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Semaine du 11 au 17 juin 2001
Les
complications précoces de la chirurgie de la cataracte
(Ophthalmology 2001 ; 108(5) : 930-935, M.J.Mc Kellar et al)
{MarkE@chhlth.govt.nz}
Les auteurs ont passé en revue 1000 cas de patients
opérés de phacoémulsification ou extraction
extra-capsulaire du cristallin, pour établir une conduite
à tenir dans la surveillance post-opératoire de la
première semaine. Le glaucome favorise les pics tensionnels
post-opératoires, les uvéites l'inflammation, le myosis
les complications per- et post-opératoires, la rupture
capsulaire avec issue de vitré, l'oedème maculaire
cystoïde, les cicatrices déhiscentes, les endophtalmies.
Dès le lendemain de l'intervention, 10,1% des patients avaient
une complication significative, confirmant la
nécessité du contrôle à J1 par
l'ophtalmologiste, ce d'autant que tous les problèmes ne sont
pas symptomatiques. A une semaine, le taux de complications passait
à 4,1%. En conclusion, abandonner l'examen
post-opératoire de la première semaine, comme le
préconisent certains, ferait ignorer beaucoup de
complications.
Complications de
la chirurgie palpébrale (Visions internationales 2001 ;
114/115 : 27-31, J.P. Adenis et coll)
La chirurgie palpébrale peut se compliquer : l'examen
pré-opératoire et l'information du patient doivent
être complets. En cas de ptosis; une légère sur
correction initiale est normale, si elle persiste, une reprise
protège la cornée. La sous correction est surtout le
fait des grands ptosis, qui peuvent nécessiter un geste
bilatéral pour avoir une bonne symétrie. Traiter un
ectopion qui menace la cornée est urgent. L'entropion
s'opère. Troubles oculomoteurs, déformation
palpébrale, prolapsus conjonctival, modification
d'astigmatisme sont possibles. Les tumeurs peuvent récidiver
(surveillance au moins bi-annuelle) et on évite les
déficits en reconstruisant la paupière sans tension.
Pour l'esthétique en paupière inférieure on
évite l'oeil rond par un abord conjonctival et une
résection cutanée modérée le long de la
ligne ciliaire. En supérieur, ne pas désinsérer
l'aponévrose évite le ptosis, et une petite incision
les cicatrices inesthétiques. Il faut dépister les
amauroses. Infection et hémorragie sont toujours
possibles.
Drusen
familiales compliquées chez un enfant. A propos d'un cas
(J. Fr. Ophtalmol. 2001 ; 24(4) : 391-395, C. Dot et al)
Un enfant a été vu pour baisse d'acuité
visuelle gauche brutale, déficit pupillaire afférent,
relief papillaire bilatéral avec à gauche une
micro-hémorragie et 2 dilatations kystiques. Le champ visuel
(CV) a montré des déficits surtout à gauche, le
scanner une hyperdensité calcique des papilles et
l'angiographie une autofluorescence papillaire prédominant
à gauche sans diffusion tardive. Sous acétazolamide,
ces drusen papillaires gauches compliquées se sont en partie
améliorées. Les drusen familiales, autosomiques
dominantes à pénétrance incomplète et
expressivité variable, peuvent s'associer à d'autres
atteintes oculaires ou générales. Plus souvent
discrètes et d'évolution lente, elles peuvent simuler
chez l'enfant une hypertension intra-crânienne ou s'y
associer. Les troubles du CV sont variés : aucun n'est
typique. Les poussées semblent ischémiques, et la
compression des axones ou des vaisseaux plus marquée sur
petites papilles.
Phacoémusification
et implant de chambre postérieur (ICP) sur
antécédents d'uvéite (Am. J. Ophthalmol.
2001 ; 131, M.F.G. Estafanous) {www.ajo.com} {lowderc@ccf.org}
Ce travail a inclus 39 yeux cataractés aux
antécédents d'uvéites (idiopatique,
sarcoïdose, pars-planite, CMV, hétérochromie de
Fuchs, syphilis, tuberculose, nécrose rétinienne,
maladie de Crohn ou HLA B27). Après
phacoémulsification avec ICP acrylique, l'acuité
visuelle (AV) moyenne est passée de 20/70 à 20/30 et
95% des yeux ont augmenté leur meilleure AV corrigée.
