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Semaine du 9 au 15 juillet 2001
Glaucome :
l'implant T.Flux réduit efficacement la pression
intra-oculaire (Ocular Surg news 2001 ; 12(5) : 22-23, par M.J.
Walsch) {www.ocularsurgerynews.com} {dahanelie@cis.co.za}
{andre.mermoud@ophtal.vd.ch}
Le T.Flux est un implant acrylique hydrophile biocompatible non
résorbable en forme de "T", utilisé pour
améliorer les résultats pressionnels de la chirurgie
filtrante non perforante. En empêchant les adhérences
entre le volet scléral de la sclérectomie profonde et
le trabéculum, il contribue à la formation et à
la persistance d'un espace intrascléral et favorise
l'évacuation de l'humeur aqueuse. Les résultats d'une
étude avec un suivi de 3 ans sont présentés : 27
yeux ont été implantés et 27 ont servi de
témoins, les 2 groupes ayant des glaucomes de gravité
équivalente. La technique opératoire, dont la
méthode de suture peu serrée du T.Flux est
détaillée. Sur les yeux implantés, la
réduction de la pression intra-oculaire était plus
importante et plus durable et aucune réintervention n'a
été nécessaire alors que 4 des
sclérectomies profondes sur les yeux non implantés ont
dû être révisées.
Rétinopathie
associée au traitement par Interféron (IF) alfa-2b
à forte dose (Am J Ophthalmol. 2001 ; 131(6) :
782-787, C. Hejny et al) {www.ajo.com}
L'IF alfa, pour ses propriétés
anti-angiogéniques, est utilisé pour traiter le
sarcome de Kaposi, les hémangiomes de l'enfant, certains
mélanomes, le carcinome rénal métastatique,
l'hépatite C chronique et a été essayé
sans bénéfice démontré dans les DMLA
compliquées de néovascularisation. Ses effets
indésirables peuvent associer : syndrome grippal,
altération de l'état général,
dépression, troubles digestifs, neutropénie et
thrombocytopénie, mais quelques auteurs ont rapporté
des cas de rétinopathie. Ce travail rétrospectif
décrit 7 cas de rétinopathie (nodules cotonneux et/ou
hémorragies) chez des patients traités par de fortes
doses d'IF alfa depuis 6 à 26 semaines, pour des
mélanomes en majorité cutanés, dont 2 baisses
d'acuité visuelle définitives. Il est conseillé
de surveiller étroitement les sujets recevant ce type de
traitement, surtout s'il existe des zones de non perfusion capillaire
rétiniennes.
Les lymphomes
intra-oculaires : des tableaux cliniques variables (Surv
Ophthalmol 2001 ; 45(6) : 463-471, MK Gillet al)
Le diagnostic des lymphomes intra-oculaires peut être difficile
et donc aboutir à des retards dans la prise en charge. Ils se
présentent souvent comme des uvéites résistant
à la corticothérapie, mais les auteurs
décrivent les autres types de manifestations possibles. On
peut observer des infiltrats rétiniens sous forme de
tâches blanches multiples, de nécrose rétinienne
ou d'atteinte des vaisseaux du fond d'oeil, pouvant aboutir à
des occlusions veineuses ou artérielles. Le nerf optique peut
également être envahi. Dans la plupart des cas
s'associe un lymphome du système nerveux central, qui peut
apparaître avant, après ou simultanément à
la maladie oculaire. Le pronostic vital des lymphomes
intra-oculaires est souvent mauvais, mais pourrait être
amélioré par un diagnostic précoce qui
permettrait de mettre rapidement en route le traitement
spécifique.
Utilisation de
tPA (tissue Plasminogen Activator) pour réactiver des bulles
de filtration après chirurgie intra-oculaire (Arch
Ophthalmol 2001 ; 119(6) : 809-812, MF Smith et al)
{www.archophthalmol.com} {mfsmith@eye1.eye.ufl.edu}
Le tPA est une protéase dont les propriétés
thrombolytiques et fibrinolytiques peuvent être
utilisées en post-opératoire immédiat d'une
trabéculectomie, pour lyser des caillots ou de la fibrine en
chambre antérieure. Les auteurs ont expérimenté
cette méthode dans une autre indication. Quelques jours
après une chirurgie intra-oculaire (6
phacoémulsifications et une kératoplastie
transfixiante), la bulle de filtration (BF) de 7 yeux
précédemment opérés de glaucome, est
devenue défaillante alors qu'elle était
jusque-là fonctionnelle et ce, depuis au moins 9 mois. Ceci
s'est traduit par une élévation de la tension oculaire
(TO), qui était auparavant normale. Les patients ont donc
reçu une injection de 12,5 µg de tPA en chambre
antérieure, qui a normalisé la TO dès le
premier jour. Dans 5 cas sur 7, la BF a augmenté de volume.
L'utilisation de tPA dans cette indication semble donc pouvoir
être utile.
Fonction
visuelle et état de santé général chez
les patients atteints d'uvéites (Arch Ophthalmol
2001 ; 119(6) : 841-849, RM Schiffman et al)
{www.archophthalmol.com} {rmschfmn@aol.com}
Soixante-seize patients ont répondu à un questionnaire
visant à évaluer le retentissement sur la fonction
visuelle et la qualité de vie, des uvéites d'origine
non infectieuse. Les questions, d'ordre socio-démographique et
clinique, prenaient en compte en particulier : l'acuité
visuelle, l'atteinte binoculaire éventuelle, le type de
traitement, la situation professionnelle ainsi que les
co-morbidités oculaires et générales. Concernant
la vision, la forme physique et l'état psychologique, le
score calculé était significativement inférieur
chez les sujets uvéitiques que dans le groupe témoin.
