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Brèves des USA du 10.08.2002

Rev 10-08-2002
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L'armée américaine incite les soldats à se faire opérer de myopie

 Soldat américain porteur de lunettes
Soldat américain porteur de lunettes

L'article original du Washington Post

Le traitement oculaire procure un avantage aux soldats

Par Steve Vogel, rédacteur du Washington Post

Le lundi 1er avril 2002, page A01

Le sergent Kevin Hayes repose sur le dos dans un salle d'opération circulaire au centre médical militaire Walter Reed, son œil droit grand ouvert sous un laser.

"Acquired", un ordinateur relié au laser annonce d'une voix métallique que l'appareil suit la pupille du sergent.

Un instrument informatisé trace une ouverture dans la cornée. Le lieutenant-colonel Scot Bower, chirurgien militaire, appuie sur une pédale qui actionne un laser dont les impulsions remodèlent la cornée en fonction de l'ordonnance de Hayes. Quelques minutes plus tard, le sergent, âgé de 24 ans, récupère dans une salle d'attente, quelque peu étourdi derrière ses lunettes de sécurité, mais sans plus.

L'armée perfectionne ses soldats, un oeil à la fois.

Après des années de scepticisme, l'armée adopte la chirurgie laser oculaire avec enthousiasme et dépêche des soldats, en Afghanistan et dans d'autres pays en crise, libérés du souci des lunettes embuées ou des verres de contact perdus au combat. « Dès lors, les soldats sont potentiellement meilleurs et davantage en mesure d'effectuer leur travail », explique Bower, directeur de la chirurgie réfractive au centre Walter Reed, au nord-ouest de Washington.

«Ils sont améliorés, si l'on peut dire », déclare le colonel William P. Madigan Jr, chef adjoint en ophtalmologie au centre Walter Reed.

Il y a deux ans, toute personne qui aurait subi un tel procédé aurait été inapte pour le service actif.

Désormais, la chirurgie laser oculaire n'est pas seulement permise, mais encouragée par l'armée. Aujourd'hui, le centre Walter Reed lance un programme de chirurgie réfractive pour les soldats. Là et dans d'autres hôpitaux militaires du pays, les chirurgiens prévoient de corriger la vision de milliers de soldats au cours des prochaines années. L'armée de l'air et la marine offrent des programmes similaires.

«Le procédé est très demandé, probablement plus que nous ne pouvons en faire », raconte Bower.

La volte-face est survenue après qu'un comité médical du département de la défense, avec analyse de plusieurs années de recherche par la marine, soit arrivé à la conclusion que les inquiétudes quant aux dommages que la chirurgie laser peut occasionner à la structure de l'oeil n'ont pas été confirmés et, qu'au contraire, la chirurgie constitue une façon d'améliorer les forces combattantes. Le Congrès a, par la suite, approuvé un programme de 15 millions de dollars.

Les officiels annoncent d'emblée que la chirurgie laser est strictement volontaire. « Il ne s'agit pas d'un programme qui vise à créer un Uebermensch (un surHomme)», déclare Madigan.

Néanmoins, de nombreux soldats sont incités par leurs supérieurs à se faire opérer. « Les commandants mesurent le potentiel que présente le procédé et désirent que leur troupe soit traitée, poursuit Bower. « L'intervention est perçue comme un élément de préparation au combat qui accroît la qualité des forces armées. »

Les lunettes sont depuis toujours problématiques pour les soldats, et la guerre moderne a majoré le problème. De plus en plus, l'armée est équipée d'armes et d'appareils sophistiqués, mal adaptés au port de lunettes. Les soldats qui en portent ont besoin de lentilles adaptées aux masques à gaz. C'est la même chose pour protéger les soldats des lasers ennemis.

«Si vos lunettes sont embuées ou perdues, vous êtes devenus un handicap» explique Madigan. Vous ne faites plus partie de la solution, mais du problème. »

Dans les conditions difficiles où sont déployées les troupes américaines, les verres de contact peuvent être encore pires. De nombreux soldats qui en portaient lors de la guerre du Golf ont fini par les ranger et porter des lunettes, poursuit Madigan. » La chirurgie laser oculaire a été approuvée par la FDA en 1995. Depuis, plus de 3 000 000 d'Américains y ont eu recours.

Bower a estimé que l'intervention qu'il avait réalisé sur les yeux du sergent Hayes coûte entre 2 700 et 4 500 $ en pratique civile.

Le faible pourcentage de réactions indésirables signalées (douleurs, objets entourés d'une lueur ou d'un halo et vision moins bonne qu'auparavant avec des verres correcteurs ou des lentilles) n'a pas été assez élevé pour envisager d'arrêter cette chirurgie, rapportent les officiels de l'armée.

