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Semaine du 16 au 22 juillet 2001
Epithéliopathie
neurotrophique, présumée induite par le LASIK
(Ophthalmology 2001 ; 108(6) : 1082-1087, SE Wilson)
Ce travail rétrospectif compare les yeux de 19 patients
opérés de LASIK et ayant développé 1
à 3 mois plus tard une kératite ponctuée
superficielle de gravité variable, aux yeux de 19 autres
opérés, indemnes de cette complication. Test de Shirmer
sans anesthésie, topographie cornéenne,
différence entre les résultats réfractifs
attendus et obtenus (en équivalent sphérique) et
baisse de la meilleure acuité visuelle corrigée (MAVC)
ont été étudiés. Entre les 2 groupes,
aucune différence significative n'a été mise en
évidence pour la production de larmes, la topographie
cornéenne ni la réfraction, mais certains patients ont
eu une baisse transitoire de la MAVC. Devant ces résultats,
l'auteur émet l'hypothèse que ces kératites,
qui se sont résolues autour du 6ème mois
post-opératoire et étaient plus graves en cas d'oeil
sec pré-existant, sont probablement d'origine neurotrophique
et liées au LASIK.
Signes du
syndrome des "bébés secoués" (Curr Opin
Ophthalmol 2001 ; 12(3) : 158-163, JD Kivlin)
Le syndrome des "bébés secoués" témoigne
de mauvais traitements infligés à des enfants de moins
de 3 ans et les médecins doivent être capables de le
reconnaître. Le tableau clinique peut associer des fractures
d'âges différents, et en particulier des fractures de
côtes, un hématome cérébral sous-dural et
des hémorragies rétiniennes dont la localisation et le
type sont variables. Bien que non indispensables pour faire le
diagnostic, les hémorragies du fond d'oeil, si elles sont
bilatérales et étendues, sont très
évocatrices de maltraitance, et doivent donner lieu à
une enquête. Mais en l'absence d'aspect pathognomonique, la
recherche des autres étiologies d'hémorragies
rétiniennes est indispensable. Des photographies du fond
d'oeil peuvent être très utiles pour faire valoir les
droits de l'enfant auprès de la justice.
Blessures
oculaires dues au "paintball" (Curr Opin Ophthalmol 2001 ; 12(3)
: 186-190,MS Fineman)
La pratique du "paintball" attire un nombre croissant d'adeptes, ce
qui se traduit par une augmentation inquiétante de la
fréquence des blessures oculaires. Les protections
spécifiquement conçues pour ce type de sport sont
très efficaces, mais leur mauvais usage fait que des
traumatismes oculaires graves sont de plus en plus souvent
observés. Actuellement la pratique du "paintball" en dehors de
lieux prévus à cet effet et donc sans surveillance, et
où le port de protections n'est pas imposé, contribue
à la généralisation de tels accidents. L'auteur
rappelle que des normes existent depuis peu pour la fabrication de
ces protections et suggère de rendre leur utilisation
obligatoire pour toute personne pratiquant le "paintball".
Implants
intraoculaires en "piggyback" en cas de microphtalmie (J
Cataract Refract Surg 2001 ; 27(6) : 934-940, H Tsuneoka)
La pose de 2 implants de chambre postérieure (ICP) en
"Piggyback" (=superposition) dans le sac capsulaire après
extraction du cristallin est utile lorsque de fortes puissances sont
nécessaires. Les auteurs rapportent les cas de 5 yeux
microphtalmes et hypermétropes forts dont la longueur axiale
était inférieure à 17 mm, opérés
par phacoémulsification. Le calcul des implants pour obtenir
l'emmétropie variait de +32 à +55 Dioptries. Des ICP en
acrylique ont été utilisés. Les interventions
se sont déroulées sans incident et l'acuité
visuelle avec et sans correction a nettement augmenté. Les
complications post-opératoires, peu importantes (suivi moyen
de 14,8 mois) étaient : 2 cas de synéchies
postérieures et 2 opacifications modérées entre
les ICP. Mais il existait une hypermétropie résiduelle,
la puissance de l'ICP ayant été sous-estimée
par la formule de calcul utilisée. L'intérêt de
la technique est discuté.
