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Semaine du 23 au 29 avril 2001
Motivation des
patients candidats à une chirurgie réfractive (J.
Fr. Ophtalmol. 2001 ; 24(2) : 147-152, Savary le Floch G et coll)
Les opérés de chirurgie réfractive sont de plus
en plus nombreux. Cent deux patients ont été
interrogés sur leurs motivations. Confort et esthétique
arrivaient en tête chez les hommes et les femmes. Chez les
hommes les motivations sportives ou professionnelles étaient
plus fréquentes. Les auteurs pensaient que la principale
motivation aurait été l'intolérance aux
lentilles. Ils ont donc été surpris de constater que
plus 50% des porteurs de lentilles les supportaient bien, et que
beaucoup de candidats à la chirurgie n'en avaient jamais
essayé ! La chirurgie est apparue comme une option de
facilité. Il est rappelé que la première
consultation pour chirurgie réfractive doit informer le
patient des risques (halos, éblouissements, gène
à la conduite de nuit...), de l'irréversibilité
et de toutes les alternatives pour la correction visuelle. La
solution qui allie un maximum d'efficacité et un minimum de
risque doit être privilégiée.
Posture et
presbytie après 55 ans... Usage intensif de la vision
intermédiaire dans le regard de face ou dirigé vers le
haut (Les cahiers d'ophtalmologie 2001 ; 48 : 14-15, Hamard H et
coll)
A 50 ans la réserve accommodative est d'environ 2 Dioptries,
et suffit pour assurer une bonne vision intermédiaire. Mais
après 55 ans le presbyte ne voit plus net en vision
intermédiaire ni avec sa correction de loin, ni avec celle de
près. Il lui faut donc des verres progressifs. Mais utiliser
la vision intermédiaire de face ou dans le regard vers le haut
nécessite le rejet de la tête en arrière,
d'où fatigue visuelle et cervicalgies. Ceci s'observe par
exemple avec le travail sur écran. Pour les emmétropes,
les amétropes légers et les amétropes
corrigés par lentilles, on a donc conçu les verres de
proximité, qui assurent à la fois visions de
près et intermédiaire. Pour les amétropes
équipés en verres progressifs, on peut ajouter sur la
zone de vision de loin, un segment additionnel clipable amovible de
+1 Dioptrie ("Topscreen") ou plus. Il assure confort et
netteté en vision intermédiaire, dans le regard de face
ou vers le haut après 55 ans.
L'aide
humanitaire en ophtalmologie se développe : vision 20/20
(Réalités ophtalmol 2001 ; 81 :36-39, Elie G)
Dans le monde 180 millions de personnes sont en incapacité
visuelle. Beaucoup d'associations (une majorité d'ONG, avec
à leur tête l'OMS) tentent de faire reculer les
principales causes de malvoyance et de cécité (dont 80%
sont évitables). La situation risque de s'aggraver pour, selon
les pays, pauvreté des patients, manque de moyens, de
personnel qualifié, de matériel et de locaux
adaptés, délaissement des campagnes au profit des
villes. L'oncocercose, filariose transmise par la simulie en Afrique
et en Amérique du sud, pourrait être
éradiquée si chaque personne prenait 1 comprimé
par an d'ivermectine pendant 10 ans, au coût de 1 franc par an
et par malade guéri. Mais tous les pays doivent participer et
la lutte doit se poursuivre. En matière de cataracte, les 20%
d'échec sont dus au manque de moyens. Il faut former du
personnel, améliorer l'accès aux soins et augmenter les
moyens.
