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Semaine du 3 au 9 septembre 2001

Granulomes conjonctivaux induits par un trematode (Ophthalmology 2001 ; 108(7) : 1223-29, S. Rathinam et al)
Ce travail prospectif inclut 41 enfants du sud de l'Inde, présentant des signes de conjonctivite allergique avec aspect de granulome conjonctival. Si le nodule conjonctival était de petite taille, un traitement médical était prescrit, mais 13 patients dont le nodule mesurait plus de 5mm ont été biopsiés. Chez 9 d'entre eux, l'examen histologique a montré une inflammation granulomateuse avec polynucléaires éosinophiles, dont 4 associées à des structures parasitaires de trematode. Dans les 4 autres cas, il existait une inflammation associant : lymphocytes, histiocytes, éosinophiles. En retraçant l'histoire de la maladie, il s'est avéré que tous les enfants avaient été en contact avec des eaux douces de baignade. Dans cette région, certains granulomes conjonctivaux de l'enfant d'allure allergique sont donc d'origine parasitaire. Des études épidémiologiques et sur le cycle du parasite sont souhaitables.

Chirurgie de la cataracte : comparaison des anesthésies topique et sous-ténonienne (J Cataract Refract Surg 2001 ; 27(6) : 873-9, P Zafirakis et al)
100 patients porteurs de cataracte bilatérale ont été randomisés pour recevoir une anesthésie topique ou sous-ténonienne pour la chirurgie du premier oeil. Puis, pour permettre la comparaison, le deuxième oeil a bénéficié de l'autre mode d'anesthésie. Les opérés ont dû estimer de 0 à 10 le degré de douleur ou d'inconfort ressenti à différents moments de la chirurgie, alors que le chirurgien avait noté en parallèle le déroulement de l'intervention. Si les 2 méthodes ont permis de contrôler efficacement la douleur sans sédation complémentaire, des différences significatives ont été retrouvées selon le temps de la chirurgie testée : la topique a procuré un moins grand confort pendant la phacoexérèse et 30 minutes après, mais expose à moins de complications, alors que la sous-ténonienne est plus douloureuse au moment où elle est pratiquée, et peut être responsable d'une gène persistante à la 24ème heure.

Phacoémulsification et incision de 1,4 mm (J Cataract Refract Surg 2001 ; 27(6) : 934-40, H Tsuneoka et al)
Pour étudier la technique de phacoémulsification au travers d'une incision de 1,4 mm les auteurs ont utilisé des yeux de porc et séparé la sonde délivrant les ultrasons de l'infusion. Celle-ci a été mise en place au niveau d'une deuxième porte d'entrée cornéenne de même taille que la première. La température a été surveillée en regard de l'incision principale : aucune élévation importante n'a été constatée tant que l'irrigation était suffisamment efficace. Il n'y a donc pas eu de brûlure cornéenne consécutive à la chirurgie. La canule d'infusion, coudée, et qui a permis de maintenir une bonne profondeur de chambre antérieure, est décrite ainsi que la technique. En conclusion, la phacoexérèse dans ces conditions et avec une incision principale de taille réduite semble tout à fait possible et sans danger, et en particulier ne provoque pas de brûlure cornéenne au niveau de la cicatrice.

Incidence des neuropathies optiques ischémiques non artéritiques (NOINA) après chirurgie de la cataracte (Ophthalmology 2001 ; 108(7) : 1275-8, TJ McCulley et al)
Le tableau de neuropathie optique ischémique associe une baisse d'acuité visuelle brutale, des anomalies du champ visuel dues aux lésions des fibres optiques, un déficit pupillaire afférent relatif et un oedème papillaire. Pour savoir si l'incidence des NOINA était augmentée par des antécédents de chirurgie de la cataracte, les auteurs ont repris les dossiers de 5787 opérés âgés de 50 ans ou plus, et comptabilisé les cas survenus dans l'année post-opératoire. Seuls 3 cas ont été constatés, portant le risque de NOINA à 51,8 pour 100000 à 6 mois de l'intervention, et à 34,6 pour 100000 à 6 semaines. Ces chiffres, comparés à l'incidence dans la population générale, mettent en évidence une augmentation de fréquence des NOINA après extraction de la cataracte. Toutefois ce risque, estimé à un cas pour 2000 opérés, est faible, et les patients particulièrement exposés sont ceux qui avaient déjà eu une NOINA controlatérale.

LASIK et photokératectomie réfractive (PKR) en complément des implants intra-oculaires chez le phake, en cas de trouble réfractif résiduel (J Refract Surg 2001 ; 17 : 299-304, CA Sanchez-Galeana et al)
Les implants de chambre postérieure (ICP) sur oeil phake peuvent être utilisés pour corriger de fortes myopies, mais ne corrigent pas l'astigmatisme éventuellement associé. Les auteurs ont suivi 37 yeux implantés pour des myopies allant de -9,75 à -28,00 D., dont 28 ont eu un LASIK et 9 une PKR en complément, dans le but d'obtenir une emmétropie. Les résultats réfractifs à 3 mois, exprimés en équivalent sphérique moyen, étaient de : -0,24 +/- 0,52 D. Ils sont comparés aux données de la littérature. Quelques complications ont été relevées : 3 discrètes opacifications de capsule antérieure, un capot libre au cours d'un LASIK, une reprise chirurgicale pour résultats insuffisants après LASIK, une hémorragie maculaire en rapport avec une chorio-rétinopathie myopique, une hypertonie oculaire cortico-induite. Ce travail montre que le LASIK ou la PKR peuvent être utilisés dans cette indication.

