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Semaine du 28 mai au 3 juin 2001
Vasculopathie
polypoïdale : une étude en Italie (Retina 2001 ;
21(2) : 121-125, B. Scassellati-Sforzolini et al)
La vasculopathie polypoïdale (VPP), de cause inconnue est
polymorphe et caractérisée par des dilatations
anévrysmales des vaisseaux choroïdiens avec exsudations
et hémorragies. Unilatérale dans 80% des cas (absence
de drusen controlatéraux), elle est plus souvent
extramaculaire, volontiers péri-papillaire, et son
évolution spontanée serait meilleure que celle de la
DMLA. Elle peut toucher différentes races, sexes et tranches
d'âge. Le diagnostic se fait par ICG car les anomalies des
vaisseaux choroïdiens ne sont pas détectables au fond
d'oeil ni par angiographie en fluorescéine. Les auteurs ont
examiné 194 patients, adultes blancs, porteurs d'une
maculopathie exsudative supposée être une DMLA. En
fait, 19 d'entre eux, soit 9,8%, avaient une VPP, chiffre proche
d'une étude déjà publiée. Il faut donc
penser à cette maladie et prévoir des études
pour évaluer la photocoagulation et la photothérapie
dynamique.
Quoi de neuf sur
la conjonctivite allergique en 2001 ? (Réalités
ophtalmologiques 2001 ; 82 : 36-42, C. Creuzot -Garcher et coll)
L'atopie touche 1/6ème de la population. La conjonctivite
saisonnière, au printemps, donne des signes allergiques
typiques. La conjonctivite per-annuelle, moins bruyante, peut
provoquer une instabilité lacrymale. La
kératoconjonctivite vernale est rare et atteint le jeune
garçon : les lésions sont limbiques et
cornéennes, liées aux papilles géantes, avec
risque d'amblyopie. La kératoconjonctivite atopique,
chronique et sévère, peut se compliquer de
symblépharons, surinfections, amincissement cornéen et
néovaisseaux. La conjonctivite gigantopapillaire survient
typiquement sous lentilles souples. L'allergie de contact associe
conjonctivite et eczéma des paupières. L'enquête
allergologique guide le traitement qui utilise diversement :
éviction, désensibilisation, lavages au sérum
physiologique, anti-histaminiques, anti-dégranulants,
anti-inflammatoires locaux. Les collyres sans conservateurs sont
conseillés.
Néovaisseaux
choroïdiens sur yeux myopes après LASIK (Retina 2001
; 21(2) : 115-120, J.M. Ruiz-Moreno) {jm.ruiz@umh.es}
Cette étude porte sur les néovaisseaux
choroïdiens (NVC) après LASIK pour myopie forte (-8
à -27,5 D.). Sur 2955 yeux traités, suivis en moyenne
34,2 +/- 11,3 mois, 3 cas de NVC sont apparus (0,10%), et un cas est
resté stable. Quatre à 11% des
dégénérescences chorio-rétiniennes du
myope fort se compliquent de NVC, aboutissant à la formation
d'une tache de Fuchs. Dans cette série, très peu de
NVC se sont constitués, mais ils entraînent une baisse
significative de la meilleure acuité visuelle
corrigée. Le principal facteur de risque semble être la
myopie forte, mais le LASIK pourrait, par traumatisme même
minime (hypertonie oculaire, onde laser), créer ou aggraver
une rupture de la membrane de Bruch, et prédisposer aux NVC.
La relation de cause à effet est difficile à
établir, mais il est conseillé de considérer
tout NVC préexistant comme facteur de risque de complication
après LASIK. Résultats à confirmer.