Lymphangiome
orbitaire : à propos d'un cas (J. Fr. Ophtalmol. 2001 ;
24(2) : 175-177, M. Halhal et al)
Les tumeurs vasculaires orbitaires, varient par leur siège,
leur potentiel évolutif leur nature histologique et leur
pronostic. Les plus fréquentes sont : l'hémangiome
caverneux, le lymphangiome (qui peut atteindre : conjonctive,
paupières, orbite, tête et cou), et
l'hémangiopéricytome. Elles sont responsables
d'exophtalmie progressive, ou brutale en cas d'hémorragie. A
propos du cas d'une patiente multi-opérée, les auteurs
rappellent les caractéristiques du lymphangiome orbitaire, qui
apparaît chez l'enfant ou l'adolescent. Cette tumeur vasculaire
bénigne, pour le diagnostic de laquelle l'IRM est très
utile, s'étend localement et récidive. Son traitement
est difficile : l'exérèse complète est presque
impossible et expose à un risque visuel et de
séquelles. Il faut donc bien respecter les indications
chirurgicales en différant le geste tant qu'il n'y a pas de
menace visuelle ou de complication.
Leucémie
aiguë lymphoblastique et atteinte vitréenne : à
propos d'un cas (J. Fr. Ophtalmol. 2001 ; 24(2) : 180-182, R.
Zhioua et al)
Les localisations extramédullaires les plus fréquentes
des leucémies aiguës lymphoblastiques (LAL) sont
méningées, testiculaires et oculaires. Sur le plan
ophtalmologique elles peuvent atteindre : le nerf optique, la
choroïde, la rétine (altérations de
l'épithélium pigmentaire, décollement de
rétine exsudatif), le corps ciliaire, l'iris, l'orbite, les
muscles oculomoteurs, et rarement le vitré (alors que lymphome
de Burkitt, maladies de Kahler et de Hodgkin sont connus pour
infiltrer le vitré). Les auteurs présentent un cas
d'infiltrat vitréen résistant à la
chimiothérapie et nettement amélioré par la
vitrectomie. L'atteinte oculaire au cours d'une LAL peut être
directe, par infiltrat leucocytaire tumoral de l'oeil, ou indirecte.
Dans ce dernier cas, anémie, thrombopénie et
hyperviscosité sanguine provoquent l'apparition de nodules
cotonneux et d'hémorragies de différents types :
rondes, en flammèches, ou à centre blanc.
Fonctions
visuelles et implant intraoculaire multifocal (Les cahiers
d'ophtalmologie 2001 ;48 : 31-36, T. N. Brignol)
A travers la littérature, l'auteur compare différents
implants intraoculaires multifocaux, entre eux, et avec des implants
monofocaux. Les multifocaux assurent une meilleure vision de
près et intermédiaire, donc une vision plus
fonctionnelle. Ils améliorent ainsi la qualité de vie
des opérés, qui ont moins recours au port de lunettes.
Si l'implantation est unilatérale, malgré une vision
binoculaire qui semble conservée, on observe plus
d'aniséïconie. Les implants mutifocaux assurent une bonne
profondeur de champ, mais leurs performances dépendent de la
distance et de leur design. La perte de sensibilité aux
contrastes ne semble pas affecter la fonction visuelle. De
même, les implants multifocaux ne diminueraient pas la
sécurité en matière de conduite automobile.
Pourtant, ils augmentent significativement les éblouissements,
les halos et la vision floue de loin par rapport aux
monofocaux.
Utilisation du
bleu trypan pour la réalisation du capsulorhexis dans la
chirurgie de la cataracte blanche (J. Fr. Ophtalmol. 2001 ; 24(3)
: 274-276, M. Nodarian et coll.)
Dérivé azoïque, le bleu trypan est un colorant
vital. Il peut être utilisé comme antiseptique et
anesthésique sur des lésions d'herpès
cutanéo-muqueux, de varicelle ou de zona, et sur les aphtes de
l'angine de Vincent. Les auteurs rapportent leur expérience de
ce colorant, utilisé chez 20 patients, pour faciliter la
réalisation du capsulorhexis dans la chirurgie de la cataracte
blanche. Après incision cornéenne, la technique
consiste à placer en chambre antérieure une bulle
d'air, puis à déposer le bleu trypan sur la capsule
antérieure, avant l'injection de produit visqueux. En
l'absence de lueur pupillaire, la capsule antérieure, bleue,
se voit ainsi très bien. Ni coloration résiduelle, ni
complication (recul de 2 à 12 mois) n'ont été
observées. D'autres colorants ont été
proposés, mais peu maniables et mal tolérés
localement. La toxicité du bleu trypan ne s'observe
qu'à dose élevée. Elle est
détaillée dans l'article.
