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Semaine du 13 mai au 20 mai 2001
Données
du fond d'oeil dans l'Artériopathie Cérébrale
Autosomique Dominante avec Infarctus Sous-corticaux et
Leucoencéphalopathie (ACADISL) (Survey of ophthalmol 2001
; 45(5) : 445-448, W. Robinson et al)
L'ACADISL est une microangiopathie non amyloïde non
athéroscléreuse héréditaire, venant de la
mutation d'un gène situé sur le chromosome 19. Sa
prévalence est inconnue. Décrite pour la
première fois en 1977, elle atteint le système nerveux
central de l'adulte d'âge moyen, et provoque de multiples
infarctus de la substance blanche sous-corticale bien visibles en
IRM. Le tableau associe : démence, accidents vasculaires
cérébraux, céphalées, troubles
oculomoteurs, altérations du champ visuel...L'analyse en
microscopie électronique de la biopsie cutanée, montre
des lésions pathognomoniques au niveau des petits vaisseaux.
Si la maladie est sévère, elles sont aussi visibles en
microscopie optique. A propos d'une observation d'anomalies des
vaisseaux rétiniens et choroïdiens, les auteurs
soulignent l'intérêt du fond d'oeil pour faire le
diagnostic d'ACADISL et discutent les diagnostics
différentiels.
Nouvelle
définition du syndrome papillorénal, cause
insuffisamment reconnue de morbidité oculaire et
rénale (Ophthalmology 2001 ; 108(4) : 738-749, C.F. Parsa
et al)
Décrit en 1977, ce syndrome est considéré comme
rare et transmis sur le mode autosomique dominant (mutation du
gène PAX2 découvert en 1995, mais une
hétérogénéité
génétique est probable). Il associe des anomalies
papillaires bilatérales et une hypoplasie rénale
à une possible atteinte uro-génitale et du
système nerveux. Selon les auteurs, sa fréquence est
sous estimée car l'aspect du fond d'oeil peut être pris
à tort pour un glaucome à pression normale, un
colobome ou un syndrome de Morning Glory atypique. Ayant
constaté des anomalies de la circulation rétinienne,
ils pensent que la cause primitive est vasculaire et touche en
priorité la rétine, la choroïde et les reins, qui
sont les organes les plus vascularisés de l'organisme. Ils
conseillent d'explorer les reins en cas de lésions
papillaires, et d'examiner la famille pour éviter les
traitements inappropriés, protéger les reins et
permettre un conseil génétique.
Nouvelle
approche chirurgicale du glaucome malin du pseudophake
(Ophthalmology 2001 ; 108(4) : 780-83, N. Lois et al)
Le glaucome malin vient probablement d'une anomalie de circulation de
l'humeur aqueuse. Il peut survenir après chirurgie filtrante,
iridectomie ou capsulotomie laser,
phacoéxérèse... Cliniquement l'hypothalamie
sans décollement choroïdien s'associe souvent à
une hypertonie oculaire. La moitié des cas régressent
sous cycloplégiques et antiglaucomateux, sinon on peut
utiliser différentes techniques (capsulotomie
postérieure, hyaloïdotomie, vitrectomie...) avec des
chances de succès variables. Les auteurs rapportent leur
expérience sur 5 cas d'une technique qui leur a semblé
simple, rapide, efficace et sans danger chez le pseudophake et qui
préserve la conjonctive. Elle associe : zonulectomie,
hyaloïdectomie, vitrectomie antérieure par
vitréotome en passant par un tunnel cornéen
auto-étanche (en prenant garde aux procès ciliaires et
à la rétine périphérique). Des
séries incluant plus de patients sont
souhaitables.