Mélanome
malin de la conjonctive et mélanoses primitives acquises
présentant des atypies : place de la greffe de membrane
amniotique (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(6) : 658-661, D Paridaens
et al)
Quatre patients traités pour mélanome malin
conjonctival primitif invasif par exérèse large, ont
reçu une greffe de membrane amniotique. Ce tissu,
prélevé stérilement et selon protocole, a
l'avantage d'être transparent (il facilite le suivi
post-opératoire) et plus fin que les greffes d'origine
muqueuse. Dans 3 cas, le mélanome étant limbique et
situé sur la conjonctive bulbaire, les suites
post-opératoires ont été assez simples, mais un
patient, dont la tumeur atteignait le fornix et la conjonctive
palpébrale a développé un symblépharon
avec limitation de l'oculomotricité. Un oeil a reçu de
la mitomycine topique pour récidive de mélanose
primitive acquise. Le suivi post-opératoire variait de
quelques mois à 3 ans. Dans ces indications, la greffe de
membrane amniotique permet de réparer de larges défects
de conjonctive mais sa place reste à définir si le
fornix ou la conjonctive palpébrale sont envahis.
Chirurgie de la
cataracte chez les patients Sud-Coréens atteints de
lèpre : acceptation et résultats (Br J Ophthalmol
2001 ; 85(6) : 643-647, P Courtright et al)
Chez les patients sud-coréens atteints de lèpre, la
cataracte est la principale cause de cécité, et sa
prévalence aura tendance à augmenter avec
l'espérance de vie. Les obstacles à la prise en charge
peuvent être liés aux médecins, qui assurent que
la cataracte n'est pas "mûre" ou aux malades qui estiment ne
pas avoir besoin de la chirurgie. Les résultats visuels
post-opératoires montrent que la cécité persiste
chez 71% des aphakes, 14% des pseudo-phakes et seulement 3% des
pseudo-phakes corrigés par lunettes. Il est donc indispensable
de développer des programmes visant à améliorer
cette situation, en informant les patients, en leur facilitant
l'accès à une chirurgie de qualité, en formant
les professions de santé à diriger les malades qui le
nécessitent vers les centres spécialisés et en
améliorant les résultats réfractifs.
Evolution de la
réfraction chez les enfants atteints du syndrome de Down
(Br J Ophthalmol 2001 ; 85(6) : 714-719, OH Haugen et al)
L'évolution de la réfraction a été
étudiée par skiascopies répétées
chez 60 enfants atteints de trisomie 21, suivis en moyenne 55 mois.
Selon les cas, on parlait d'hypermétropie stable (faible,
moyenne ou forte), croissante ou décroissante avec passage
à la myopie ou anisométropie. L'accommodation
était insuffisante chez plus de la moitié des enfants,
pouvant expliquer le taux élevé d'anomalies de la
réfraction dans cette population. Une accommodation normale
était statistiquement corrélée à une
hypermétropie peu importante et stable. Lors du dernier
examen, 57% des yeux étaient astigmates, le plus souvent
conformes à la règle. Parmi les astigmatismes
obliques, l'axe était de l'ordre de 135° pour les yeux
droits et de 45° pour les yeux gauches. Cette
particularité semble être d'origine mécanique et
liée à l'obliquité de la fente palpébrale
dans le syndrome de Down.
Vitrectomie par
la pars plana pour oedème maculaire cystoïde dans les
uvéites de la sarcoïdose (Ophthalmology 2001 ;
108(6) : 1140-1144, J Kiryu et al)
Dix-huit yeux porteurs d'oedème maculaire cystoïde (OMC)
secondaire à une uvéite sarcoïdosique,
résistant au traitement médical, ont été
opérés de vitrectomie par la pars plana. Pour la
moitié d'entre eux a été associée une
dissection de membrane épimaculaire ou une ablation du cortex
vitréen postérieur. Si dans 56% des cas,
l'acuité visuelle s'est améliorée, elle est
restée stable dans 33% et a chuté dans 11% des cas.
Dans près de 80% des cas, l'OMC avait disparu lors de
l'examen à la lampe à fente au 9ème mois
post-opératoire. Malgré les complications
observées - cataracte, glaucome, atrophie optique, membrane
épi-rétinienne et décollement de rétine
tractionnel - les auteurs concluent que la vitrectomie peut avoir un
effet favorable sur l'OMC des uvéites sarcoïdosiques
lorsqu'il résiste au traitement médical. Aucune
récidive inflammatoire sévère n'a
été constatée après
l'intervention.