Lésion du
fond d'oeil séquellaire d'un traumatisme obstétrical :
à propos d'un cas (J. Fr. Ophtalmol. 2001 ; 24(3) :
291-294, J. F. Le Rouic et coll)
Les traumatismes oculaires obstétricaux sont rares et
habituellement bénins. Ils sont favorisés par la
compression orbitaire durant un travail prolongé, l'extraction
instrumentale, et un poids de naissance supérieur à
3500g. Les lésions sont souvent superficielles : oedème
palpébral, chémosis, hémorragie
sous-conjonctivale, érosion de cornée. Parfois on
observe des ruptures verticales de la membrane de Descemet
(d'où risque de myopie forte, d'amblyopie et d'astigmatisme),
un hyphéma ou un abcès cornéen. Les
hémorragies vitréennes et rétiniennes sont
spontanément résolutives. Hématomes ou fractures
orbitaires, lésions des muscles oculomoteurs ou des nerfs
crâniens, luxation du globe ou du cristallin (...) sont plus
rares. Les auteurs discutent le cas d'une amblyope gauche, née
par forceps, et ayant une atrophie choriorétinienne avec
plages pigmentées, compatible avec une choroïdopathie
traumatique.
Laser CO2 et
Erbium : critères de choix (Les cahiers d'ophtalmologie
2001 ; 48 : 23-25, rubrique : "Matériel")
Le laser C02 permet dissection et vaporisation. Il a un effet
thermique important. On l'utilise pour la chirurgie esthétique
des paupières, blépharoplasties inférieures et
supérieures, dans laquelle il diminue les risques cicatriciels
et hémorragiques. Il traite aussi rides et vieillissement
cutané (resurfacing, peeling). Le laser Erbium Yag est ablatif
et a peu d'effet thermique. Il est utile au peeling superficiel mais,
comme avec le laser CO2, l'érythème cutané est
prolongé (plusieurs mois), et des cicatrices ou un changement
de pigmentation cutanée sont possibles. Les critères de
choix du matériel doivent aussi tenir compte du système
laser, de sa maintenance, de l'aspirateur de fumée, de la
formation des utilisateurs et des normes d'assurance qualité
(ISO). Il faut en plus savoir calculer les différents indices
indicateurs de la rentabilité à venir de l'appareil
dont on veut faire l'acquisition.
Tolérance
des implants intra-ténoniens. Etude rétrospective sur
14 ans (J. Fr. Ophtalmol. 2001 ; 24(3) : 277-281, A. Ducasse et
coll)
Les auteurs rapportent l'évolution de 100 patients
énucléés entre 1985 et 1998. La plupart des
énucléations étaient indiquées pour
pathologie tumorale, suites de traumatisme, glaucome
néovasculaire ou endophtalmie. Les techniques de mise en place
de 3 implants (Tunnel PMMA, silicone, hydroxyapatite) sont
détaillées. Au total, 20% des implants ont
été expulsés, le plus souvent suite à un
traumatisme (autres causes : mélanome, scléromalacie,
infection). Les autres complications, parfois favorisées par
la radiothérapie, ont été par ordre de
fréquence : rétraction de la cavité, ptosis,
ectropion et désunion conjonctivale. Une revue de la
littérature sur la tolérance des implants est
présentée. Une expulsion peut survenir plusieurs
années après la chirurgie et paraît plus rare
avec l'hydroxyapatite. Une infection, l'intolérance aux fils
de suture et l'habillage de l'implant pourraient favoriser la
survenue des rejets.