Retour à la page d'accueil du site snof.org
Semaine du 17 au 23 septembre 2001
Triple chambre
antérieure après kératoplastie lamellaire
profonde pour dystrophie cornéenne grillagée
(Cornea 2001 ; 20(5) : 530-3, K Hirano et al)
A la suite d'une kératoplastie lamellaire profonde, qui
s'était déroulée sans incident, pour dystrophie
cornéenne grillagée de type I et baisse
d'acuité visuelle (AV) à 20/200, une patiente a
développé quelques jours après la chirurgie un
aspect de "triple chambre antérieure", dû à la
formation d'espaces anormaux en arrière du greffon, et bien
visibles en OCT, alors que l'examen à la lampe à fente
était gêné par un oedème cornéen
sévère. La régression a été
spontanée et a permis d'obtenir une AV de 20/20 au 3ème
mois. Cette complication était liée d'une part
à la perte d'adhésion entre le stroma postérieur
du greffon et les structures cornéennes profondes du
receveur, et d'autre part à un décollement de la
membrane de Descemet. Cette dernière a été
attribuée à une dysfonction de la protéine
TGFBI, par mutation génétique, mise ici en
évidence par analyse moléculaire de l'ADN.
Résultats
visuels à long terme de la chirurgie filtrante (Am J
Ophthalmol 2001 ; 132(1) : 27-35, CE Parc et al) http://www.ajo.com
Cette étude rétrospective a inclus 73 yeux de 49
patients glaucomateux traités par chirurgie filtrante et
suivis 10 ans. La pression intra-oculaire moyenne était en
pré-opératoire de 27,6 +/- 8,5 mmHg, et dix ans
après de 14,7 +/- 3 mmHg. Quelques complications ont
été observées: 3 perforations tardives de la
bulle de filtration et 2 endophtalmies. La probabilité pour
ces patients d'être opérés d'une cataracte
à 10 ans était supérieure à 1/3 des cas,
mais peu différente de celle de sujets comparables n'ayant pas
d'antécédents chirurgicaux. Au terme du suivi, 46% des
yeux avaient atteint la cécité légale. Dans ce
groupe, le contrôle de la PIO était aussi satisfaisant,
voire meilleur, que pour les patients dont la vision avait
été préservée, mais au moment de la
chirurgie les altérations du champ visuel étaient plus
profondes avec des scotomes plus étendus.
Influence de la
chirurgie de la cataracte sur le champ visuel automatisé en
cas de glaucome (Am J Ophthalmol 2001 ; 132(1) : 41-6, K Hayashi
et al) {www.ajo.com} hayashi-ken@hayashi.or.jp
Afin d'objectiver les modifications induites par une
phacoexérèse, sur un champ visuel (CV) glaucomateux,
105 yeux ont eu une périmétrie automatisée
(Humphrey 30-2) avant puis un mois après l'intervention. Les
patients ont été répartis en 2 groupes, selon la
présence ou l'absence de scotome profond (sensibilité
inférieure ou égale à 5 dB) sur le premier CV.
Dans cette série, après comparaison des 2 CV, il
apparaît que la cataracte n'est pas responsable de scotomes
profonds, qui n'ont pas régressé significativement
après la chirurgie, mais qu'en provoquant des scotomes plus
relatifs, elle peut occulter certains troubles du CV d'origine
glaucomateuse en pré-opératoire. L'existence de
scotomes denses d'origine glaucomateuse, est compatible avec un bon
résultat visuel post-opératoire (ici en moyenne 20/25)
lorsqu'ils ne sont pas trop étendus.
Papillomavirus
et ptérygion (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(7) : 782-4, MJ
Gallagher et al)
La présence de 21 types de papillomavirus humains (PVH) a
été recherchée par PCR sur 10 fragments
conjonctivaux obtenus par exérèse de ptérygion.
Les résultats ont été comparés à
10 prélèvements témoins positifs issus de
l'exérèse de papillomes conjonctivaux, et 20
négatifs provenant d'échantillons de conjonctive
atteinte de mélanose primitive (10) et de mélanome
malin (10). Les différents groupes étaient comparables
en matière de race, d'âge et de sexe. La mise en
évidence de PVH a concerné 9 papillomes conjonctivaux
sur 10, et 5 ptérygions sur 10, mais aucun cas dans les
autres groupes. Les types de PVH retrouvés étaient en
cas de papillome comme en cas de ptérygion, les : 6, 11 et 16.
Ceci laisse supposer que ces PVH pourraient intervenir dans
l'étiopathogénie des ptérygions. Pour savoir
s'ils interviennent aussi dans la récidive des cas
opérés, des études complémentaires sont
souhaitables.