Apparition d'une
deuxième tumeur primitive après rétinoblastome
héréditaire : recherche d'une relation avec
l'âge de l'irradiation. Une étude de 1945 à
1997 (Ophthalmology 2001 ; 108(6) : 1109-1114, AC Moll et al)
{a.moll@azvu.nl}
Sur un total de 263 rétinoblastomes
héréditaires, l'influence de la radiothérapie et
de l'âge auquel elle avait été
délivrée, sur l'apparition d'une 2ème tumeur
primitive, dans ou à l'extérieur du champ
d'irradiation, a été étudiée. Le
pinéaloblastome a bien sûr été exclus
puisqu'il fait partie du rétinoblastome trilatéral.
Les patients ont été séparés en 3 groupes
: 1) radiothérapie avant l'âge d'un an, 2) après
un an , 3) absence de radiothérapie. Les secondes tumeurs
observées chez les patients jusqu'à l'âge de 25
ans ont été dénombrées. De l'analyse
statistique de ces données, il ressort que le
rétinoblastome héréditaire comporte un risque
accru d'apparition d'une 2ème tumeur primitive, ce risque
étant plus élevé chez les sujets
irradiés précocement. Toutefois, le nombre de tumeurs
étant identique dans et à l'extérieur du champ
d'irradiation, la radiothérapie n'a pas été
considérée comme iatrogène dans ce
contexte.
Néovaisseaux
choroïdiens de la DMLA : thermothérapie par laser dye
jaune (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(6) : 708-713, MR Beintema et
al)
Cette étude pilote a inclus 24 yeux atteints de DMLA
exsudative. Les néovaisseaux choroïdiens (NVC) ont
été traités par thermothérapie au laser
dye jaune, dont la longueur d'onde est de 578 nm. La technique,
détaillée, visait à obtenir une coloration
grisâtre de la zone traitée. Dans 15 cas, l'occlusion
totale des NVC a été obtenue, dont 9 n'ont pas
récidivé au terme d'un suivi moyen de 5 mois
(extrêmes de 4 à 16 mois). Les résultats ont
été objectivés par l'examen du fond d'oeil et
l'angiographie en fluorescéine, qui a montré que la
circulation choroïdienne peut être
préservée. Pour 6 yeux, seules les modifications
pigmentaires du fond d'oeil témoignaient du traitement. Le
protocole et les paramètres d'utilisation de cette technique,
qui fait intervenir une température inférieure
à celle de la photocoagulation, demandent à être
précisés.
Décompensation
oculo-motrice et photokératectomie réfractive (PKR)
(J Refract Surg 2001 ; 17 : 380-382, G. Wu et al)
Huit cas de patients opérés de PKR bilatérale
pour myopie et se plaignant en post-opératoire de diplopie
binoculaire ou d'inconfort visuel, sont rapportés. Les
auteurs ont cherché la cause de cette décompensation
oculo-motrice, corrigeable par prismation. Le décentrement de
la photoablation, complication fréquente de la PKR, peut s'il
est trop prononcé, entraîner une diminution de la
meilleure acuité visuelle avec ou sans correction. Ce travail
montre la relation de cause à effet entre le
décentrement de la PKR et les anomalies de vision binoculaire
observées. En pré-opératoire, un bilan
orthoptique serait donc utile pour évaluer et prévenir
les risques de décompensation après chirurgie, qui
augmenteraient avec le degré de myopie et en cas de
limitation de l'oculo-motricité ou de l'amplitude de fusion.
Présentation
clinique et complications de la maladie de Coats, à propos de
150 cas (Am J Ophthalmol 2001 ; 131(5) : 561-571, JA Shields et
al) {www.ajo.com}
La maladie de Coats est une vasculopathie rétinienne
exsudative idiopathique sans signe de traction
vitréo-rétinienne, habituellement unilatérale
et plus fréquente chez les jeunes garçons. Dans cette
série, les signes d'appels étaient : une baisse
d'acuité visuelle (qui peut être sévère),
un strabisme, une leucocorie ou bien absents chez 8% des patients.
Au fond d'oeil, les anomalies vasculaires étaient
périphériques dans la plupart des cas (1% d'atteinte
maculaire). Parmi les complications ont été
observés des tableaux de néovascularisation
rétinienne, de glaucome néovasculaire, et dans
près de la moitié des cas un décollement de
rétine total, confirmé par échographie oculaire,
qui vérifiait aussi l'absence de masse associée. Le
principal diagnostic différentiel est le
rétinoblastome, mais on peut aussi évoquer d'autres
formes de rétinopathie exsudative. Pour les éliminer
la démarche diagnostique doit être très
précise.