Tension oculaire
après chirurgie de la cataracte avec incision de petite
taille en temporal : comparaison des voies d'abord
cornéo-sclérale et cornéenne pure (J. of
Refract. Surg 2001 ; 27(3) : 421-425, O. Schwenn et al)
{Scwenn@augen.klinik.uni-mainz.de}
A moyen et long terme, la tension oculaire (TO) peut diminuer
après phacoexérèse, mais une hypertonie
précoce est possible. Les auteurs ont voulu savoir si le type
d'incision influençait la survenue de ces pics de TO. Cent
patients, répartis en 2 groupes, ont été
comparés : les uns opérés par une incision
cornéo-sclérale, les autres par une cornéenne,
tous en temporal. La TO pré-opératoire, la technique,
la quantité d'ultrasons utilisés et les soins
post-opératoires étaient les mêmes. La TO
était mesurée à la 6ème heure, à
J1, J2, J3 et au 5ème mois. Pour les incisions
cornéo-sclérales, réalisées en tissu
vascularisé, elle était significativement
supérieure à 6 heures, ainsi que le "flare". De
précédents travaux avaient montré que le type
d'incision retentissait sur la barrière
hémato-aqueuse. Ceci pourrait avoir des applications pratiques
pour opérer les yeux ayant un obstacle à
l'écoulement et/ou des altérations du nerf
optique.
Complications de
la chirurgie réfractive : où en est la jurisprudence
? (Réalités ophtalmologiques 2001 ; 82 : 68-72, Dr
Foels)
La jurisprudence, droit appliqué plus souple que la loi,
évolue : elle modifie les obligations contractuelles du
médecin et tend vers l'obligation de sécurité du
résultat. Elle reconnaît 6 fautes : imprudence,
négligence, inattention, maladresse, défaut de
précaution et inobservance des règlements. La cour de
cassation juge coupable une maladresse. La chirurgie
réfractive, non urgente et de convenance, est proche de la
chirurgie esthétique, qui est soumise à une obligation
de moyens renforcée depuis 2 arrêts de 1994, et dont le
chirurgien doit fournir un devis préopératoire
signé si les actes dépassent 2000 Francs. Auparavant le
médecin devait réparation en cas de faute avec dommage
et relation prouvée de cause à effet entre les 2. En
cas d'infection nososcomiale, il y a actuellement
responsabilité sans faute. L'auteur conseille des
précautions aux chirurgiens réfractifs pour s'adapter
à l'évolution de la jurisprudence.
Maladie de Eales
présumée avec atteinte neurologique (Retina 2001 ;
21(2) : 141-145, J. Biswas et al)
La maladie de Eales, atteinte inflammatoire veino-occlusive, se
localise volontiers sur la rétine des jeunes hommes donnant
des périphlébites, territoires de non perfusion
capillaire et des néovaisseaux. Mais des cas d'atteinte
neurologique associée ont été décrits.
Les auteurs ont repris 2569 cas sur une période de 10 ans.
Parmi eux, 3 cas d'atteinte du système nerveux central ont
été relevés, dont 2 précédant les
manifestations ophtalmologiques et un survenu 7 années plus
tard. Ils avaient en commun des zones d'infarcissement
cérébral. Devant ces probables vascularites
cérébrales, les auteurs recommandent de rechercher et
d'explorer les troubles neurologiques chez tout patient suspect de
maladie de Eales. Ils rappellent que l'association à la
tuberculose est discutée, et que d'autres affections peuvent
atteindre l'uvée et le système nerveux central, comme
le Vogt Koyanagi Harada et le Behcet.
Cyclo-photocoagulation
trans-sclérale par laser au Krypton, pour traiter les
glaucomes post-traumatiques (J. of Glaucoma 2001 ; 10(2) : 77-84,
V.E. Raivo et al)
Les glaucomes post-traumatiques, difficiles à
équilibrer, nécessitent souvent une cyclo-destruction
ou un implant de drainage de l'humeur aqueuse. Bien que sa
transmission au travers de la sclère soit inférieure,
une récente étude chez l'animal a montré que
pour une cyclo-photocoagulation, le laser krypton (647 nm) demande 2
fois moins d'énergie que le Nd-Yag (1064 nm). Etant
donné en plus l'affinité supérieure des lasers
rouges pour l'épithélium pigmentaire par rapport aux
lasers infra-rouges, cette méthode a été
testée sur 18 yeux porteurs de glaucome post-traumatique
résistant aux traitements. En tout, 34 séances ont
été réalisées, car 8 yeux ont dû
être retraités au moins une fois, puis le traitement
anti-glaucomateux médical ou chirurgical était
adapté selon le résultat tensionnel, pour obtenir 61%
de succès. Selon les auteurs ce moyen est rapide, simple,
peut être répété et comporte peu de
risques.