L'inquiétude des militaires concernait principalement le LASIK (kératomileusis par laser in situ) auquel le sergent Haye a été soumis. On avait peur que le lambeau créé dans la cornée au cours du procédé ne soit altéré en plein combat.

Dans son étude, l'armée a suivi comment les membres de la force d'élite, les Rangers, qui avaient subi le procédé se comportaient au combat. " Ils pouvaient sauter d'un avion la nuit, se battre avec une baïonnette et peiner en plein marécage pendant des semaines sans problème, dit Madigan. Ils ont même affirmé que cela leur procurait un avantage Ils n'avaient pas peur d'avoir de la buée dans les lunettes ou de perdre leurs verres de contact.

«L'armée a été taxée de lenteur quant à l'adoption du procédé, mais il lui fallait s'appuyer sur des faits scientifiques, ajoute le colonel William Rimm, chef des services d'ophtalmologie du centre Walter Reed.

Les militaires demeurent réfractaires à l'idée de soumettre les aviateurs au LASIK de peur que l'éjection ultrarapide d'un avion n'endommage le lambeau, dirent les officiels, et de nouvelles recherches doivent être effectuées.

L'armée a établi des critères d'admissibilité au procédé, raconte le colonel Madigan. La priorité est accordée à l'infanterie et aux forces spéciales, puis aux forces de combat, dont les ingénieurs de l'armée blindée, de l'artillerie et de combat. « En réalité, précise le colonel, il reviendra au commandant d'une unité de décider qui aura la priorité. »

«Les services estiment que de 35 à 50 % des troupes ont besoin de verres correcteurs, mais l'admissibilité à la chirurgie laser est tributaire du type de problème oculaire et d'autres facteurs médicaux. Au début, les officiels prévoyaient que peut-être 30 % des troupes admissibles opteraient pour le procédé, mais la demande semble plutôt se situer entre 70 et 80 %, précise Rimm.»

Les soldats sont reçus en consultation avant le traitement. "Si le médecin perçoit une hésitation, l'intervention est annulée." dit Madigan, et il continue: "Le soldat a toujours le dernier mot".

Depuis son ouverture en janvier, près de 200 corrections de la vue ont été réalisées au centre de chirurgie réfractive Walter Reed. Les soldats opérés ont vanté le procédé.

«En tant que porteur de lunettes depuis la deuxième année, c'est le paradis », déclare le sergent major de la Marine, Bob Beyer, de Woodbridge.

«Ça a pris 15 minutes, puis c'était fini et je voyais «, raconte Antoine Flowers, de l'état major spécialisé et affecté à un bataillon de contrôle de satellite à Fort Meade, lors de son rendez-vous de suivi après une semaine. « C'est la meilleure chose depuis l'invention du pain tranché. Je peux voir ! »

Flowers raconte que la nouvelle de la chirurgie se répand rapidement au sein du bataillon du conté de Anne Arundel." "Quatre autres membres de mon unité veulent se soumettre au procédé. Tout le monde veut en bénéficier."

© 2002 The Washington Post Company

Position de la marine américaine:

U.S. Navy Bureau of Medicine and Surgery Washington, D. C. Corrective Eye Surgery Information

qui semble inaccessible pour l'instant, comme de nombreux autres sites .mil

lasik et navy
Position de l'armée de l'air américaine:

More Air Force members can now receive laser corrective eye surgeries

lasik et air force


Pratiques du Lasik aux Etats-Unis

Les médecins ophtalmologistes français sont étonnés des différences de pratique qui existent entre l'Europe et l'Amérique.

Là bas la publicité pour les chirurgies de la myopie sont tout à fait autorisées dans le métro, au bord des routes ou à la radio.

Les sites web mettent en jeu des lasik gratuits pour ceux qui participent au tirage au sort:

Free lasik

Les patients mécontents de la chirurgie réfractive créent des sites web, comme Lasik Disaster ou bien Lasik Truth.

Les avocats spécialisés en procès médicaux incitent parfois les patients à contacter leurs confrères, comme dans le site Lasik Litigation

Et les journaux de juristes spécialisés rapportent les décisions des tribunaux, comme Lawyers Weekly Usa :

" 10 DECEMBRE 2001

1.7 Millions de dollars pour une chirurgie-laser bâclée de l'oeil,

Un jury du Kentucky a accordé une somme record de 1,7 millions de dollars à un plaignant qui a subi une chirurgie bâclée de l'oeil, et les avocats de la défense disent maintenant que la populaire mais parfois risquée procédure Lasik peut devenir un importante risque pour la population."

La suite du texte ici (en anglais)