Variabilité d'épaisseur cornéenne au cours du nycthémère : une étude en OCT (Tomographie en cohérence optique) (Cornea 2001 ; 20(5) : 480-3, Y Feng et al)
L'épaisseur cornéenne centrale de 10 volontaires sains a été mesurée en OCT à plusieurs reprises sur 24 heures, pour en étudier les variations dues à l'oedème nocturne et à son évolution au cours de la journée. Un des 2 yeux était occlus la nuit jusqu'à l'examen du matin. Les mesures de référence initiales ne montraient pas de différence significative entre les yeux examinés et les yeux témoins. Dès le retrait de l'occlusion, le matin, on constatait un épaississement cornéen de 5,5% et épithélial de 8,1%, significatif. Les valeurs, restées stables sur les yeux témoins, s'étaient normalisées 2 heures plus tard pour l'épithélium, mais seulement 4 heures plus tard pour la cornée, qui récupère donc plus lentement. L'OCT peut donc être utile pour explorer le segment antérieur.

Vision et travail sur écran (Les cahiers d'ophtalmologie 2001 ; 51 : 7-11, B Mouchet)
L'an dernier, le CNRS a enquêté sur 277 personnes travaillant sur écran : 76% se plaignaient de fatigue visuelle, d'autant que le temps passé sur écran augmentait et qu'il existait des troubles de réfraction. Travailler sur écran et clavier nécessite l'adaptation constante de l'accommodation, de l'oculomotricité et de la posture. Dans ce contexte, les moyens d'équiper les presbytes sont détaillés : simple foyer, double foyer ou demi-lune, solution qui risque d'entraîner le plus d'inconfort ou, le meilleur choix, les verres progressifs. Ces derniers doivent être bien choisis et l'auteur cite l'intérêt des verres de proximité. Des conseils sont énoncés : rechercher et corriger tout défaut visuel, placer l'écran perpendiculaire aux fenêtres et le haut du moniteur au niveau des yeux, ne pas faire différer de plus de 20 cm les distances yeux/écran et yeux/document, faire des pauses et signaler tout trouble au médecin du travail...

Les troubles du sommeil sont-ils un facteur de risque de glaucome à pression normale (GPN)? (J Glaucoma 2001 ; 10(3) : 177-83, DM Marcus et al) {dmarcus@mail.meg.edu}
Trois groupes de patients d'âge, de race, d'antécédents médicaux et d'index de masse corporelle comparables, ont été inclus dans cette étude. Parmi les 23 GPN, les 14 suspicions de GPN et les 30 sujets indemnes de GPN, seuls ceux qui décrivaient des troubles du sommeil, et qui ont accepté l'examen, ont eu un enregistrement polysomnographique, soit respectivement : 9, 4 et 1 patients. Pour près de 80% des GPN et 100% des suspicions de GPN enregistrés, des troubles respiratoires ont été mis en évidence, dont une majorité d'apnée du sommeil. D'après ces résultats, les troubles respiratoires du sommeil pourraient être un facteur de risque de GPN, et bien que ce travail n'ait pas mis en évidence de relation de cause à effet, les auteurs conseillent de bien interroger les patients atteints de GPN et de leur proposer un enregistrement polysomnographique en cas de symptômes de troubles du sommeil.

Kératoplastie transfixiante et mise en place d'un tube de drainage de l'humeur aqueuse par la pars plana en cas de glaucome et de maladie cornéenne associés (Ophthalmology 2001 ; 108(6) : 1050-1058, PA Sidoti et al) {psidoti@nyee.edu}
Il s'agit de l'étude rétrospective de 34 yeux, suivis de 0 à 31,8 mois, opérés de kératoplastie transfixiante et ayant reçu un tube de drainage de l'humeur aqueuse par la pars plana pour glaucome, avant, simultanément ou après la greffe. Dans 85% des cas, l'acuité visuelle finale était améliorée ou stable par rapport à sa valeur pré-opératoire. Cette technique, qui nécessite une vitrectomie complète, comporte un risque accru de complications sur le segment postérieur, mais elle évite les déplacements du tube, qui s'observent s'il est mis en place au niveau du limbe. Malgré la diminution avec le temps du contrôle de la tension oculaire (62% de succès au 24ème mois) et de la clarté du greffon (41% de succès au 24ème mois), les auteurs pensent que cette technique peut être conseillée. D'autres études sont attendues pour savoir si poser le tube par la pars plana plutôt qu'au limbe augmente la durée de survie du greffon cornéen.

Lithiase du sac lacrymal : facteurs de risque et aspects cliniques (Ophthalmology 2001 ; 108(7) : 1308-12, B Yazici et al)
La présentation clinique d'une obstruction du canal lacrymo-nasal peut différer selon qu'elle s'associe ou non à une lithiase du sac lacrymal. La présence de calculs est souvent découverte en per-opératoire lors d'une dacryocystorhinostomie (DCR). Pour mieux en cerner les facteurs de risques, l'analyse rétrospective de 163 cas de DCR est présentée. Parmi elles, il existait 12 cas de lithiase lacrymale. Ces patients ont été comparés avec ceux qui étaient indemnes de calculs. Aucune différence d'âge, de durée d'évolution du larmoiement, d'antécédents de dacryocystite, ni d'utilisation n'a été constatée. Mais des différences significatives sont apparues pour le sexe masculin, la présence d'une distension du sac lacrymal et le tabagisme, qui semblent augmenter le risque de lithiase. Ces résultats pourraient être utiles pour planifier le protocole opératoire en cas d'obstruction lacrymale.