Ces résultats étaient plus marqués en cas
d'uvéite sévère. En pratique courante, ces
tests permettraient, selon les auteurs, de mieux cerner les
conséquences de la maladie et de son traitement sur la
qualité de vie des patients.
Prise en charge
des ruptures de la capsule postérieure (Surv Ophthalmol
2001 ; 45(6) : 473-488, RB Vajpayee et al)
Il existe différentes causes de brèche capsulaire
postérieure : congénitale, à la suite d'une
lésion intra-utérine, traumatique, spontanée,
planifiée en cas de capsulorhexis postérieur, mais le
plus souvent elle survient accidentellement au cours d'une
intervention chirurgicale. Dans ce dernier cas, il faut éviter
la chute de fragments de cristallin dans le vitré en les
aspirant après réduction maximale du débit de
perfusion intra-oculaire et de la puissance des ultrasons s'il
s'agit d'une phacoémulsification. Une luxation totale ou
partielle du noyau cristallinien dans le vitré justifie une
vitrectomie et l'utilisation de perfluorocarbone liquide. Un implant
de chambre postérieure (ICP) peut être placé dans
le sac si la brèche capsulaire est de petite taille ou dans
le sulcus si le support capsulaire restant est suffisant. Sinon il
faut discuter un ICP suturé à la sclère, voire
un implant de chambre antérieure.
Intensité
du traitement laser et risque de néovascularisation
choroïdienne (NVC) dans "l'étude de prévention de
la NVC sur oeil adelphe" (CNVPT FE Study) (Arch Ophthalmol
2001 ; 119(6) : 826-832, RS Kaiser et al)
{www.archophthalmol.com}
L'étude a porté sur 53 yeux inclus pour
bénéficier d'un essai de photocoagulation
préventive des drusen sur le deuxième oeil, le premier
ayant développé une NVC. L'évaluation
numérisée de l'intensité du traitement laser a
permis de séparer les patients en 2 groupes de même
taille, selon que l'intensité était
élevée ou non. Puis ces données ont
été confrontées à la qualité de
régression des drusen, à l'évolution de
l'acuité visuelle et au risque relatif d'apparition d'une NVC
sur l'oeil traité. Des photos couleurs du fond d'oeil avant et
après traitement (immédiatement puis à 6 mois),
ainsi que des angiographies en fluorescéine ont permis
d'étayer ce travail. La photocoagulation prophylactique
d'intensité élevée est apparue associée
à un risque supérieur de NVC malgré une
meilleure régression des drusen, mais n'a pas
entraîné de différence d'acuité visuelle
entre les 2 groupes à 6 mois.
Approche
physiologique de la neuro-protection. Effet protecteur de
l'autoimmunité (Surv Ophthalmol 2001 ; 45(6 suppl 1) :
S256-260, M Schwartz)
Dans le glaucome, comme dans d'autres maladies
dégénératives du système nerveux central,
certains neurones sont accessibles à la neuro-protection. A
partir d'un modèle animal, les auteurs ont montré que
la dégénérescence secondaire du nerf optique
après lésion peut être ralentie par une
réponse immunitaire contrôlée, faisant
intervenir les cellules T. Dans la
dégénérescence neuronale, qui est
provoquée et entretenue par différents facteurs, la
thérapie par cellules T pourrait être utile, mais elle
devrait être très surveillée pour éviter
l'apparition d'une maladie auto-immune. Le copolymère
synthétique Cop-1 est capable d'activer cette
neuro-protection induite par les cellules T et d'autres substances de
ce type pourraient être intéressantes pour
élaborer des traitements neuro-protecteurs.
Cicatrisation
après LASIK et photokératectomie réfractive
(PKR) : variabilité de la réponse biologique et
retentissement visuel (Arch Ophthalmol 2001 ; 119(6) :
889-896, SE Wilson et al) {www.archophthalmol.com}
La variabilité biologique de la cicatrisation cornéenne
explique en grande partie les limites de
prédictibilité des résultats de la chirurgie
réfractive comme le LASIK et la PKR. Mais de la
qualité de cette cicatrisation dépend le
résultat fonctionnel visuel. La cicatrisation
cornéenne, phénomène complexe, est une cascade
d'événements, qui débute par l'apoptose des
kératocytes en réponse aux lésions
épithéliales. Ce premier stade est une bonne cible pour
les traitements. Pour limiter l'apoptose des kératocytes et
ses conséquences, il faudrait améliorer les techniques
chirurgicales. Il semble aussi que des anomalies des processus de
cicatrisation puissent intervenir dans la pathogénie de
maladies cornéennes. En effet, de récentes
études indiqueraient qu'un déséquilibre entre
le nombre de mitoses et d'apoptoses des kératocytes serait
à l'origine du kératocône chez certains
patients.
Rappel sur la
maladie d'Alzheimer destiné à l'ophtalmologiste
(Surv Ophthalmol 2001 ; 45(6) : 516-524, S Holroyd et al)
Pathologie grave, la maladie d'Alzheimer est la plus fréquente
des démences. Les facteurs de risques en sont : l'âge
élevé, la prédisposition génétique
et les facteurs environnementaux. Le diagnostic de
probabilité repose sur des critères issus de
l'observation clinique, alors que le diagnostic de certitude ne peut
être fait que par l'autopsie. Le tableau peut associer des
troubles de mémoire, de la personnalité, du
comportement et du langage, d'origine corticale. Des troubles visuels
ont également été décrits, et parmi eux
des hallucinations. Si on dispose actuellement de traitements
palliatifs qui agissent sur les troubles cognitifs et du
comportement, la prise en charge future visera à retarder le
délai d'apparition de la maladie et à ralentir son
évolution. L'efficacité des thérapeutiques
dépend d'une meilleure compréhension de sa
physiopathogénie : les recherches se poursuivent
donc.