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Semaine du 4 au 10 juin 2001
Comparaison du
"Laser Epithelial Keratomileusis" (LASEK) et de la
photokératectomie réfractive (PKR) pour les myopies
faibles à moyennes (J. Catarct. Refract. Surg. 2001 ;
27(4) : 565-570, J.B. Lee et al) {jblee88@yumc.yonsei.ac.kr}
La PKR est douloureuse et expose au risque de "haze" et de
régression myopique. Le LASIK peut se compliquer d'invasion
épithéliale, d'accident de capot ou d'ectasie
cornéenne. Le LASEK a été conçu en 1999
pour éviter ces inconvénients. Ce travail compare 27
PKR et 27 LASEK dans le traitement de myopies comprises entre -3 et
-6,50. Le LASEK utilise une trépanation cornéenne de 8
mm de diamètre sur 70µm, puis une solution contenant de
l'alcool suivie de rinçage, qui permet de détacher
l'épithélium et de réaliser la photoablation.
On repose ensuite l'épithélium et une lentille souple.
Le LASEK semble donner moins de haze, d'infection et de douleur que
la PKR, mais c'est une technique difficile. On peut le
préférer au LASIK en cas de cornée fine, de
néovaisseaux sous port chronique de lentilles ou de fente
palpébrale étroite. D'autres études sont
nécessaires pour préciser et évaluer la
méthode.
Les tumeurs
conjonctivales lymphoïdes : analyse clinique de 117 cas et
relation avec les lymphomes systémiques (Ophthalmology
2001 ; 108(5) : 979-984, C.L. Shields et al)
Les tumeurs lymphoïdes vont de l'hyperplasie bénigne au
lymphome malin. Les lymphomes extra-ganglionnaires atteignent les os,
le cerveau, le poumon..., et concernent les yeux dans 2% des cas
(uvéite, hyalite...). A propos de 117 cas d'âge moyen 63
ans, dont 85% étaient symptomatiques (masse, irritation,
ptosis), les auteurs rappellent les signes des tumeurs
lymphoïdes conjonctivales. Sessiles et de couleur rosée,
elles sont plus souvent dans les cadrans supérieurs ou
inférieurs que dans le plan horizontal, et plutôt sous
les paupières qu'au limbe. Il faut donc savoir les
rechercher. Le risque de lymphome systémique est de 31%, il
augmente en cas de localisation extra-limbique et avec le nombre de
tumeurs, est plus faible qu'en cas de tumeurs orbitaires ou
palpébrales, mais l'atteinte conjonctivale peut le
précéder de plusieurs années. Suivi à
long terme et examen clinique général sont donc
indispensables.
Diminution de la
tension oculaire après chirurgie de la cataracte sur
pseudo-exfoliation capsulaire (J. Catarct. Refract. Surg. 2001 ;
27(4) : 528-532, A. Merkur et al) {kdamji@ottawahospital.on.ca}
La pseudo-exfoliation capsulaire (PEC) se caractérise par la
production excessive de micro-fibrilles "élastine-like", dont
le dépôt dans le segment antérieur peut
entraîner un glaucome, une cataracte et compliquer la
chirurgie. Différentes études ont montré que
l'ablation du cristallin peut diminuer la tension oculaire (TO).
Trois groupes d'opérés sont comparés : 21 PEC,
23 glaucomes primitifs à angle ouvert et 23 cataractes
contrôles. A 6 et 12 mois les PEC ont eu une chute
significative de TO. La phacoémulsification faciliterait
l'élimination du matériel en excès. Les auteurs
pensent que sur PEC avec cataracte, hypertonie oculaire et en
l'absence d'altérations du nerf optique, la
phaco-émusification seule peut suffire à
équilibrer la TO, mais que le risque de pics de TO
post-opératoires précoces justifie une intervention
combinée en cas de glaucome avancé. De plus vastes
études sont souhaitables.
Rôle de la
membrane limitante interne dans les pathologies maculaires de
l'interface vitréo-rétinienne (Réflexions
ophtalmologiques 2001 ; 44(6) : 60-62, F. Becquet)
La membrane limitante interne (MLI) est en contact étroit
avec la hyaloïde postérieure et se compose en grande
partie de la juxtaposition des pieds des cellules de Müller.
Avec le vieillissement, elle se modifie et les adhérences
vitréo-rétiniennes diminuent, favorisant le
décollement postérieur du vitré. Les membranes
épi-maculaires (MEM) sont constituées d'une gliose,
réactionnelle à un stimulus mal connu, et d'une fibrose
avec contraction tissulaire. Leur traitement chirurgical doit
systématiquement comporter l'ablation de la MLI, car la gliose
fait intervenir les cellules de Müller. Par la suite, une
nouvelle MLI se reforme, qui est saine et évite la
récidive de la MEM. Le trou maculaire (TM) idiopathique,
classifié en 4 stades, vient d'un conflit
vitréo-rétinien : une traction vitréo-maculaire,
tangentielle selon Gass. La MLI joue un rôle dans cette
traction. Son ablation est donc recommandée dans la chirurgie
du TM.
