou des kératites. Seuls 22 patients ont pu être suivis, et l'ont été en moyenne un an. L'acuité visuelle finale a atteint au moins 20/80 dans environ 60% des cas et l'astigmatisme moyen était de 4,25 D. Les troubles de la cicatrisation ont constitué l'essentiel des complications, et si 19 greffons sont restés clairs, 3 se sont soldés par un échec. D'après leur expérience, les auteurs estiment que cette méthode, controversée, peut être une alternative efficace et sans danger à la kératoplastie transfixiante dans certains cas, s'il existe par exemple une forte probabilité de rejet de greffe. Ils soulignent toutefois la nécessité d'études complémentaires prospectives associant en particulier microscopie spéculaire pré-opératoire et topographie cornéenne post-opératoire.

Rétinopathie et mélanome malin cutané (Am J Ophthalmol 2001 ; 132(2) : 273-5, LM Borkowski et al) {www.ajo.com}
Les auteurs rapportent les cas de 2 patients atteints de mélanome malin cutané métastasé et porteurs d'une rétinopathie d'aspect atypique par rapport aux rétinopathies paranéoplasiques associées à ces mélanomes et décrites dans la littérature. Une étude immunologique, réalisée sur des coupes de rétine d'origine humaine a montré la présence dans le sérum des 2 malades d'anticorps dirigés contre les cellules bipolaires rétiniennes. A noter qu'un des 2 patients avait aussi développé un vitiligo. Il s'agit de manifestations d'auto-immunité, qui peuvent donc être observées en cas de mélanome cutané avec localisations secondaires ou de rétinopathie paranéoplasique associée à un mélanome, et être responsables des lésions inhabituelles du fond d'oeil constatées au cours de ces 2 observations.

Cryothérapie pour rétinopathie des prématurés : résultats à 10 ans (Arch Ophthalmol 2001 ; 119(8) : 1110-8, Cryotherapy for retinopathy of Prematurity Cooperative group)
Cette étude multicentrique a inclus 291 enfants prématurés, de poids de naissance inférieur à 1251g., atteints de rétinopathie des prématurés (RDP) uni- ou bilatérale. Parmi les 240 RDP symétriques, un oeil a été randomisé chez chaque enfant pour recevoir une cryothérapie, l'autre étant surveillé. Parmi les 51 RDP unilatérales, l'oeil malade a été traité ou non, après randomisation. Dix ans après le traitement 247 enfants ont été revus. Les résultats obtenus, évalués sur l'acuité visuelle de loin et de près et sur l'aspect du fond d'oeil, sont meilleurs dans le groupe traité, avec un risque de cécité plus faible, et le nombre de décollement de rétine total est presque 2 fois plus important dans le groupe témoin. A 10 ans apparaît donc un bénéfice de la cryothérapie, contredisant une évaluation intermédiaire, qui, à la 6ème année du suivi, semblait montrer un meilleur pronostic fonctionnel chez les yeux non traités.

Biomicroscopie ultrasonique (UBM) et rétinoschisis dégénératif (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(8) : 976-82, G Mannino et al)
En cas de rétinoschisis dégénératif, l'examen précis du fond d'oeil peut être difficile. L'intérêt de l'UBM pour analyser et visualiser le corps ciliaire et l'extrême périphérie rétinienne a donc été testé sur 18 yeux atteints et porteurs de formations kystiques de la pars plana, après examen clinique par ophtalmoloscopie indirecte et verre à 3 miroirs, aidé d'une indentation sclérale. Ces aspects kystiques ont ainsi pu être étudiés et leurs rapports anatomiques avec la rétine et l'ora serrata précisés. Situés au niveau de la pars plana, ils étaient isolés, confluents ou en grappes, de taille et de forme variables. L'UBM a permis de reconnaître et d'étudier le schisis et les zones de dégénérescence microkystiques, mais a pu aussi, pour 6 yeux, faire le diagnostic différentiel avec un décollement de rétine associé. C'est donc un examen intéressant dans cette indication.

DMLA compliquée et lipides alimentaires (Arch Ophthalmol 2001 ; 119(8) : 1191-9, JM Seddon et al) {www.archophthalmol.com} {Johanna_Seddon@meei.harvard.edu}
Pour évaluer l'influence de la consommation de différentes graisses alimentaires sur le risque de survenue d'une DMLA compliquée de néovascularisation, cette étude multicentrique a comparé 349 personnes atteintes (âgées de 55 à 80 ans) à 504 individus témoins, originaires de la même région et indemnes de toute maladie ophtalmologique. Le calcul du risque relatif a dû tenir compte de l'âge, du sexe, du niveau d'éducation, du tabagisme et des autres facteurs de risque pour rendre les 2 groupes comparables. A l'issue de ce travail, il semble que le risque de DMLA compliquée augmente avec la quantité de graisses d'origine végétale, d'acides gras mono- et poly-insaturés et d'acide linoléique ingérés, plutôt qu'avec la consommation de graisses totale. A l'inverse, l'absorption importante d'oméga-3 et de poisson paraît avoir un effet protecteur dans les cas où la consommation d'acide linoléique est réduite.

Oedème papillaire révélateur d'une endophtalmie à Propionibactérium Acnes (Am J Ophthalmol 2001 ; 132(2) : 259-61, GA Kouyoumdjian et al) {www.ajo.com} {gregory.kouyoumdjian@uchsc.edu}
Un patient de 79 ans opéré de cataracte avec mise en place d'un implant de chambre postérieure (ICP), s'est présenté 9 mois plus tard avec une chute de la meilleure acuité visuelle corrigée de cet oeil (20/60) et un déficit du champ visuel (CV) supérieur en rapport avec un oedème papillaire. L'oeil était calme. A un an de l'intervention sont apparues des opacités denses, en plaques, de la capsule postérieure du cristallin avec aggravation de la baisse d'acuité visuelle (BAV). Une résection capsulaire chirurgicale partielle avec vitrectomie et injection intravitréenne d'antibiotiques ont donc été réalisées. L'analyse des opacités capsulaires a mis en évidence du Propionibactérium Acnes. Cette observation semble donc montrer qu'à la suite d'une phacoexérèse avec pose d'un ICP, les endophtalmies lentes dues à ce germe pourraient se traduire par un oedème papillaire avec BAV et anomalies du CV.

Précision du calcul d'implant avant phacoexérèse chez l'enfant (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(8) : 939-41, C. Tromans et al)
Les dossiers de 40 enfants (52 yeux) pseudophakes ont été repris pour connaître la marge d'erreur du calcul de la puissance de l'implant avant chirurgie de la cataracte. Pour cela différents paramètres ont été pris en compte : la kératométrie, la longueur axiale, l'âge auquel l'intervention avait été pratiquée et la différence entre la réfraction souhaitée et la réfraction constatée au 3ème mois post-opératoire. En moyenne, tous âges et toutes longueurs axiales confondus, la précision du calcul d'implant a été estimée satisfaisante. Mais pour une longueur axiale inférieure à 20 mm ainsi que pour les enfants de moins de 3 ans, l'erreur réfractive moyenne était un peu supérieure à 2,50 Dioptries, ce qui est statistiquement significatif par rapport aux autres enfants. Les auteurs concluent donc à la nécessité d'établir une formule de calcul d'implant spécifiquement destinée à l'ophtalmo-pédiatrie.