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Semaine du 21 mai au 27 mai 2001

Oedème maculaire cystoïde (OMC) après mise en place d'implants intra-oculaires chez l'enfant. Résultats d'une étude en angiographie en fluorescéine et revue de la littérature (J. of Refract. Surg 2001 ; 27(3) : 432-436, S.K.Rao et al) {MDSAAA35@giasmd01.vsnl.net.in}
Si l'OMC après phacoexérèse est fréquent chez l'adulte, qu'en est-il chez l'enfant? Pour le savoir, les auteurs ont étudié les angiographies de 28 yeux, 7 jours puis 4 à 6 semaines après l'intervention (dont rhexis postérieur, vitrectomie antérieure et ICP). La fluorescéine était administrée per os (méthode qui a récemment fait ses preuves sur un grand nombre (1787) de patients) et les clichés pris à 30-45 et 60-75 minutes. Aucun cas d'OMC ne s'est présenté, confirmant les résultats d'une étude déjà publiée. Les causes d'OMC post-opératoire retenues habituellement sont : l'inflammation, la présence de vitré dans la cicatrice et les anomalies vasculaires systémiques (diabète, HTA). La rareté de l'OMC chez l'enfant serait due à un vitré et des vaisseaux en meilleur état, une technique opératoire différente ou une structure différente des prostaglandines. Des études recherchant les OMC tardifs sont souhaitables.

La leucomalacie périventriculaire : une cause intra-crânienne d'excavation pseudo-glaucomateuse (Arch. Ophtalmol. 2001 ; 119 : 626-627, M.C. Brodsky)
La leucomalacie périventriculaire atteint 32% des prématurés. Elle vient d'une ischémie de la substance blanche périventriculaire entre les 29ème et 34ème semaines de grossesse, et est visible en IRM. Le tableau peut associer : baisse d'acuité visuelle, troubles du champ visuel inférieur (forme d'hypoplasie du nerf optique reconnue depuis 1996), anomalies visuelles cognitives, diplégie spastique. Les auteurs rapportent le cas iconographié d'un enfant né prématurément, porteur d'une excavation papillaire au fond d'oeil avec acuité visuelle et tension oculaire normales. Le champ visuel automatisé associait un rétrécissement et des déficits inférieurs bilatéraux. Les troubles de la marche étaient connus. L'excavation papillaire n'était donc pas glaucomateuse : le diagnostic repose sur les antécédents, la perte diffuse des fibres optiques et l'aspect de déficits campimétriques inférieurs symétriques.

Astigmatisme induit par la pose d'anneaux intra-cornéens (INTACS) (J. of Refract. 2001 ; 27(3) : 411-415, M.D. Twa et al) {mtwa@uscd.edu.}
Cette étude multicentrique rétrospective concerne plus de 400 yeux opérés de myopie simple (-1 à -4, astigmatisme < 1 Dioptrie), par pose d'anneaux intra-cornéens, et pour lesquels les modifications de réfraction cylindrique ont été étudiées. L'astigmatisme augmente avec l'épaisseur des anneaux et diminue avec le temps. Moins de 4% des yeux avaient un astigmatisme induit supérieur à une dioptrie responsable d'un retentissement visuel, mais sans baisse de la meilleure acuité visuelle corrigée. A un an, l'astigmatisme moyen induit était de 0,13 +/- 0,52 D. Des modifications de l'astigmatisme pré-opératoire ont été observées dans 44% des cas. L'axe était conforme à la règle dans 44%, contraire dans 26% et oblique dans 30% des cas. Pour limiter l'astigmatisme induit, il faudrait agir sur l'incision, la position des anneaux, la suture et comparer différents types d'anneaux entre eux.

Endophtalmie sur kératoprothèse (Arch. Ophtalmol. 2001 ; 119 : 484-489, M. Nouri et al) {www.archophthalmol.com}
Sur 108 patients équipés de kératoprothèse, 13 endophtalmies sont rapportées, survenues 2 à 46 mois après la chirurgie. Les germes étaient des Gram + : staphylocoques, corynébactéries, streptocoques viridans... Le mauvais pronostic des endophtalmies à streptocoques ou staphylocoques se confirme ici : les 10 patients ayant perdu la vue. Selon la maladie causale, les auteurs ont trouvé un risque relatif bien plus élevé en cas de syndrome de Stevens Johnson ou de pemphigoïde cicatricielle, qu'en cas de brûlure chimique ou d'échec de greffe de cornée. En prévention, ils conseillent de réfléchir avant d'opérer les sujets à risques et d'utiliser la prophylaxie anti-infectieuse (vaccins anti-pneumocoques, antibiotiques, désinfections de la prothèse...). La principale complication des kératoprothèses tend à devenir l'endophtalmie, car l'utilisation de systèmes de drainage de l'humeur aqueuse a diminué le risque de glaucome.

Corrélation entre l'exposition aux ultra-violets et l'apparition d'un haze tardif après photokératectomie réfractive (PKR) (J. of Refract. Surg 2001 ; 27(3) : 404-410, A. Stojanovic et al)
Le haze, diminution de transparence cornéenne, peut compliquer une PKR à court et moyen terme, et augmente avec l'importance du défaut réfractif corrigé. Typiquement, il apparaît dans la semaine post-opératoire, augmente pour être maximal entre 1 et 3 mois, puis régresse progressivement. Mais il existe des formes tardives. Les auteurs ont étudié le rôle du soleil (A partir d'un modèle calculant la quantité d'UV reçus) dans ces cas tardifs, et suivi en moyenne 23,2 +/- 8,3 mois, 314 yeux après PKR pour myopie et astigmatisme. Onze patients (4%) ont fait un haze tardif, dont 7 s'étaient significativement plus exposés au soleil. En prévention, il faut porter des verres solaires un an après la PKR, ou discuter le LASIK, moins pourvoyeur de cette complication. Certains supplémentent en vitamine C (rôle de filtre UV). Si le haze résiste aux corticoïdes locaux, pris au moins 15 jours, une PKR thérapeutique est indiquée.

Régression spontanée des gliomes des voies optiques : 13 cas documentés par neuro-imagerie (Arch. Ophtalmol. 2001 ; 119 : 516-529, C.F. Parsa et al)
Treize cas de régression spontanée de gliomes des voies optiques sont documentés par IRM et scanner. Selon différentes études, au moins 20% des sujets porteurs d'une neurofibromatose de type 1 (NF1) développent ce type de tumeurs. Ici 4 patients avaient une NF1. Les auteurs discutent ces observations en s'appuyant sur les données de la littérature. Le phénomène de régression tumorale avait déjà été décrit : soit totalement spontané, soit après exérèse chirurgicale partielle. Lorsqu'un traitement a eu lieu, son rôle est difficile à établir, mais on peut considérer que si la tumeur régresse longtemps après, c'est sans doute une régression spontanée. Il faudrait pouvoir tenir compte de l'évolution naturelle de la maladie avant d'opter pour un schéma thérapeutique : chirurgie, radio- ou chimio-thérapies. D'autres études sont donc souhaitables pour préciser la fréquence des régressions spontanées de ces gliomes.