Baisse visuelle
chez les enfants ayant un gliome des voies optiques dans un contexte
de neurofibromatose de type I, selon les données de l'IRM et
la localisation de la tumeur (Am. J. Ophthlmol. 2001 ; 131(4) :
442-445, L.J. Balcer et al) {www.ajo.com}
{lbalcer@mail.med.upenn.edu}
Quinze à 20% des sujets atteints de neurofibromatose de type
1 (NF1) développent un gliome des voies optiques, et plus d'un
tiers auront une baisse d'acuité visuelle ou une atrophie
optique. Les auteurs ont étudié le retentissement
visuel de la tumeur selon sa localisation initiale et son extension
(en IRM), chez 43 patients suivis 3 ans en moyenne. Ils ont
trouvé que les tumeurs rétro-chiasmatiques sont
significativement associées à l'atteinte visuelle. Si
le diagnostic de tumeur avec retentissement visuel est plus
fréquent entre 3 et 4 ans, les troubles de la vue
apparaissent parfois plus tard (chez l'adolescent). Une surveillance
prolongée est donc indispensable, d'autant que les gliomes
rétro-chiasmatiques exposent aussi à un risque vital.
De même, il faut surveiller les enfants asymptomatiques
porteurs d'une NF1 en neuro-ophtalmologie et ophtalmologie
(acuité et champ visuels selon l'âge).
Chirurgie de la
cataracte au laser : étude prospective sur 1000
interventions (Ophthalmology 2001 ; 108(4) : 649-650, A.J.
Kanellopoulos et al)
Les ultrasons restent une des méthodes les plus sûres
et les plus efficaces pour la chirurgie de la cataracte. Les auteurs
rapportent leur expérience de la phacoémulsification
par laser Nd-Yag sur 1000 interventions. Matériel, technique
et résultats sont détaillés. Dans 52 cas, une
conversion aux ultrasons a été nécessaire. Les
complications ont été peu nombreuses : 16 ruptures
capsulaires dont 12 issues de vitré, 2 hyphéma
per-opératoires, un oedème maculaire cystoïde au
troisième mois et une décompensation cornéenne.
En cas de noyau dur, le temps opératoire augmente, rendant
l'utilisation des ultrasons préférable, malgré
les progrès des pièces à main laser. Le laser
délivre une moindre énergie et réduit
l'incidence des brûlures cornéennes. D'autre part,
l'incision est très petite et permettrait dans le futur
d'utiliser, à titre d'implant, du matériel
réfractif injecté dans le sac capsulaire et de
conserver l'accommodation.
Hamartome
mésenchymateux rhabdomyomateux de la paupière
(Ophthalmology 2001 ; 108(4) : 798-803, R.W. Read)
Les auteurs rapportent l'observation d'un jeune enfant ayant une
tumeur de la paupière inférieure de type hamartome
mésenchymateux rhabdomyomateux (HMR), un dermoïde du
limbe et un colobome de la paupière supérieure
homolatéraux. Les hamartomes sont des tumeurs bénignes
qui se présentent avec à leur surface un
épiderme normal et qui contiennent des fibres musculaires
striées et des tissus mésenchymateux normaux : adipeux,
collagène, vaisseaux sanguins, nerfs. Ils sont le plus
souvent uniques mais peuvent être multiples. Le
préjudice est surtout esthétique, mais il faut faire
examiner les patients sur le plan général et
neurologique pour éliminer un syndrome congénital. Dans
le cas présenté, les auteurs pensent que l'association
de plusieurs anomalies pourrait évoquer un syndrome de
Goldenhar. Ils présentent une revue de la littérature
et le comparent à d'autres cas.
Astigmatisme
cornéen irrégulier après LASIK pour myopie
(Br. J. Ophthalmol. 2001 ; 85(5) : 534-535,T.M. Baek et al)
{www.bjophtalmol.com}
Après LASIK, la plupart des patients sont satisfaits, mais
certains signalent une diminution de la sensibilité aux
contrastes ou un flou visuel. L'astigmatisme cornéen, dû
par exemple à un décentrement du laser, peut
influencer les résultats. Cette étude inclut 119 yeux
corrigés par LASIK pour myopie et astigmatisme, et 70 yeux
pour myopie seule. La topographie cornéenne,
réalisée avant puis un mois après
l'intervention, a permis de calculer l'astigmatisme
irrégulier et de constater qu'il était
corrélé à la profondeur de l'ablation, comme
cela avait déjà été montré pour
la photokératectomie réfractive. Toutefois, les
résultats visuels étant bons, il ne semble pas avoir
de traduction clinique. D'autres études sont donc
nécessaires pour préciser l'influence de
l'astigmatisme cornéen post-LASIK sur les performances
visuelles et renseigner sur son évolution à long
terme.