Les complications les plus fréquentes ont été :
l'opacification capsulaire postérieure (62%), la
récidive de l'uvéite (41%), l'oedème maculaire
cystoïde (33%), les membranes épirétiniennes
(15%), les synéchies postérieures (8%), les
réactions fibrineuses en chambre antérieure (8%). La
phacoémulsification semble être efficace sur ce terrain
et provoquer moins de complications que l'extraction
extra-capsulaire. Les auteurs conseillent de n'opérer que 3
mois après la fin de la dernière poussée
d'uvéite et souhaitent d'autres études.
Association
entre la maladie de Vogt-Koyanagi-Harada et le syndrome de
Guillain-Barré (Am. J. Ophthalmol. 2001 ; 131 : 615-619,
J. Najman-Vainer et al) {www.ajo.com}
La maladie de Vogt-Koyanagi-Harada (VKH) est une panuvéite
avec atteintes cutanée et neurologique qui touche surtout les
sujets pigmentés. Il s'agit probablement d'une
réaction auto-immune contre les mélanocytes et d'autres
cellules dérivées de la crête neurale. Le
syndrome de Guillain Barré (SGB) est une neuropathie
périphérique inflammatoire démyélinisante
qui peut atteindre les 4 membres et les nerfs crâniens.
Souvent précédée d'une maladie virale ou d'une
entéropathie à campilobacter jejuni, elle
évolue puis régresse sur quelques semaines. Les auteurs
décrivent les cas de 3 patients ayant développé
les 2 maladies. Ils en exposent les points communs : en particulier
le mécanisme auto-immun médié par les
lymphocytes T et l'association possible avec d'autres maladies
systémiques. La corticothérapie à forte dose est
habituellement efficace sur le VKH, mais ne semble pas l'être
sur le SGB.
Champ visuel
après crise de glaucome par fermeture de l'angle (Acta
ophthalmol. scand. 2001 ; 79(3) : 298-300, T. Aung et al)
Potentiellement cécitante, la crise d'hypertonie par
fermeture de l'angle est une urgence visuelle. Les champs visuels
(CV) automatisés de 29 yeux ont été
étudiés, 6 mois après l'épisode aigu. La
majorité (62%) étaient normaux. Parmi les CV
altérés, on constatait 3 atteintes diffuses
sévères, 4 déficits de l'hémi-champ
supérieur, et 4 intéressant les hémi-champs
supérieurs et inférieurs. Comparant cette étude
avec d'autres, les auteurs contestent le terme de "glaucome" en cas
de CV normal, et parlent de "crise de fermeture de l'angle". Ils
discutent les causes possibles d'anomalies du CV : glaucome
chronique préexistant, fermeture intermittente de l'angle,
hypertonie oculaire persistante après la crise ou
retentissement de la crise. Selon eux, la plupart des crises de
glaucome primitif par fermeture de l'angle n'altèrent pas le
CV si un traitement efficace est rapidement entrepris.
Facteurs de
risque des échecs et des rejets des kératoplasties
transfixiantes (Acta ophthalmol. scand. 2001 ; 79(3) : 251-255,
K. Inoue)
Les néovaisseaux cornéens, les
antécédents de chirurgie du segment antérieur,
un implant de chambre antérieure ou clipé sur l'iris,
un glaucome, l'âge élevé du donneur, le jeune
âge du receveur, les synéchies iriennes, le
diamètre du greffon, le type de suture, une
incompatibilité ABO ou HLA peuvent favoriser l'échec
et/ou le rejet d'une kératoplastie transfixiante (KPT). Parmi
271 KPT, les auteurs comptent 79,3%de survie du greffon à 10
ans, avec des extrêmes de 100% pour les
kératocônes à 50% pour les kératopathies
bulleuses, et 77,9% de survie sans rejet dont 87,5% pour les
kératocônes et 52,6% pour les kératites
herpétiques. Au cours de cette étude, les facteurs
favorisant l'échec étaient les néovaisseaux, le
nombre de KPT, la pseudo- ou l'aphakie, les synéchies, la
durée de la chirurgie, et l'âge élevé du
receveur. Les facteurs de rejet étaient les
néovaisseaux, la durée de l'intervention et le jeune
âge du donneur.
