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Semaine du 25 juin au 1er juillet 2001
La greffe de
membrane amniotique : efficace et sans danger pour réparer la
surface oculaire (Oc. Surg. News 2001 ; 12(4) : 46-50, C.
Martello et al) {www.ocularsurgerynews.com}
La membrane amniotique d'origine humaine est de plus en plus
utilisée pour reconstruire la surface oculaire, et mieux
tolérée que d'autres tissus biologiques. Elle n'est pas
un substitut de conjonctive mais un substrat sur lequel les cellules
conjonctivales migrent et se multiplient, permettant la formation
d'un nouveau tissu sain, et elle se résorbe ensuite. Fine et
avasculaire, elle a des propriétés
anti-angiogéniques, anti-tumorales et anti-inflammatoires et
n'est jamais rejetée par l'organisme receveur car n'exprime
pas les antigènes d'histo-compatibilité. Les
critères de sélection des donneuses et la technique de
préparation de la membrane sont détaillés dans
l'article. Trois cas d'utilisation de membrane amniotique sont
rapportés : sur pemphigoïde, symblépharon
après brûlure chimique et ptérygion
récidivant avec leucôme cornéen.
De
récentes études proposent de nouveaux traitements pour
les neuropathies optiques (Oc. Surg. News 2001 ; 12(4) : 60-62,
A.G. Lee et al) {www.ocularsurgerynews.com}
Une neuropathie optique (NO) entraîne une baisse visuelle
unilatérale, un déficit pupillaire afférent, une
douleur exacerbée par les mouvements oculaires chez un sujet
jeune avec papille normale ou oedème papillaire. L'IRM
renseigne sur la probabilité d'une sclérose en plaques
(SEP) et guide le traitement. Les corticoïdes intra-veineux avec
relai per os recommandés par l'ONTT (Optic Neuritis Treatment
Trial) accélèrent la récupération
visuelle et diminuent le risque de SEP dans les 2 ans qui suivent,
mais ne modifient pas le résultat visuel final. Les
corticoïdes per os seuls n'améliorent pas le pronostic
visuel et favorisent les récidives. L'étude CHAMPS a
montré que l'interféron béta-1a diminue le
risque d'évoluer vers une SEP dès le premier
épisode de démyélinisation avec lésions
IRM évocatrices. Les ophtalmologistes doivent en être
informés pour faire bénéficier leurs patients de
cette nouvelle avancée.
Photothérapie
dynamique pour néovaisseaux choroïdiens dans la myopie
pathologique : résultats à un an d'un essai
randomisé (Ophthalmology 2001 ; 108(5) : 841-852, VIP
Study Group) {pstaflin@jhmi.edu.}
Le VIP (Verteporphin in Photodynamique Therapy) study Group publie
les résultats à 12 mois d'une étude
multicentrique en double aveugle sur la photo-thérapie
dynamique (PDT) des NVC rétro-fovéolaires de la myopie
pathologique versus placebo. Vingt-huit centres Européens et
d'Amérique du Nord y ont participé. Dans plus de 90%
des cas, il s'agissait de NVC classiques, et pour être inclus
les patients devaient avoir une acuité visuelle
corrigée au moins égale à 20/100. La PDT a
été bien tolérée et a significativement
augmenté les chances de stabiliser ou d'améliorer la
vision, résultats objectivés par l'angiographie et
l'amélioration de la sensibilité aux contrastes. Peu
d'effets indésirables ophtalmologiques ou
généraux ont été relevés. La PDT
est donc recommandée dans cette indication, mais
l'étude se poursuit pour en déterminer le
bénéfice à plus long terme.
