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Semaine du 10 au 16 avril 2001
Les aides
visuelles dans la prise en charge des handicapés visuels
(Les cahiers d'ophtalmologie 2001 ; 47 : 7-10, Pr. Ch. Corbé
et coll) {cahiers@ophtanet.com} {www.ophtanet.com}
La prise en charge des handicapés visuels doit se faire par
une équipe pluri-disciplinaire avec en particulier :
l'ophtalmologiste, l'orthoptiste et l'opticien. Ceci permet de
définir les besoins, les possibilités et le programme
de rééducation de chaque patient, en tenant compte
aussi de son âge et de son état psychologique.
L'étude de la réfraction, initialement et pendant le
traitement, est fondamentale : elle permet d'apprécier les
progrès du patient. La rééducation de la vision
fonctionnelle est un entraînement visuel qui inclut des
stratégies motrices, oculomotrices, visiomotrices et
cognitives. Les aides visuelles sont adaptées à la
tâche demandée et leur utilisation demande un
apprentissage. Enfin, l'environnement et l'éclairage doivent
être adaptés. Tous ces facteurs contribuent à
améliorer les performances visuelles.
Les facteurs
vasculaires du glaucome (Réflexions ophtalmologiques 2001
; 42(6) :7-9, P. Hamard)
Dans le glaucome, la dégénérescence des cellules
ganglionnaires est multifactorielle. La première cause est
l'hypertonie oculaire, mais, surtout dans les glaucomes sans tension,
des facteurs de risques vasculaires s'y ajoutent : HTA,
hyperlipidémie, diabète, hypotension artérielle
(en particulier nocturne, parfois iatrogène).
L'ischémie axonale provoque la libération en
excès de glutamate puis une série
d'événements et la mort cellulaire. Il existe des
anomalies du flux sanguin oculaire chez les glaucomateux, avec
déficit d'autorégulation, d'où hypoperfusion
tissulaire. On recherchera un vasospasme (migraine, syndrome de
Raynaud, acrocyanose...), dont l'existence est corrélée
à l'atteinte du champ visuel. Une hyperviscosité
sanguine peut intervenir dans l'ischémie. Il faut explorer et
traiter ces facteurs pour limiter l'évolution de la
neuropathie optique glaucomateuse, surtout à pression oculaire
normale.
Prise en charge
des ptosis congénitaux (Ocular Surg. News 2001 ; 12(2)
:39, Mark R. Levine) {mark.levine@gte.net}
Le ptosis chez l'enfant est le plus souvent dû à une
insuffisance du releveur de la paupière supérieure, est
unilatéral dans 3/4 des cas, et s'accompagne d'amblyopie une
fois sur 5. Souvent isolé, il peut être associé
à d'autres anomalies ophtalmologiques. Le bilan comporte en
particulier, la mesure de l'acuité visuelle, du niveau du
ptosis, de la fonction du releveur, la recherche d'un strabisme, des
signes de Charles Bell et de Marcus Gunn et l'évaluation de la
fonction lacrymale. L'auteur estime qu'en dehors des cas où
l'axe optique n'est pas libre, qui sont une urgence pour
éviter l'amblyopie de déprivation, il ne faut pas
opérer avant l'âge de 4 ou 5 ans. Il détaille sa
technique de résection de l'aponévrose et du muscle
releveur de la paupière supérieure, et rappelle de
prévenir en pré-opératoire des risques de sur-
ou sous-correction, d'asymétrie palpébrale ou de
lagophtalmie.
Kératocônes
(Les cahiers d'ophtalmologie 2001 ; 47 : 29-32, F. Colin et coll)
{cahiers@ophtanet.com} {www.ophtanet.com}
Les causes du kératocône sont controversées, mais
il existe des facteurs de risques et des maladies associées
comme l'atopie. De l'astigmatisme oblique asymétrique
modéré à l'opacification cornéenne, on
décrit 4 stades. Les auteurs détaillent l'adaptation
des lentilles rigides, qui permettent de retarder le recours à
la greffe de cornée. L'objectif à atteindre est
l'acuité visuelle mesurée à travers le trou
sténopéïque. Si elles sont mal
tolérées, soit on pose une lentille souple sur laquelle
on adapte la lentille rigide, soit on discute une des techniques de
chirurgie réfractive. Parmi celles ci certaines sont
controversées, voire abandonnées car elles fragilisent
la cornée, mais les anneaux intracornéens (INTACS)
semblent intéressants. La kératoplastie transfixiante
est le dernier recours, mais c'est un traitement lourd, et son
résultat dépend de la qualité du
greffon.
Réparation
des fractures du plancher de l'orbite chez l'enfant (Ocular Surg
News 2001 ; 12(2) :36, James E. Egbert par Michelle Stephenson)
Les enfants ayant une fracture isolée du plancher de l'orbite,
qui se présentent avec : douleurs, nausées,
vomissements et limitation de la motilité oculaire, ont
souvent une incarcération du muscle droit inférieur
dans le foyer de fracture. Un malaise vagual ou une
énophtalmie, initiale ou retardée, sont possibles.
L'auteur conseille d'opérer rapidement ces enfants. Sur une
série de 34 patients opérés dans le mois suivant
le traumatisme (souvent lié à la pratique d'un sport),
tous, sauf un, ont amélioré leur oculomotricité.