Bilan
étiologique d'une uvéite postérieure
(Réflexions ophtalmologiques 2001 ; 44(6) : 11-13, M. Lautier
frau et coll)
Pour explorer une uvéite postérieure, NFS, VS, CRP,
électrophorèse des protéines, TPHA et VDRL sont
systématiques. Selon les cas, on prescrit des
sérologies (Lyme, leptospirose, brucellose, HTLV1...), un
typage HLA, on cherche une connectivite ou un lymphome. Une
sarcoïdose probable (uvéite granulomateuse,
périphlébites, taches de bougie rétiniennes...)
réclame : radio de thorax, enzyme de conversion de
l'angiotensine, explorations fonctionnelles respiratoires, biopsie
de lésions accessibles, voire d'autres examens pulmonaires et
cérébraux. Dans la toxoplasmose, à
différencier de la toxocarose chez l'enfant ou le jeune, la
PCA n'est utile que dans les cas atypiques, 15 à 21 jours
après le début des signes. Tout bilan doit être
fait avant corticothérapie et élimine un foyer
infectieux. Une nécrose rétinienne fait chercher une
immunodépression, et l'agent causal par PCR dans la PCA ou le
prélèvement de vitré.
Effets de
l'hypotonie après chirurgie filtrante sur l'acuité
visuelle, la tension oculaire à long terme et le segment
postérieur (J. of Glaucoma 2001 ; 10(2) : 85-88, O. Scwenn
et al)
L'hypotonie, une complication de la chirurgie filtrante, est
favorisée par l'utilisation d'antimitotiques. Sa
fréquence diminue avec l'amélioration des techniques.
Ce travail évalue les conséquences de l'hypotonie sur
43 yeux opérés de trabéculectomie pour glaucome
à angle ouvert. La perte d'acuité visuelle à 6
semaines était statistiquement corrélée
à la chute de tension oculaire (TO), mais l'hypotonie
précoce n'influait pas sur l'acuité à 6 ou 12
mois. Plus la TO post-opératoire précoce était
basse, plus elle l'était à 6 et 12 mois, soulignant
l'intérêt de l'hyperfiltration précoce pour avoir
une bulle de filtration de qualité, et malgré la
récupération plus lente de l'acuité visuelle.
Pour éviter la maculopathie d'hypotonie liée aux
antimitotiques, différentes études ont cherché
à améliorer les techniques et les protocoles. Dans
cette série, aucune complication grave de l'hypotonie n'a
été notée à long terme.
Le syndrome de
blocage capsulaire précoce post-opératoire (J.
Catarct. Refract. Surg. 2001 ; 27(4) : 555-559, I. Durak et al)
{hdurak@kordon.deu.edu.tr}
Le syndrome de blocage capsulaire (SBC) est une complication de la
phacoémulsification liée au rhexis. Il associe
expansion capsulaire, déplacement antérieur de
l'implant, hypothalamie, myopisation et tension oculaire normale. Il
faut le distinguer du blocage pupillaire, de traitement
différent. Les auteurs rapportent 13 cas de SBC après
une chirurgie sans incident; et proposent une revue de la
littérature. Deux se sont améliorés seuls dans
le premier mois, 8 capsulotomies antérieures et 6
postérieures ont été réalisées,
dont 5 et 6 succès. La capsulotomie antérieure semble
moins risquée, mais on ne connaît pas ses complications
à long terme. Le SBC ne semble pas être lié au
modèle d'implant, mais à du produit
visco-élastique piégé en chambre
postérieure, qu'il faut donc bien aspirer en fin
d'intervention. Les auteurs préfèrent le laser à
la surveillance car la guérison spontanée concerne peu
de cas.