Le syndrome de
Posner Schlossmann est-il bénin ? (Ophthalmology 2001 ;
108(5): 911-918, A. Jap et al)
Le syndrome de Posner Schlossmann (SPS) est typiquement
unilatéral, récidivant, et se présente sous
forme d'uvéites non granulomateuses hypertensives
évoluant par crises, chez l'adulte de 20 à 60 ans. Un
glaucome à angle ouvert se développe dans 45% des cas,
et le risque augmente avec la durée d'évolution de la
maladie. Ce travail présente une série de 53 yeux dont
un quart présentaient des signes de glaucome. Neuf ont eu une
chirurgie filtrante avec utilisation d'antimitotiques, efficace dans
80% des cas (suivi de 15 à 50 mois), avec diminution du nombre
de crises et de la sévérité des uvéites,
sous réserve que certaines crises ne soient pas passées
inaperçues du fait de la réduction d'intensité
des symptômes. Les auteurs conseillent de surveiller
attentivement les sujets atteints de SPS, pour dépister un
glaucome, et de recourir à la chirurgie dès son
apparition, car il peut évoluer rapidement.
Trous maculaires
traumatiques : une étude rétrospective
Ophthalmology 2001 ; 108(5) : 853-857, R.N. Johnson et al)
La vitrectomie avec ablation de la hyaloïde postérieure,
dissection des membranes épi-rétiniennes et
tamponnement interne par gaz, améliore la vision dans
certains cas de trous maculaires (TM), sous réserve de
maintenir assez longtemps un bon positionnement
post-opératoire de la tête. Les auteurs se sont
intéressés au devenir de 25 TM d'origine traumatique
opérés par cette technique, avec ou sans injection de
serum autologue dans le segment postérieur. Ils ont obtenu 96%
de fermeture des TM, et des résultats identiques à
ceux des TM non traumatiques sur le plan de la
récupération visuelle et des complications de la
chirurgie, malgré des mécanismes de formation
différents. Les autres complications des traumatismes
oculaires sont : l'oedème de Berlin, les déchirures
rétiniennes, l'hémorragie intra-vitréenne ou
sous-rétinienne, la rupture choroïdienne, et les
altérations de l'épithélium
pigmentaire.
Herpès
simplex de type 2 (HSV2) : cause d'ARN (Acute Retinal Necrosis) chez
les sujets jeunes (Ophthalmology 2001 ; 108(5) : 869-876, R.N.
Van Gelder et al)
L'ARN est une vascularite périphérique
rétinienne avec nécrose. Il peut être
bilatéral et très sévère sans un
traitement rapide (aciclovir, famciclovir). A la panuvéite
s'associe souvent une neuropathie optique, une sclérite, et un
décollement de rétine. Les virus en cause sont par
ordre de fréquence : VZV, HSV1, HSV2 ou CMV. Il faut
éliminer une toxoplasmose atypique, d'autres vascularites
rétiniennes (Behcet), et le PORN (Progressiv Outer Retinal
Necrosis), qui est aussi d'origine herpétique. Cette
étude inclut 10 cas d'ARN. Les virus en cause,
identifiés par dosage des anticorps intra-oculaires,
étaient plutôt HSV2 chez les sujets jeunes et VZV chez
les plus âgés. Les auteurs commentent cette
différence et conseillent un examen neurologique et une
recherche virale par prélèvement de vitré ou
PCA surtout chez les jeunes car l'herpès peut aussi donner une
méningo-encéphalite.
Résultats
anatomiques de l'indentation épisclérale pour les
décollements de rétine (DR) sans déhiscence
visible (J. Fr. Ophtalmol. 2001 ; 24(4) : 345-347, F. Froussard
et al)
Cette étude rétrospective inclut 100 DR idiopathiques
sans déhiscence visible malgré une indentation
dynamique sur 360°. La technique a fait appel à une
indentation sectorielle dans 49 cas, car la topographie du DR
laissait présager de la localisation des déhiscences,
un cerclage dans 51 cas, et selon les cas : ponction de liquide
sous-rétinien, injection d'air ou de gaz, laser
post-opératoire. La cryo-application n'a pas été
utilisée. Certains patients ont dû être
réopérés pour obtenir 92% de succès
final, taux comparable à la littérature. L'absence de
déhiscence visible est de mauvais pronostic, surtout chez le
pseudophake. Les échecs de la chirurgie sont probablement dus
à l'inadéquation antéro-postérieure
entre l'indentation et les déhiscences, un cerclage serait
donc inutile. La vitrectomie de première intention donne de
bons résultats dans les études pilotes, mais des
études randomisées sont nécessaires.