Toutefois, la récupération a demandé 4 jours en
moyenne si l'intervention avait eu lieu dans les 7 premiers jours,
mais plus de 10 jours si l'enfant avait été
opéré plus de 2 semaines après le traumatisme.
Une cellulite orbitaire et un hématome
sous-périosté ont été observés,
mais aucun abcès ni rejet du matériel implanté
ni baisse d'acuité visuelle ni détérioration
oculomotrice supplémentaire.
Management de
l'astigmatisme par des lentilles rigides (Les cahiers
d'ophtalmologie 2001 ; 47 : 12-15, Dr Gabriel Elie)
{cahiers@ophtanet.com} {www.ophtanet.com}
Le plus souvent l'astigmatisme est cornéen, mais il peut
être cristallinien ou dû à une déformation
de la rétine. L'astigmatisme direct physiologique est
compensé par un astigmatisme cristallinien inverse.
L'astigmatisme congénital peut évoluer, mais est en
général stable. Un astigmatisme acquis (plaie...) est
plus souvent irrégulier. Selon l'astigmatisme et sa puissance,
il existe plusieurs types de lentilles rigides perméables
à l'oxygène, dont l'auteur détaille les
indications : lentilles de révolution, toriques
antérieures ou postérieures et bi-toriques. On les
adapte en analysant l'image en fluorescéine. Pour stabiliser
une lentille, on peut la ballaster ou la tronquer. Pour prescrire des
lentilles, l'astigmatisme s'exprime en négatif, et il existe
des règles de conversion à partir de la formule des
lunettes. L'équipement des kératocônes ou des
astigmatismes post-opératoires n'est pas abordé, car
très particulier.
Interprétation
de la topographie d'élévation (Réflexions
ophtalmologiques 2001 ; 42(6) : 29-31, O. Prisant)
Pour avoir une idée précise du relief cornéen,
les cartes topographiques kératométriques sont
insuffisantes. La topographie d'élévation
représente la cornée comme "la terre vue du ciel".
L'élévation est définie par la hauteur de chaque
point de la cornée, déterminée par rapport
à un niveau de référence situé sur la
sphère virtuelle qui épouserait le mieux la
cornée étudiée. La couleur code la hauteur :
bleu si le point cornéen se situe sous la
référence, rouge orangé s'il est au-dessus, vert
s'il est au même niveau. S'appuyant sur des exemples et des
illustrations, l'auteur montre que selon les cas, les couleurs
peuvent ou non coïncider avec celles de la carte
kératométrique de la même cornée. Avant
d'interpréter une image, il faut donc bien savoir à
quoi elle correspond. L'Orbscan (Bausch & Lomb) est un topographe
original qui permet en particulier de représenter la
topographie des faces antérieure et postérieure de la
cornée.
Désinsertion
du petit oblique : un traitement efficace des parésies du
grand oblique (Ocular Surg. 2001 ; 12(2) : 32-33, Alan Mulvihill
et al)
La plupart des parésies du grand oblique (GO) sont
congénitales, avec anomalies du muscle ou de son tendon. Elles
sont le plus souvent unilatérales. Celles qui sont acquises
sont souvent post-traumatiques, mais peuvent être dues à
une tumeur, une inflammation ou un anévrysme
intra-crânien. Elles peuvent provoquer : diplopie ou autre
trouble visuel, et attitude vicieuse de la tête.
Présentant 52 cas de patients opérés, les
auteurs pensent que la méthode de choix en première
intention est la désinsertion du petit oblique (PO), en
s'assurant en per-opératoire que toutes les fibres du muscle
sont sectionnées. Efficace, elle comporte peu de risque de
sur-correction, moins bien tolérée qu'une
sous-correction. Parks ayant observé des adhérences
post-opératoires, préférait
l'antéro-position du PO. Les autres méthodes sont
discutées : plicature du GO, recul du droit inférieur
contro-latéral, myectomie ou affaiblissement du PO.
Phakoémulsification
combinée à l'ablation de silicone par un capsulorhexis
postérieur (Réflexions ophtalmologiques 2001 ;
42(6) : 39-40, E. Frau et al)
Le silicone, utile dans certaines chirurgies rétiniennes
compliquées, est responsable dans près de 100% des cas
de l'apparition d'une cataracte. Il peut aussi provoquer un glaucome
ou une kératopathie en bandelettes. On conseille donc de
procéder à son ablation 3 à 6 mois après
la chirurgie. Si la rétine est à plat et qu'il ne
persiste ni traction vitréo-rétinienne ni membrane
épirétinienne, l'auteur propose une technique
combinée à la phakoémulsification, qui permet de
n'opérer qu'une fois le patient. Après
phakoémulsification classique, il réalise sous visqueux
un capsulorhexis postérieur de 3 à 4 mm, par lequel le
silicone est aspiré grâce à la pièce
à main (400 mmHg de vide et Débit de 40cc/min). Puis
l'implant, qui ne doit pas être en silicone, peut être
posé dans le sac capsulaire. Le seul problème est le
calcul d'implant en présence de silicone, pour lequel le
scanner hélicoïdal pourrait être utile.