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Semaine du 7 mai au 13 mai 2001
Traitement des
brûlures cornéennes par base (Réflexions
ophtalmologiques 2001 ; 6(43) : 17-19, R. Graffan et coll)
Les brûlures oculaires par base sont graves, car les
lésions peuvent progresser. Une revue de la littérature
est présentée sur leurs traitements. En urgence,
l'efficacité du rinçage abondant doit être
contrôlée en mesurant le pH par bandelettes. Selon la
gravité, pour les stades 1 et 2, des cycloplégiques et
antibiotiques locaux suffisent, pour les stades 3 et 4, l'excision
des tissus nécrosés et le lavage de la chambre
antérieure se font au bloc. Il faudrait déterminer les
indications des corticoïdes et du produit visco-élastique
par des études prospectives. Il n'y a pas de consensus sur la
conduite à tenir dans la semaine suivant l'accident, mais les
auteurs proposent un protocole. Par la suite, si l'ulcération
cornéenne persiste, ce qui est fréquent, la chirurgie
est souvent nécessaire : auto ou allogreffe de limbe, greffe
de membrane amniotique, kératoplastie transfixiante. Des
recherches sont en cours sur les promoteurs de la
cicatrisation.
Interruption du
traitement d'entretien anti-CMV après restauration immunitaire
sous traitement anti-rétroviral hautement actif (HAART)
(Br. J. Ophthalmol. 2001 ; 85(4) : 471-473, A.L.L. Curi et al)
{carlos.Pavesio@moorfields.nthames.nhs.uk} {www.bjophthalmol.com}
Chez les sidéens, la cause la plus fréquente de
rétinite est le CMV, qui atteint les malades ayant un taux bas
de CD4. Classiquement les virustatiques (par voie intraveineuse,
orale ou intra-oculaire), sont utilisés en traitement
d'attaque puis d'entretien. L'arrivée de l'HAART a
changé la présentation clinique des rétinites
à CMV, grâce à la restauration immunitaire, qui
augmente les CD4 et diminue la charge virale en contrôlant la
réplication du virus HIV. Les auteurs rapportent leur
expérience de l'arrêt du traitement d'entretien
anti-CMV, chez 41 patients, bons répondeurs à l'HAART,
suivis en moyenne 20,4 mois. Ils estiment que cela peut être
fait en toute sécurité si les CD4 sont au dessus de
150/mm3, mais que les patients doivent être surveillés
longtemps, car on ignore si la rétinite à CMV ne
récidivera jamais. Cet avis est confronté aux
données de la littérature. Aucun des patients de
l'étude n'a récidivé.
Les facteurs de
risques de la DMLA (Ophthalmology 2001 ; 108(4) : 697-704, W.
Smith et al)
Ce travail regroupe 3 grandes études réalisées
aux Etats-Unis, aux Pays bas et en Australie, ayant inclus en tout
14752 patients. Son but était de déterminer la
prévalence de la DMLA et de ses différentes formes, et
ses facteurs de risques. La prévalence varie selon les pays,
ce qui pourrait s'expliquer par l'ensoleillement, mais il est
difficilement quantifiable, ou par des facteurs
génétiques, par exemple. La proportion de la forme
atrophique par rapport à la forme néovasculaire est de
2/1 aux Etats-Unis et en Australie, alors qu'elle est de 1,1/1 aux
Pays-Bas. En dehors de l'âge et de
l'hérédité, le seul facteur de risque
identifié a été le tabagisme (les autres
facteurs étudiés étaient nombreux : sexe, index
de masse corporelle, maladies cardio-vasculaires, couleur de
l'iris...). Les auteurs insistent donc sur la prévention avec
la lutte contre le tabagisme, et sur l'intérêt de la
recherche génétique, controversés dans la
littérature.
Aspects
ophtalmologiques associés aux anticorps anticardiolipine. Une
étude descriptive (Am. J. Ophthlmol. 2001 ; 131(4) :
451-456, E. Miserochhi et al)
Le groupe des anticorps antiphospholipides inclut les anticorps
anticardiolipine (Ac ACL) et l'anticoagulant lupique. Ils peuvent
être responsables d'hypercoagulabilité, de mort foetale
in utéro, de thrombocytopénie, de manifestations
neuro-ophtalmologiques, d'occlusions veineuses et artérielles
rétiniennes à répétition et d'atteinte
des vaisseaux choroïdiens. Facteurs de risque de maladies
systémiques et oculaires sévères, ils ont
été décrits dans le lupus, les
collagénoses, les infections (syphilis, ARN ou Acute Retinal
Necrosis), chez des toxicomanes et des sujets sains. Sur une
série de 13 patients, les auteurs montrent que leurs
manifestations oculaires peuvent être variées, voire
cécitantes : uvéite, kératite, sclérites
antérieure et postérieure, hyalite, vascularite,
décollement de rétine, oedème papillaire.... Il
faut donc savoir doser les Ac ACL en cas d'hypercoagulabilité,
de vascularite, d'uvéite...
Ulcères
cornéens et lentilles de contact (Cornea 2001 ; 20(3) :
290-294, T. Rattanatam et al)
Le port de lentilles de contact, surtout nocturne ou en l'absence de
règles d'hygiène strictes, expose au risque de
kératite infectieuse. Les auteurs ont étudié une
population de 299 patients ayant fait un ulcère de
cornée. Dans cette série, les lentilles à
renouvellement traditionnel étaient plus souvent en cause,
alors qu'aucun cas n'a été observé avec les
lentilles jetables "one-day" (mais nombre de porteurs réduit).
Ces constatations sont commentées et discutées. Il est
conseillé de faire l'éducation des patients, de
considérer comme kératite infectieuse potentielle tout
ulcère avec défect épithélial même
minime (les prélèvements bactériologiques
peuvent en effet revenir positifs), de traiter par
antibiothérapie intensive avant d'envisager des
corticoïdes, et de proposer des lentilles jetables "one day" aux
patients à risques : antécédent d'ulcère
sous lentilles, port prolongé, hygiène
défectueuse...
Prise en charge
du glaucome pendant la grossesse et l'allaitement (Survey of
ophthalmol. 2001 ; 45(5) : 449-454, S.M. Johnson)
Pour traiter un glaucome pendant la grossesse (qui diminue la tension
oculaire) et l'allaitement, il faut se référer aux
publications de cas ponctuels, aux essais chez l'animal,
évaluer la gravité du glaucome, les risques pour le
bébé, et ceux de la chirurgie. Il est conseillé
de choisir les drogues les moins dangereuses pour l'enfant, de
réduire leur nombre au maximum et d'instiller les collyres en
comprimant les voies lacrymales (limite les effets
systémiques). Si l'enfant bradycarde, on arrête les
béta-bloquants. Pendant l'allaitement, le traitement sera
donné après la tétée car le pic des
drogues dans le lait survient 30 à 120 minutes après la
prise. Pour opérer, mieux vaut éviter le premier
trimestre de grossesse (risque tératogène) et les
antimitotiques. Bien positionner la mère en
peropératoire limite la compression aortico-cave et le
pyrosis. L'anesthésie locale semble sans danger pour le
foetus.