Rééducation
visuelle de l'enfant (Les cahiers d'ophtalmologie 2001 ; 49 :
37-45, J. Tixier et coll)
L'amblyopie peut être organique, fonctionnelle, uni- ou
bilatérale, plus ou moins sévère, et est
d'autant plus réversible que l'enfant est jeune. Son
dépistage est primordial. On la définit par une
acuité visuelle basse avec anomalies de la sensibilité
aux contrastes et du champ visuel. Elle est favorisée par les
antécédents familiaux de strabisme, amétropie,
maladie oculaire, ou personnels de prématurité,
strabisme, anomalie oculo-palpébrale (dont nystagmus),
affection génétique ou chromosomique, infection
néo-natale ou in utero, exposition in utero à des
toxiques. Le bilan ophtalmologique complet comporte un examen
orthoptique avec vision binoculaire. La rééducation se
fait sous correction optique parfaite et permanente,
déterminée sous cycloplégiques, après
traitement des causes de l'amblyopie si possible, et sous stricte
surveillance. Il faut informer les parents et rééduquer
assez longtemps pour éviter la récidive.
Le port
occasionnel des lentilles de contact (Les cahiers d'ophtalmologie
2001 ; 49 : 17-20, G. Elie)
Pour un port occasionnel, les lentilles rigides ne sont pas exclues
mais les souples conviennent mieux. Il s'agit de lentilles d'un jour
ou à renouvellement fréquent (hebdomadaire ou mensuel),
voire de lentilles teintées cosmétiques. Ces
dernières ne doivent pas être portées pour
conduire car elles rétrécissent le champ visuel. Le
motif de la demande peut être lié à
l'esthétique, la pratique d'un sport, la protection solaire
(mais les lentilles de soleil donnent les "yeux noirs") ou la
presbytie. En effet, selon les circonstances, les presbytes peuvent
souhaiter des lentilles et à d'autres moments, retrouver la
qualité de vue que procurent les lunettes. L'adaptation et
l'entretien de ces lentilles répondent aux mêmes
règles que pour un port régulier : il faut respecter
contre-indications et mesures d'hygiène. Les solutions "tout
en un", qui aseptisent les lentilles pendant plusieurs semaines ou
mois, semblent les mieux adaptées.
Détection
de l'ADN de Borrelia Burgdorferi dans les urines de patients atteints
de maladie de Lyme oculaire (Br. J. Ophthalmol. 2001 ; 85(5) :
552-555, U. Pleyer et al) {www.bjophtalmol.com}
La maladie de Lyme est une infection systémique à
spirochètes transmise par les tiques. En l'absence de
diagnostic précoce, elle provoque arthrites, atteintes
cutanées et neurologiques. L'oeil est plus rarement atteint :
uvéites, hyalites, oedème papillaire, choroïdite.
Le diagnostic en est difficile, car la notion de piqûre de
tique ou d'érythème migrant manque et les
sérologies peuvent être négatives. La recherche
par PCR de l'ADN de l'agent responsable : Borrelia Burgdorferi, dans
les urines, est donc de plus en plus utilisée. Cette
étude a inclus 256 uvéites. Chez les 6 patients
suspects de maladie de Lyme, la PCR était positive, alors
qu'elle était négative chez les 30 témoins, et
s'est négativée après antibiothérapie. Il
semble donc s'agir d'un moyen diagnostic efficace, et d'un
élément de surveillance de l'infection. Toutefois, des
études complémentaires sont souhaitables pour
déterminer sa sensibilité.