Epaisseur
cornéenne centrale dans les glaucomes à pression
normale (GPN), primitifs à angle ouvert (GPAO), par
pseudoexfoliation capsulaire (PEC) et en cas d'hypertonie oculaire
(Br J Ophthalmol 2001 ; 85(7) : 792-5, AC Ventura et al)
La pachymétrie a récemment montré que la
cornée centrale était plus épaisse en cas
d'hypertonie oculaire et plus fine dans les glaucomes à
pression normale, en comparaison avec les yeux normaux. Les auteurs
ont mesuré la pression intra-oculaire (PIO) par aplanation et
l'épaisseur cornéenne centrale de 100 yeux : 34 GPN, 20
GPAO, 13 PEC, 12 hypertonies et 21 témoins, par
réflectométrie en cohérence optique, plus
précise que la pachymétrie ultrasonique. Dans cette
série, les patients hypertones étaient
significativement plus jeunes et avaient une cornée
significativement plus épaisse que les 4 autres groupes, qui,
entre eux, ne présentaient pas de différences. Un
nombre important de patients hypertones ont donc une PIO normale si
l'on tient compte de l'épaisseur cornéenne. Ces
résultats doivent être utilisés pour augmenter la
précision des diagnostics et des études
cliniques.
Corticothérapie
locale versus larmes artificielles après LASIK : une
étude prospective randomisée (Ophthalmology 2001 ;
108(7) : 1236-1244, FWJr Price et al)
La corticothérapie locale est-elle indispensable après
LASIK ? Pour le savoir, 1747 yeux opérés pour des
myopies allant jusqu'à -16 D. avec astigmatisme
inférieur à 6 D., ont été
examinés. Lors de cette étude randomisée en
double insu, les patients ont reçu des corticoïdes
topiques ou des larmes artificielles. En post-opératoire, la
stabilité de la réfraction, la meilleure acuité
visuelle avec et sans correction, la diminution de la myopie, la
prédictibilité des résultats, la recherche d'un
haze, la mesure de la tension oculaire, les complications et la
survenue d'effets indésirables ont permis de comparer les 2
groupes. Selon les auteurs, il semble que la corticothérapie
locale systématique ne soit pas utile, d'autant qu'elle
était ici associée à une régression du
résultat réfractif chez les plus fortes myopies
(>-7,25), mais en post-opératoire il est facile
d'identifier les yeux qui nécessitent des corticoïdes
locaux.
Traitement du
kératocône par kératoplastie lamellaire profonde
avec cornée lyophilisée (Br J Ophthalmol 2001 ;
85(7) : 788-91, AG Coombes et al)
Quarante-deux patients (44 yeux) porteurs de kératocônes
ont bénéficié d'une kératoplastie
lamellaire profonde à base de greffon conservé par
lyophilisation, puis ont été suivis en moyenne 2 ans.
Avantages et inconvénients de la méthode sont
détaillés. Différentes complications sont
survenues : 9 perforations per-opératoires de la membrane de
Descemet, 5 duplications post-opératoires de chambre
antérieure, dont 3 spontanément résolutives, et
2 ulcérations épithéliales persistantes, dont
une a nécessité la mise en place d'un nouveau greffon.
En post-opératoire, la meilleure acuité visuelle (AV)
moyenne corrigée était de 6/9, mais pour 7 patients
ayant des troubles mentaux, l'évaluation de l'AV a
été difficile. Après un an, l'AV finale
était significativement meilleure, 40% des yeux atteignant ou
dépassant 6/6. La réfraction post-opératoire
moyenne obtenue était de +0,28 en sphère et 3,85 en
cylindre.
Nécrose
progressive des couches externes de la rétine (PORN) et bons
résultats visuels au cours d'un lymphome (Am J Ophthalmol
2001 ; 132(1) : 117-20, RE Foster et al) {www.ajo.com}
{refcei@cintieye.com}
Un patient de 43 ans, HIV négatif et traité pour un
lymphome, a développé dans un contexte
d'immunodépression sévère, une nécrose
rétinienne unilatérale de type PORN. Le traitement a
associé deux antiviraux : foscarnet et ganciclovir, à
des gammaglobulines intra-veineuses (0,5 gm/kg/j pendant 5 jours).
Une corticothérapie orale a été instituée
dès le deuxième jour de traitement. Malgré le
terrain, la rétinite a été
contrôlée d'emblée. L'acuité visuelle
finale, au terme d'un suivi de 10 mois, était de 20/30. Bien
que le mode d'action spécifique des gammaglobulines en cas de
PORN soit inconnu, une amélioration rapide a été
obtenue chez ce patient et la fonction visuelle a été
préservée. Ce traitement pourrait donc peut-être
être proposé dans d'autres cas de rétinites
infectieuses chez les immunodéprimés.