Hallucinations
visuelles chez les patients atteints de maladies
rétiniennes (Am. J. Ophthalmol. 2001 ; 131 : 590-596,
I.U.Scott et al) {www.ajo.com} {iscott@bpei.med.miami.edu}
Des hallucinations visuelles ont été décrites
au cours de différentes maladies oculaires : cataracte,
atteintes cornéennes, neuropathies optiques....Il s'agirait
d'un moyen d'adaptation à la malvision. Différents
facteurs de risque et mécanismes ont été
évoqués, mais peu d'études se sont
intéressées au retentissement sur le patient. Ce
travail inclut 86 personnes souffrant de maladie rétinienne
dont 13 ont eu des hallucinations mais très peu en ont
parlé spontanément. Les facteurs associés
constatés dans cette étude étaient : le sexe
féminin, une baisse d'acuité visuelle
sévère ou bilatérale, l'anxiété,
une mauvaise qualité de vie, la diminution de l'autonomie.
Les hallucinations visuelles sont donc fréquentes chez les
patients d'ophtalmologie. Le médecin doit les rechercher et
rassurer : il n'y a pas d'association avec les déficits
cognitifs, les troubles de la personnalité ni les
antécédents psychiatriques.
Migrations
pigmentaires : reflet possible du stress épithélial
cornéen induit par les lentilles de contact (Am. J.
Ophthalmol. 2001 ; 131 : 431-437, T. Inoue et al) {www.ajo.com}
L'amélioration des lentilles de contact (LDC) a
diminué les complications sans les supprimer, car
l'épithélium cornéen peut subir des
altérations métaboliques ou mécaniques. Pour
vérifier l'hypothèse selon laquelle des
dépôts pigmentés limbiques, qui peuvent
être physiologiques chez les mélanodermes, seraient
secondaires à un stress cornéen, les auteurs ont
comparé 6 groupes de porteurs de lentilles à des
témoins (432 yeux). Ces migrations pigmentaires augmentaient
avec la durée de port des LDC, étaient plus
marquées pour les lentilles souples (LS) que pour les rigides
(qui ne couvrent pas le limbe), pour les LS à renouvellement
traditionnel que pour celles à renouvellement fréquent,
et en cas de port permanent. D'après ces résultats,
les auteurs proposent de limiter la souffrance
épithéliale en prescrivant un port diurne, des LDC
très perméables à l'oxygène ou des LR,
sous surveillance du limbe.
Injection de
sang autologue dans ou au voisinage de la bulle de filtration pour
traiter précocement l'hyperfiltration après
trabéculectomie et application de mitomycine (Acta
ophthalmol. scand. 2001 ; 79(3) : 305-308, K. Okada et al)
Une hyperfiltration post-opératoire peut provoquer une
hypotonie avec baisse d'acuité visuelle définitive.
Pour prévenir ces complications, les auteurs ont traité
précocement 5 patients hypotones n'ayant pas
développé de maculopathie, par injection de sang
autologue au voisinage de la bulle de filtration. Il s'agissait
d'yeux opérés de trabéculectomie avec
application de mitomycine, pour lesquels la compression avait
été inefficace. Les risques de cette technique sont :
l'hyphéma, qui peut pigmenter la face antérieure de
cristallin, l'hypertonie oculaire et la réaction
inflammatoire. L'injection de produit visqueux en chambre
antérieure pour éviter les hyphémas est
controversée. Les 5 patients ont normalisé leur tension
oculaire, mais 3 seulement ont augmenté leur acuité
visuelle au terme d'un suivi de 31 mois. Ces résultats sont
discutés par les auteurs.