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Semaine du 30 avril au 6 mai 2001

Traitement des cyclodialyses post-traumatiques par cyclopéxie directe (J. Fr. Ophtalmol. 2001 ; 24(3) : 282-285, M. Patte et coll)
Rare, la cyclodialyse est la désinsertion du muscle ciliaire de l'éperon scléral. Elle est post-traumatique, ou complique la chirurgie filtrante ou de la cataracte. L'excès de filtration uvéo-sclérale de l'humeur aqueuse et la réduction de sa production ciliaire provoquent une hypotonie chronique. Apparaissent alors, hypothalamie, cataracte, oedèmes cornéen, papillaire et maculaire, décollement choroïdien et plis rétiniens, d'où baisse d'acuité visuelle parfois définitive. Les auteurs, qui ont opéré par cyclopéxie directe 2 patients atteints de cyclodialyse post-traumatique, décrivent la technique. Efficace pour normaliser la tension oculaire, mais invasive, elle est indiquée si 6 semaines de cycloplégiques n'ont pas donné de résultat. Le risque (endophtalmie, hémorragie, décollement de rétine, issue de vitré, hypertonie oculaire) est supérieur si le traitement couvre plus de 180°. Les autres types de cyclopéxie sont décrits.

Métastase orbitaire de mélanome malin. A propos d'un cas (J. Fr. Ophtalmol. 2001 ; 24(3) : 286-290, M. G.L.W.G. Pedroli et coll)
Un patient de 60 ans a consulté pour exophtalmie, diplopie initiale, baisse d'acuité visuelle et limitation de l'oculomotricité à droite, avec altération de l'état général. Le bilan thyroïdien était normal. Un premier scanner orbitaire n'a rien décelé. Le second, 4 mois après, a montré une hypertrophie tumorale des muscles droits. Le bilan d'extension a révélé un mélanome malin généralisé pour lequel un traitement palliatif et symptomatique a été prescrit. Les auteurs énumèrent les signes des métastases orbitaires, et rappellent qu'une diplopie, surtout associée à une exophtalmie ou des signes généraux doivent conduire à un bilan en urgence. Ils mettent aussi en garde contre le "faux ptosis", dû à une énophtalmie par contraction ou ostéolyse tumorale. Les autres causes d'atteinte des muscles orbitaires sont : une dysthyroïdie, une myosite (souvent douloureuse), un lymphome, des désordres vasculaires.

Le syndrome d'Urrets-Zavalia (J. Fr. Ophtalmol. 2001 ; 24(3) : 303-308, T. Boursier et al.)
Le syndrome d'Urrets-Zavalia associe une mydriase aréactive, une uvéite antérieure, une atrophie de l'iris et une hypertonie oculaire. A partir de 4 observations, les auteurs en détaillent les causes et les signes. Ce tableau peut compliquer toute kératoplastie transfixiante, une chirurgie de la cataracte, ou être post-contusif. Les signes habituels comportent une photophobie, des halos, un larmoiement et une irritation oculaire, mais il existe des cas atypiques. L'importance de la gêne peut nécessiter le port de lentilles ou de verres teintés. L'étiologie est discutée. Il pourrait s'agir d'un blocage pupillaire relatif ou des conséquences d'une ischémie, ce qui semble plus vraisemblable. Dans les situations à risque, la prévention recommande de ne pas prescrire de mydriatiques, sauf si c'est absolument indispensable, et de bien laver le produit visco-élastique au terme d'une intervention chirurgicale.

Manifestations oculaires de la sclérose tubéreuse : étude d'une population (Br. J. Ophthalmol. 2001 ; 85(4) : 420-423, S.A. Rowley et al){steven.rowley@virgin.net} {www.bjophthalmol.com}
La sclérose tubéreuse de Bourneville (STB) se traduit par l'existence d'hamartomes dans divers tissus ou organes. Par exemple : des angiolipomes rénaux, des lésions cutanées dépigmentées, des angiofibromes de la face. On classe les atteintes oculaires en rétiniennes ou non rétiniennes. Sur la rétine, 3 types d'hamartomes sont décrits dans la littérature : 1) lésion plane, non calcifiée, grisâtre et translucide ; 2) lésion saillante multinodulaire (framboisée), calcifiée, opaque ; 3) lésion intermédiaire. Des troubles de pigmentation rétinienne peuvent être observés. En extra-rétinien, divers colobomes, une dépigmentation irienne, un strabisme (...) sont possibles. Dans cette étude qui a porté sur une population de sujets atteints de STB, la lésion extra-rétinienne la plus fréquente était l'angiofibrome palpébral. La moitié des patients étaient emmétropes et 50% avaient un certain degré de déficit mental.

Implants phakes fixés à l'iris (Réflexions ophtalmologiques 2001 ; 6(43) : 7-11, F. Malecaze et coll.)
Les implants corrigeant la myopie forte de l'oeil phake ont beaucoup progressé. Les auteurs détaillent les indications, contre-indications et complications de l'implant ARTISAN, utilisé pour les myopies de plus de -8 ou -10 Dioptries. La pose de l'implant se fait sous myotiques et produit visco-élastique. Elle nécessite une akinésie et une analgésie parfaites. Le type d'incision varie avec les habitudes du chirurgien, et 2 petites contre-incisions sont nécessaires. L'implant est introduit par son plus petit diamètre, puis tourné de 90°, pour se retrouver dans l'axe 3h/9h, et centré sur la pupille. Une aiguille ou une pince à enclavement permet de fixer l'implant à l'iris. Moyennant une courbe d'apprentissage, cette technique apparaît prédictible et donne aux opérés une bonne qualité de vision. La perception de contours flous et de halos est transitoire. La surveillance de l'endothélium cornéen se fait à 6 mois puis tous les ans.

Cycloaffaiblissement par laser Diode pour des yeux glaucomateux non voyants et douloureux (Br. J. Ophthalmol. 2001 ; 85(4) : 474-476, K.R.G Martin et al) {david.broadway@norfolk.norwich.thenhs.com} {www.bjophthalmol.com}
Le cycoaffaiblissement par laser Diode est de plus en plus utilisé pour traiter les glaucomes réfractaires. Les auteurs ont voulu savoir si traiter des yeux glaucomateux non voyants et douloureux, améliorerait le confort des patients. Trente yeux ont été inclus (glaucomes néovasculaires, de l'aphake, hypertonies oculaires post-chirurgicales...). Sur un suivi moyen de 10,8 mois, la méthode s'est révélée efficace pour contrôler la douleur (un oeil est resté douloureux) et bien tolérée. La chute de plus de 30% de la tension oculaire initiale était significativement corrélée à la réduction de la douleur. Le taux de retraitement a été de 23,3% (soit moins que d'autres études publiées, mais les protocoles varient selon les équipes). Des complications sont possibles: glaucome malin, ulcère cornéen neurotrophique, perforation sclérale, ophtalmie sympatique, hypotonie prolongée, phtyse du globe, uvéite ou hyphéma.