Episclérites
et sclérites : diagnostic et traitement
(Réalités ophtalmologiques 2001 ; 83 : 16-26, B. Girard
et al)
Signes, étiologies, examens complémentaires,
diagnostics différentiels, traitement et pronostic des
épisclérites et des sclérites sont
détaillés. Les premières (rougeur oculaire
diffuse ou localisée), bénignes, sont souvent
méconnues. Une goutte de collyre phényléphrine
10% les démasque par la vasoconstriction conjonctivale qu'elle
entraîne. Dans 1/3 des cas, il existe une maladie
systémique. Certaines guérissent seules, sinon sous
anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) topiques,
rarement per os. Les sclérites, dont 50% s'associent à
une maladie systémique (plus souvent polyarthrite
rhumatoïde, Wegener, Lupus et polychondrite atrophiante) sont
graves : 60% donnent des complications oculaires et 90% en cas de
sclérite nécrosante. Angiographies des segments
antérieur et postérieur, échographie et scanner
sont utiles. L'échec des AINS indique les corticoïdes.
Les immunosuppresseurs s'utilisent une fois sur 4.
Photokératectomie
réfractive (PKR) après LASIK : de mauvais
résultats (Ocular Surg news 2001 ; 12(5) : 17-18, F.
Carones par M. Cimberle) {www.ocularsurgerynews.com}
{www.carones.com} {Fcarones@micronet.it}
L'auteur rapporte son expérience au sujet de 17 yeux
opérés par LASIK pour des myopies allant de -8,125
à -12,50 Dioptries, pour lesquels une régression
post-opératoire de -1,50 à -3,75 D. a
été observée. Pour la corriger une PKR a
été pratiquée, l'épaisseur stromale
résiduelle étant insuffisante pour permettre un second
LASIK. A un mois, les résultats réfractifs et l'aspect
cornéen étaient très satisfaisants. Pourtant
plus à distance sont apparus dans la plupart des cas une
régression du résultat et dans tous les cas des
opacités cornéennes (haze) sévères avec
irrégularités de surface, responsables d'une chute de
la meilleure acuité visuelle corrigée, et
nécessitant un traitement supplémentaire dans 14 cas.
Etant donnés les risques élevés, il est donc
recommandé de ne pas pratiquer de PKR sur les yeux
opérés par LASIK.
Une large zone
d'atrophie péripapillaire de type "béta" favoriserait
la progression du glaucome (Ocular Surg news 2001 ; 12(5) : 19,
J.B. Jonas par M.C. Winn} {www.ocularsurgerynews.com}
{jost.jonas@augen.ma.uni-heidelberg.de}
Selon sa taille, une papille est plus ou moins vulnérable
à certaines maladies. Par exemple, l'étirement de la
région papillaire en cas de myopie forte, en ferait un
facteur de risque pour le glaucome. Les fines artères
rétiniennes sont associées au glaucome et les
hémorragies papillaires à sa progression. L'atrophie
péripapillaire peut être externe de type "alpha",
caractérisée par une hypo- ou une hyper-pigmentation,
ou interne de type "béta" à travers laquelle
sclère et vaisseaux choroïdiens sont visibles. Cet
article s'appuie sur l'étude de 357 patients glaucomateux : un
groupe pour lequel les anomalies du champ visuel progressaient et
l'autre pour lequel elles étaient stables. Dans le premier
groupe, la "zone béta" était significativement plus
étendue, l'amincissement de l'anneau neuro-rétinien
plus important, mais la surface papillaire et le diamètre
artériel rétinien étaient identiques au premier
groupe.
Le capsulorhexis
postérieur : une méthode utile dans certains cas
(Ocular Surg news 2001 ; 12(5) : 24, A. Galand par M. Cimberle)
{www.ocularsurgerynews.com}
L'auteur, qui depuis 1993 a réalisé environ 2100
capsulorhexis postérieurs au cours de
phacoéxérèses pour éviter la
capsulotomie laser post-opératoire, fait part de son
expérience. Ayant rencontré peu d'effets
indésirables (taux d'oedème maculaire identique avec
ou sans rhexis, rares décollements de rétine), il avait
systématiquement recours à cette technique.
L'arrivée de l'anesthésie topique et des implants de
chambre postérieure (ICP) souples, en augmentant les risques
de mouvements incontrôlés du globe oculaire et de
passage de l'ICP vers la cavité vitréenne lors de sa
mise en place, l'ont contraint à limiter ses indications. Il
réserve donc le rhexis postérieur aux opacités
centrales de la capsule, aux jeunes enfants et aux sujets pour
lesquels la capsulotomie laser est difficile, soit par défaut
de coopération soit par leur mobilité réduite.
Il est conseillé à tout chirurgien d'apprendre et de
maîtriser ce geste.
Les
microsporidioses : un diagnostic à évoquer en cas de
kératite stromale résistante au traitement avec
cultures négatives (Ocular Surg news 2001 ; 12(5) : 33,
R.L. Font par M. Stephenson) {www.ocularsurgerynews.com}
{rfont@bcm.tmc.edu.}
Le cas d'un patient porteur d'une kératite stromale depuis
plusieurs mois est rapporté. Les antibiotiques puis
antiviraux et corticoïdes topiques n'ayant pas
empêché la baisse d'acuité visuelle par
progression des opacités cornéennes, et les cultures
(bactériennes, virales, recherche de chlamydiae et de mycoses)
étant négatives, une biopsie de cornée a mis en
évidence une microsporidiose. L'absence d'amélioration
malgré un traitement étiologique de plusieurs semaines
a nécessité une kératoplastie lamellaire. Le
greffon, à son tour atteint par les infiltrats, a dû
être remplacé par une kératoplastie
transfixiante, restée claire. L'auteur attribue
l'échec du traitement médical à la profondeur de
l'atteinte cornéenne et à une
pénétration insuffisante des drogues sur le lieu de
l'infection. Des études précisant les modalités,
l'efficacité et la toxicité du traitement sont
nécessaires.
Neuropathie
optique bilatérale par intoxication aiguë au
méthanol. A propos d'un cas (J Fr Ophtalmol. 2001 : 24, V.
Krivosic et al)
L'intoxication aiguë au méthanol est beaucoup plus rare
qu'au début du 20ème siècle où de
nombreux cas étaient liés à la consommation
d'alcool frelaté. L'absorption de 20 ml peut suffire à
provoquer une intoxication sévère, due aux
métabolites hépatiques du méthanol et en
particulier l'acide formique. Elle associe troubles digestifs,
dyspnée, atteinte oculaire et du système nerveux
central et peut conduire au décès. Le méthanol
est utilisé dans les solvants industriels, les antigels et
pour dénaturer l'alcool éthylique. Les auteurs
rapportent le cas d'un patient hospitalisé pour
cécité bilatérale, mydriase aréflexique,
oedème papillaire bilatéral, polypnée et
confusion. Malgré le traitement, qui est urgent
(rééquilibre acido-basique, hémodialyse, agent
neutralisant, voire corticoïdes et vitamines en cas
d'exogénose) le patient a évolué vers une
atrophie optique.
La "technique de
la bulle" : un moyen qui facilite la réalisation de la
kératoplastie lamellaire profonde (Ocular Surg news 2001
; 12(5) : 34-35, M. Anwar par M. Cimberle)
{www.ocularsurgerynews.com} {info@magrabi.com.sa}
Le succès d'une kératoplastie lamellaire profonde
dépend de la qualité de la dissection cornéenne
entre le stroma et la membrane de Descemet. L'injection d'air dans le
stroma cornéen profond permet de trouver ce plan de clivage
et diminue le risque de perforation per-opératoire.
Après trépanation profonde mais non transfixiante, qui
ne doit pas dépasser les 3/4 de l'épaisseur
cornéenne, l'introduction d'une aiguille de 30 Gauges un peu
au-dessus de la membrane de Descemet permet l'injection de la bulle,
qui se place dans le plan de clivage et permet une dissection facile.
Avant d'être suturé, le greffon doit être
débarrassé de son endothélium et de sa membrane
de Descemet. L'auteur présente les bons résultats
visuels et les complications de cette chirurgie à propos d'une
série de 181 kératocônes, dans laquelle aucun
cas de rejet de greffe n'a été
constaté.